3.2 Élaboration des politiques publiques

Si nous prenons le développement de l’enfant dans le contexte d’une perspective de santé développementale, il en ressort une compréhension profonde et claire de ce qui est important dans le soutien du bien-être des jeunes enfants et, en fin de compte, dans la création de populations saines et compétentes. L’avenir de l’humanité dépend de notre capacité à surmonter les nombreux défis complexes du 21e siècle. Nous devons avoir des enfants forts et en bonne santé qui deviennent des adultes compétents, qui sont capables de s’adapter aux difficultés liées à la survie et à la qualité de vie dans le « village mondial ». Les responsables des décisions politiques devraient toujours conserver ce point de vue.
Dans le rapport Early Years Study 4, l’honorable Margaret Norrie McCain enjoint les gouvernements à offrir une éducation à tous les enfants d’âge préscolaire. « Les avantages sont considérables, tout comme les coûts de l’inaction. Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher l’énorme potentiel d’une autre génération. Lorsque les enfants canadiens s’épanouissent, le Canada s’épanouit » (McCain, 2020, p. 4). La vidéo sur le rapport Early Years Study 4 souligne l’importance des 2 000 premiers jours et brosse un portrait plutôt lugubre de la situation de l’éducation de la petite enfance actuelle au Canada. Dans la vidéo et dans les faits saillants du chapitre 4, Margaret McCain présente un survol convaincant des interventions politiques requises et du besoin en investissement connexe considérable dans les enfants canadiens. Malheureusement, cette ressource n’est pas encore traduite vers le français.
Dans la prochaine vidéo, Charles Nelson, Ph. D. et professeur au département de la société, du développement humain et de la santé à la Harvard School of Public Health, demande aux responsables des politiques d’adopter une vision à long terme, car les expériences en bas âge comptent pour beaucoup plus tard dans la vie.
Quels sont les principaux messages de Nelson pour les politiciens et les décideurs politiques?
Le message de Nelson résonne-t-il avec vous et vos expériences? Quels sont des exemples que vous connaissez dans votre communauté?
Comment pouvez-vous encourager les décideurs politiques d’« écouter la science »?
Le Center on the Developing Child à la Harvard University soutient l’utilisation d’un cadre scientifique pour orienter la création de systèmes, de politiques et de pratiques qui soutiendront le développement humain sain. Le prochain lien mène à son site Web. La vidéo énonce clairement trois principes, ancrés dans la science du développement de la petite enfance, pour orienter les responsables des politiques.
Les trois principes dont il est question dans cette lecture devraient vous sembler familiers. Remémorez-vous les autres modules de la ressource SECD et réfléchissez à ce que vous avez appris sur la science soutenant chacun de ces principes.
La lecture mentionne plusieurs moyens d’utiliser ces principes pour façonner des politiques et des pratiques. Lesquels sont en place dans votre communauté? Lesquels devraient l’être? Comment pouvez-vous aider à faire en sorte que la science informe les politiques et les pratiques dans votre contexte ou communauté?
Explorez le reste du site Web du Center for the Developing Child au sujet des incidences politiques liées à la création de populations saines, en commençant par une courte vidéo.
Dans les deux prochaines vidéos, feu Sir Micheal Rutter, anciennement au King’s College London, et Charles Pascal, Ph. D., à la University of Toronto, discutent des complexités liées à l’établissement de liens entre la recherche et les politiques.
Rutter mentionne que le travail des politiciens, et non des scientifiques, consiste à déterminer selon leur jugement comment et quand élaborer et mettre en œuvre des politiques fondées sur la recherche. Il affirme : « Oui, il faut un jugement bien informé, mais ce n’est pas tout automatique et il faut aussi reconnaître que le défaut d’agir est une action. » Selon vous, que veut-il dire par cela?
Quels autres facteurs pourraient entraver l’élaboration de politiques fondées sur les données probantes?
