Pascal – la recherche, la pratique et les politiques
Je crois qu’il est vraiment essentiel lorsque nous élaborons des politiques, que ce soit dans le domaine de l’éducation, de la politique sociale, des services sociaux, de la santé, que nous nous appuyons davantage sur les données probantes sur le plan des politiques.
En ce qui concerne les données probantes, je crois qu’il est essentiel d’être explicite sur le type de question que nous posons. Par exemple, si nous examinons l’éducation de la petite enfance et les services sociaux, je crois que nous devons poser des questions comme : « Comment se porte mon enfant? », parce que cela rejoint davantage ce qui intéresse les parents et les tuteurs à travers le pays. « Comme se porte mon enfant? Comment se porte la famille? » Les enfants vivent dans toutes sortes d’arrangements intéressants, différents types de familles. Je crois que nous devons recueillir des données probantes qui sont distinctes de celles de l’enfant individuel, qui se centrent sur l’unité familiale. La prochaine question que je pourrais poser est : « Comment se porte le programme? » Je crois donc que le programme qui se consacre à servir et soutenir les enfants et les familles doit avoir une cible. « Comment se porte la communauté? » Une grande partie de notre tâche est le développement communautaire, nous bâtissons des villages qui ont les ressources nécessaires pour élever les enfants et des familles capables d’élever des enfants. Nous bâtissons les liens entre la communauté et les personnes élues afin de soutenir la communauté, donc nous devons savoir « Comment se porte la communauté? » Et puis je crois que la question globale est de savoir : « Comment se porte la société? » Je crois que nous devons, en permanence et de façon organique, recueillir de l’information sur l’économie et le rendement économique de ces investissements.
Il est donc absolument essentiel d’avoir cette merveilleuse dynamique entre ceux qui font de la recherche, ceux qui s’occupent des enfants et ceux qui élaborent les politiques. Pour moi, j’appelle cela le tabouret à trois pattes. Cela se produit lorsque nous avons une réciprocité entre les praticiens, lorsque les chercheurs consultent les praticiens et à leur tour, les praticiens se sensibilisent et s’enthousiasment par les dernières données, et des gens sont à leur disposition qui les guident dans la mise en pratique des dernières données. Et si nous pouvons synchroniser davantage la relation entre les chercheurs pédagogiques et les décisionnaires du gouvernement, et vice versa, les tabourets à trois pattes changeront le monde.
Il doit exister un respect réel et actif entre les chercheurs et les praticiens, et de la réciprocité. Les chercheurs discutent avec les praticiens en parlant des questions préférées des praticiens. Et, même lorsque les universitaires entretiennent d’excellentes relations avec les praticiens, et cela n’est pas assez fréquent, il est important que les universitaires et les praticiens tissent également une relation avec les décisionnaires. Les décisionnaires vivent dans une culture très différente, et ce qui établit le lien du tabouret à trois pattes dont je parle, ce qui lie les chercheurs, les praticiens et les décisionnaires, c’est la communication, ce mot si important. Si nous n’avons pas la communication, si nous ne communiquons pas des idées que les gens peuvent comprendre et dont ils peuvent parler, nous perdons la valeur de la collecte de données. Recueillir de nombreuses données à publier dans des revues et des livres ne sert à rien si nous limitons la portée de leur communication au grand public et si elles n’encouragent pas le gouvernement à prendre certains types de décisions et à éviter d’autres types de décisions. J’appelle cela la narration fondée sur des données probantes, et il est également important d’attirer de nouveaux conteurs pour la discussion. Nous avons besoin d’y ajouter des gens du secteur bancaire.
