2.2 Incidences socioéconomiques des programmes de garde et d’apprentissage des jeunes enfants
Investir dans les jeunes enfants par l’intermédiaire de programmes de développement du jeune enfant est l’un des investissements les plus judicieux qu’un pays puisse faire pour lutter contre les inégalités, rompre le cycle de la pauvreté et améliorer les résultats dans leur vie future. (Groupe de la Banque mondiale, 2016, paragr. 1)
Le rapport Early Years Study 4 (McCain, 2020) présente des données convaincantes qui illustrent l’importance du rôle que l’éducation de la petite enfance peut jouer dans la vie des enfants. Le chapitre 3 « A step up for all: ECE helps kids, families and communities thrive » présente des arguments solides.
Malheureusement, la ressource au complet n’est pas encore traduite vers le français. Toutefois, la section Des inégalités grandissantes en cette période de crise dans le Sommaire 2020 résume ce chapitre.
Quel rôle peuvent jouer l’éducation et les soins à la petite enfance dans la lutte contre les inégalités?
Que veulent dire les auteurs lorsqu’ils affirment que « l’éducation à la petite enfance entraîne des dividendes doubles »?
Avez-vous remarqué des statistiques nouvelles ou surprenantes pendant votre lecture?

Les données économiques sont un argument de poids en faveur des investissements dans le développement de la petite enfance. Les demandes de financement qui témoignent de la compréhension de ces données et qui articulent ces arguments seront plus convaincantes, dans un contexte de concurrence entre différentes priorités.
Dans la vidéo suivante, Craig Alexander, ancien vice-président de l’analyse économique du C.D. Howe Institute, parle de certaines recherches qui soulignent l’importance d’investir dans l’éducation de la petite enfance pour les enfants, les parents, l’économie et la société.
Selon Alexander, même si l’investissement dans la petite enfance est une « proposition coûteuse, elle entraîne d’énormes avantages pour l’économie et la société en entier. » Quels exemples donne-t-il pour appuyer cette affirmation?
Constatez-vous que les investissements dans les programmes d’éducation de la petite enfance ont des effets avantageux sur les familles à l’endroit où vous vivez?
En 2017, Alexander a participé à la rédaction du rapport Prêts pour la vie : analyse socio-économique de l’éducation et des soins à la petite enfance. Il recommande aux gouvernements de fournir un minimum de deux ans d’éducation préscolaire universelle et d’améliorer la qualité des programmes. Afin de pouvoir lire le résumé du rapport, téléchargez le PDF en cliquant le bouton rouge « Download ».
Le rapport Prêts pour la vie contient une mine de renseignements sur la façon dont le Canada se compare à l’international, une analyse coûts-avantages détaillée et des données additionnelles qui vous aideront à comprendre et à savoir expliquer les avantages liés à l’investissement dans la garde et l’apprentissage des jeunes enfants, selon une perspective canadienne.
Rendement des investissements dans le développement de la petite enfance
James Heckman, Ph. D. et lauréat du prix Nobel d’économie, et son collègue Flavio Cunha nous montrent qu’il est logique de faire des investissements dans les programmes de la petite enfance compte tenu de leur rendement dans la société générale. Ils montrent que la petite enfance constitue une période inégalée pour le développement de capital humain. Chaque étape de la vie sous-tend l’étape suivante. Les investissements qui ont lieu au cours de l’étape fondamentale de la petite enfance offrent un taux de rendement plus élevé que les investissements réalisés plus tard dans la vie.
Si vous utilisiez la courbe de Heckman dans une présentation à l’intention de donateurs, comment expliqueriez-vous que le travail que vous réalisez (ou pour lequel vous demandez du financement) est un investissement rentable?
Pouvez-vous penser à d’autres publics qui pourraient trouver cette information intéressante ou surprenante?
Dans l’article, The economics of inequality: The value of early childhood education [Anglais] (2011), Heckman décrit quatre conclusions provenant d’analyses d’études à long terme sur le développement humain :
- L’iniquité en début de vie mène à l’iniquité plus tard dans la vie sur le plan des réalisations, de la santé et de la réussite.
- Les compétences sociales sont aussi importantes que les compétences cognitives pour mener à la réussite tout au long de la vie, elles ne doivent donc pas être négligées.
- Les investissements dans l’éducation de la petite enfance sont susceptibles d’aider les gens à surmonter leurs désavantages.
- Ces types d’investissement entraînent d’excellentes économies à long terme. Cela est d’autant plus vrai dans le cas des investissements ciblant les enfants défavorisés.