Comment expliqueriez-vous la métaphore de tabouret à trois pattes de Pascal? Pourquoi les trois « pattes » (y compris les praticiens) doivent-elles travailler ensemble?
Le prochain site Web à explorer, L’Institut de la statistique du Québec, est une ressource québécoise qui examine en profondeur comment se portent les enfants dans cette province. Le premier rapport fournit des statistiques sur les facteurs qui peuvent influencer le bien-être et le développement des bébés.
Écoutez maintenant Paul Kershaw, Ph. D. et professeur de politiques à la School of Population and Public Health de la University of British Columbia, qui compare le Canada à d’autres pays qui se concentrent sur les politiques familiales depuis longtemps.
Programmes universels et programmes ciblés
Les investissements auprès des jeunes enfants sont généralement regroupés dans deux types de programmes. Les « programmes universels » visent l’ensemble de la population, peu importe le revenu familial, comme le système scolaire public. Les « programmes ciblés » sont spécialement conçus pour répondre aux besoins des enfants à risque, souvent cernés par leur revenu familial. Le Programme d’aide préscolaire est un exemple de programme ciblé.
Les quatre prochaines vidéos offrent plusieurs arguments en faveur de l’universalité.
Dans la vidéo suivante, Susan Prentice, Ph. D., professeure à l’Université du Manitoba et experte en politiques sociales et familiales, justifie l’offre d’un programme universel et accessible de garde d’enfants financé par l’État.
Jody Heymann, Ph. D. et directrice fondatrice du Centre d’analyse des politiques mondiales, souligne les avantages de l’accès universel.
Mildred Warner, Ph. D. et économiste à la Cornell University, plaide également en faveur des avantages liés aux programmes universels plutôt que les programmes ciblés aux États-Unis.
Dan Keating, Ph. D. à la University of Michigan, discute de la valeur des programmes universels, ciblés et cliniques.
Fiona Stanley, Ph. D. et professeure émérite à la School of Paediatrics and Child Health de la University of Western Australia, explique pourquoi les programmes universels sont habituellement plus judicieux que les programmes ciblés aux fins de l’amélioration des résultats.
Êtes-vous d’accord avec ses arguments?
Pouvez-vous penser à des exemples pour lesquels des programmes ciblés seraient utiles?
À l’épisode 1 du balado Bright Beginnings: Insights into Early Childhood Education, l’animatrice Kerry McCuaig s’entretient avec Armine Yalnizyan, économiste. Elles discutent ensemble des défis liés à la mise en place d’une politique universelle en matière d’éducation de la petite enfance, et des répercussions de ces difficultés. (en anglais seulement – voir la transcription textuelle pour la traduction en français)
Joan Durrant, Ph. D., est directrice générale du programme Positive Discipline in Everyday Life (PDEL), qui est abordé en détail dans le module « Adaptation et compétences ». Visionnez la prochaine vidéo, dans laquelle elle explique pourquoi le programme PDEL a été conçu en tant que programme universel pour tous les parents plutôt qu’en tant que programme ciblant uniquement les parents qui pourraient être considérés comme « à risque ».
Kerry McCuaig, à l’Atkinson Centre for Society and Child Development, plaide en faveur de l’harmonisation des programmes d’éducation de la petite enfance avec le système d’éducation public et universel au Canada.
Martin Guhn, Ph. D., à la University of British Columbia, discute de l’universalité proportionnée, une façon de concevoir les interventions de façon à combiner les approches universelles et ciblées afin de réduire l’iniquité. L’idée consiste à rendre les ressources plus facilement accessibles pour les individus pouvant avoir de la difficulté à y accéder.
Politique sur le revenu des familles et des enfants
Le présent module fait état des incidences du statut socioéconomique sur le développement de l’enfant. Au Canada, les transferts de revenu versés aux familles avec des enfants ont pour but d’atténuer les difficultés auxquelles font face les familles à faible revenu. Dans la prochaine lecture, Annie McEwen et Jennifer Stewart examinent les données probantes issues de 34 études et indiquent leurs effets sur les politiques.
