Keating – les programmes universels et les programmes ciblés
Au cours du dernier siècle, au 20e siècle, la notion d’éducation universelle a été élaborée et élargie pour tous. Cette intervention universelle massive a eu d’importants effets positifs sur le plan des niveaux de compétences des populations, et différents avantages ont été générés en aval. C’est une intervention universelle. Nous devons réfléchir à une tout aussi bonne intervention universelle pour la petite enfance. Il faut vraiment parvenir à en trouver une. Elle ne suivra pas exactement un modèle scolaire, mais n’en différera pas complètement non plus. Nous considérons que la question institutionnelle concernant l’enseignement M-12, puis l’éducation postsecondaire et tertiaire, est absolument résolue. Il faut se souvenir qu’il y a cent ans, elle ne l’était pas. On ne présumait même pas que tout le monde devait aller à l’école; donc, encore moins au secondaire. Ce sont des institutions que nous construisons pour reconnaître ce que nous jugeons important et y consacrer nos ressources. Puis, il y a les interventions ciblées, les enfants qui sont à risque en raison de premières expériences difficiles, de circonstances sociales désavantagées et autres, ou en raison d’anomalies physiques causées par des irrégularités génétiques ou épigénétiques. Nous devons tenter de trouver une façon de détecter ces facteurs de risque de plus en plus tôt, et nous comprenons maintenant que presque tous les éléments qui risqueraient de dérailler bénéficieraient d’une détection et d’un traitement rapides. Les programmes ciblés à l’intention des jeunes enfants pouvant être à risque biologiquement ou socialement sont très importants, et mettent l’accent sur la différence attribuable aux investissements faits dans la petite enfance. Il faut aussi être honnêtes et nous préparer à reconnaître plus rapidement qu’il y a un important problème du côté clinique. Nous n’attendons plus la 4e année pour dire qu’un enfant ne sait pas lire et commencer une intervention. Nous entamons maintenant ce processus très tôt, comme c’est le cas dans bien d’autres domaines, et même plus tôt, ce que nous pourrions faire aussi. Ainsi, le mélange, la combinaison de services universels, ciblés et individuels doit faire l’objet de réflexion. Ils ont des forces et des faiblesses, mais sont complémentaires. Les services universels sont coûteux au total, mais sont très abordables par individu. Les services ciblés sont un peu plus coûteux, mais ont une incidence assez importante, et lorsqu’il faut aider quelqu’un qui a dévié de la voie afin de le remettre sur le chemin du développement positif, plus ce sera fait rapidement, moins ce sera coûteux. Il faut essentiellement retenir que la combinaison appropriée de ces services nous permettra de soutenir les personnes dont le développement est déjà sain, et de remettre sur la bonne voie les personnes possiblement à risque ou ayant dévié. Le gradient sera ainsi aplani et nous aurons le type de politique sociale dont nous avons besoin.