Vous aurez abordé le sujet de l’approche Abecedarian dans les modules « Écologie de l’enfance » et « Communication et apprentissage ». L’article ci-dessous résume les avantages économiques et sociaux à long terme pour les bénéficiaires d’interventions en petite enfance dans les années 1970, notamment le programme Abecedarian, et montre que si vous examinez les données au fil du temps, le taux de rendement est encore plus élevé que ce qui était précédemment prévu.
Dans la prochaine vidéo, Maureen Black, à la University of Maryland, discute de certaines incidences sociales et de santé à long terme liées à l’approche Abecedarian pour les enfants y ayant participé.
Pour obtenir plus de détails et bien d’autres ressources à des fins de mobilisation, consultez le site Web Heckman Equation.
Le groupe de Heckman a produit non seulement d’excellentes recherches, mais aussi du matériel facile à comprendre qui est très utile pour les défenseurs de la petite enfance. Découvrez les 20 meilleures ressources ici.
Mildred Warner, Ph. D., est économiste à la Cornell University et étudie l’économie de la garde d’enfants. Elle explique ici la façon dont l’investissement dans le développement de la petite enfance profite aux enfants, aux familles et au milieu des affaires.
Dans les prochaines vidéos, Warner explique la façon dont nous devons modifier notre conception économique traditionnelle pour comprendre les rendements élevés à long terme qu’entraînent les investissements dans l’éducation de la petite enfance et d’autres programmes connexes à l’intention des jeunes enfants et de leur famille. Elle met au défi les nations de réinterpréter les dépenses en développement de la petite enfance sous forme d’investissements.
La plupart des arguments en faveur des investissements publics dans le développement de la petite enfance, particulièrement les investissements dans des programmes pour enfants désavantagés, sont fondés sur des études américaines, qui ont recouru à des modèles ou à des projections économiques dans l’avenir ou à des études longitudinales expérimentales à petite échelle.
Nous disposons maintenant d’études économiques canadiennes, y compris l’analyse des coûts-avantages réelle réalisée au Québec.
Investissement dans le développement de la petite enfance dans des pays à faible revenu et à revenu moyen

À l’échelle mondiale, les arguments en faveur des investissements dans le développement de la petite enfance sont devenus convaincants, étayés par des données probantes issues de recherches comme la série de The Lancet sur le développement de la petite enfance dans les pays en développement, et les documents politiques récents comme The Nurturing Care Framework (OMS et UNICEF). Les économistes et autres chercheurs étudiant les enjeux mondiaux catégorisent parfois les pays en fonction du revenu national brut par personne. Par exemple, « la Banque mondiale divise les économies mondiales en quatre groupes de revenu : élevé, moyen élevé, moyen faible et faible » (Banque mondiale, 2019). Une attention particulière est souvent portée aux régions à faible revenu.
Le fardeau et le coût de l’inaction sont élevés. Aujourd’hui, un taux stupéfiant de 43 % des enfants âgés de moins de cinq ans (environ 250 millions d’entre eux) demeurant dans des pays à faible et à moyen revenu risquent d’avoir un développement sous-optimal en raison de la pauvreté et de retards de croissance. Le fardeau est actuellement sous-estimé, car les risques pour la santé et le bien-être vont au-delà de ces deux facteurs. Un mauvais départ dans la vie peut mener à une mauvaise santé, à une mauvaise alimentation et à un apprentissage inadéquat, entraînant de faibles revenus à l’âge adulte, ainsi que des tensions sociales. Les conséquences négatives ne touchent pas seulement les générations présentes, mais aussi celles à venir. En raison de ce mauvais départ, les personnes touchées subissent une perte annuelle s’élevant approximativement au quart du revenu moyen d’un adulte, et les pays peuvent perdre jusqu’à deux fois leurs dépenses actuelles du PIB en santé et en éducation. (Advancing Early Childhood Development, 2016, p. 2)
Dans la prochaine vidéo, Zulfiqar Bhutta, Ph. D., à la University of Toronto et à la Aga Khan University, souligne que l’investissement dans la santé et l’éducation ne relève pas simplement des nations individuelles, mais que c’est une responsabilité d’ordre mondial.
Que veut dire Bhutta lorsqu’il dit qu’avoir un nombre proportionnellement élevé de jeunes dans la population peut être le dividende de la population, ou que si la situation n’est pas traitée correctement, cela pourrait être le sable mouvant de la population?
Pourquoi dit-il que les investissements indirects dans l’économie peuvent être efficaces, particulièrement, par exemple, les investissements auprès des filles?