Cette lecture souligne qu’une trajectoire négative peut être plus difficile à modifier, particulièrement pour les enfants de familles à faible revenu. Comment cette information cadre-t-elle avec ce que vous avez appris plus tôt concernant les programmes universels et ciblés?
Au Canada, par le simple fait d’avoir un enfant, les familles font face à près de 40 % de probabilités de vivre dans la pauvreté. Dans la narration suivante, le graphique sur les taux de pauvreté relative compare la Finlande, la Norvège et la Suède aux pays anglo-saxons. Les politiques familiales solides aident à maintenir les taux de pauvreté relativement bas dans les pays nordiques, mais, pour les pays anglo-saxons dans l’exemple, le simple fait d’avoir un enfant met une famille à risque. Le statut de parent seul a peu d’incidences dans les pays nordiques, mais a de fortes répercussions au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Toutefois, la tendance en matière de pauvreté chez les personnes âgées est différente. Dans les années 1970, le Canada a fait un effort ciblé pour lutter contre la pauvreté chez les personnes âgées, obtenant un haut taux de réussite. Cette initiative a grandement amélioré les conditions des personnes âgées.
Guhn fait observer dans la prochaine vidéo que l’élimination de la pauvreté infantile et familiale est une possibilité lorsque cette question est considérée comme une priorité par les responsables de politiques sociales.
Vous voulez en savoir plus? Politiques sociales en Norvège
La Norvège est un pays scandinave souvent salué pour ses politiques sociales progressistes. En Norvège, l’accès à des programmes de maternelle de qualité est considéré comme un droit de l’enfant. (La maternelle en Norvège couvre la période de zéro à six ans.) Tove Mogstad Slinde est conseillère principale au ministère de l’Éducation et de la Recherche de la Norvège.
Politiques de santé familiale au Canada
Le Canada est un pays doté d’une gamme de politiques sociales pouvant être considérées comme favorables au soutien et à la promotion de la santé et du bien-être. Par exemple, le système de soins de santé public au Canada signifie que chacun devrait avoir accès aux services de soins de santé. Cependant, selon la Société canadienne de pédiatrie, il reste encore beaucoup de travail à faire avant de pouvoir affirmer que les politiques publiques canadiennes mettent suffisamment l’accent sur la promotion de la santé, la prévention des maladies et des blessures et la mise en œuvre de mesures visant l’intérêt supérieur des enfants. La Société canadienne de pédiatrie examine les politiques et les programmes fédéraux et provinciaux ainsi que le taux de progression des politiques depuis 2009.
Au Canada, il existe d’énormes disparités entre les populations autochtones et non autochtones sur le plan économique et de la santé. Dans sa fiche d’information La culture et la langue, déterminants sociaux de la santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis, le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone offre un survol complet de l’importance de ces facteurs. La section « Améliorer les résultats » souligne certains programmes ayant pour but de revitaliser la culture et la langue dans l’espoir d’améliorer les résultats de santé généraux.
Dans l’espoir de remédier aux difficultés auxquelles font face les Premières Nations, les Inuits et les Métis, le Conseil canadien de la santé a entrepris un projet qui examine les préoccupations liées à la santé et étudie les programmes et les pratiques prometteuses. Le projet a été lancé en 2010, portant une étroite attention à la santé des mères et des enfants. Le rapport de ces travaux est archivé sur le site Web du gouvernement du Canada. Sur la page Web suivante, cliquez sur l’option « Continuer vers la publication » pour afficher le rapport complet.
Si vous demeurez au Canada, quelle est la politique générale de santé de votre province selon le rapport ci-dessus?
Pouvez-vous penser à des façons d’utiliser cette information à des fins de mobilisation? À des fins éducatives?