Édition nord-américaine - Adaptation et compétences

2.3 Apprentissage émotionnel

Un enfant et un adulte jouant avec des bulles.

Si vous demandez à la plupart des parents quelles sont leurs attentes pour leurs enfants dans la vie, ils vous répondront qu’ils veulent avant tout que leurs enfants soient heureux. Mais comment cela se produit-il? Peut-on enseigner le bonheur?

Visionnez la vidéo suivante pour en savoir davantage.

VISIONNERLes enfants apprennent à être heureux (1:36)

Quel rôle jouent les parents pour aider leurs enfants à apprendre à être heureux?

Dans votre travail auprès des enfants, quel soutien pouvez-vous apporter aux parents pour leur montrer comment aider leurs enfants à apprendre à être heureux?

Le bonheur fait partie d’un large éventail d’émotions qui se développent au cours de la petite enfance. Les enfants commencent par ressentir quelques émotions simples (bonheur, tristesse, colère). Ensuite, ils manifestent progressivement d’autres émotions plus complexes (jalousie, honte, satisfaction), surtout lorsque leur cognition sociale se développe. Dans la vidéo qui suit, portez attention à la façon dont la mère nomme les réactions émotionnelles de son bébé et les soutient.

VISIONNERRespecter les émotions de bébé (1:25)

La lecture qui suit, tirée de l’Encyclopédie du développement des jeunes enfants, donne un aperçu du développement émotionnel pendant la petite enfance et explique l’acquisition de compétences émotionnelles chez les enfants. En guise de révision, essayez l’activité suivante pour revoir certains concepts abordés dans la lecture.

L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants contient une mine de contenu additionnel sur la compétence émotionnelle. Lisez la synthèse sur le sujet et explorez d’autres ressources sur le site.

Comportement de stress et inconduite

Une enseignante intervient pour empêcher un enfant fâché de frapper un autre enfant.

À mesure que les enfants grandissent, on s’attend à ce qu’ils apprennent graduellement à contrôler leurs émotions et leur comportement. À la page 1.1 du présent module, Stuart Shanker, Ph. D. et professeur de recherche émérite distingué à la York University, a expliqué la différence entre l’autorégulation et la maîtrise de soi.

Dans la vidéo suivante, il aborde ce sujet dans la perspective du développement du cerveau et décrit deux états du cerveau : le « cerveau rouge » (lorsque le cerveau est dysrégulé et que la maîtrise de soi est difficile) et le « cerveau bleu » (lorsqu’un enfant est calmé et attentif).

VISIONNER Shanker – l’autorégulation, la maîtrise de soi et le cerveau (1:25)

Shanker explique la différence entre un comportement de stress et une inconduite.

VISIONNER Shanker – comportement de stress et inconduite (1:40)

Shanker souligne que lorsqu’un enfant est dans un état de « cerveau rouge », c’est très difficile pour lui d’apprendre, d’être conscient de son environnement et de changer son comportement. Ce n’est pas le meilleur moment de s’attendre à ce qu’il entende raison. Shanker a une méthode pour aider les enfants à s’autoréguler, qui est décrite à la page 3.1 du présent module.

Les enfants expriment le stress différemment à différents âges et il peut arriver que leur expression émotionnelle régresse.

VISIONNER Shanker – l’expression du stress selon le développement (2:37)

Agressivité

Tous les enfants font preuve d’une certaine agressivité au début de leur vie, en particulier les tout-petits. Apprendre à canaliser l’agressivité de manière socialement acceptable est essentiel pour développer les aptitudes sociales, y compris des interactions positives avec les pairs.

Deux garçons à l’air fâché s’agrippant et se poussant l’un et l’autre.

Richard Tremblay, Ph. D., psychologue pour enfant et professeur de pédiatrie, psychiatrie et psychologie à l’Université de Montréal, étudie depuis de nombreuses années les trajectoires de l’agressivité de la petite enfance à l’adolescence et par la suite. À ce sujet, écoutez sa description de l’étude longitudinale de Montréal sur l’agressivité chez les enfants et de la variabilité des comportements agressifs.

VISIONNER Tremblay – l’étude longitudinale et expérimentale de Montréal (3:51)
VISIONNER Tremblay – la variabilité de l’agressivité physique (2:38)

Dans la prochaine vidéo, Tremblay explique pourquoi il est important que les enfants apprennent à réguler l’agressivité pendant la période préscolaire.

VISIONNER Tremblay – le début de l’agressivité à la petite enfance; l’agressivité et la période préscolaire (3:20)

Tremblay présente ci-dessous une intervention qui a été mise en œuvre auprès de garçons présentant des comportements à haut risque.

VISIONNER Tremblay – l’intervention (2:29)

Tremblay discute de l’importance d’aider les enfants à apprendre à réfréner l’agressivité physique durant les trois ou quatre premières années de vie.

Selon vous, quels aspects de l’environnement aident les enfants à apprendre à contrôler l’agressivité et à devenir socialement compétents?

Tremblay discute d’un programme d’intervention utilisé dans l’étude sur les garçons à haut risque. Pouvez-vous concevoir la mise en œuvre à grande échelle de cette intervention? Connaissez-vous un tel programme?

Écoutez Tremblay décrire la valeur des jeux de bataille, un type de jeu actif particulier qu’on appelle souvent le jeu turbulent.

VISIONNER Tremblay – les jeux de bataille; les jeux turbulents (2:10)

La lecture suivante offre une bonne synthèse de la recherche sur l’agressivité chez les jeunes enfants.

Y a-t-il des choses qui vous ont surprises dans cette lecture?

L’auteur mentionne plusieurs déterminants sociaux, comme les faibles niveaux de revenu et d’études qui sont associés à des niveaux plus élevés d’agressivité physique chez les garçons. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette situation?

Les adultes ont tendance à davantage remarquer les cas d’agressivité physique et y intervenir, que les cas d’agressivité relationnelle, même si les deux sont tout aussi dommageables. Que peut-on faire à ce sujet?

Trois enfants qui jouent à se chamailler sur l’herbe.

Dans les milieux de petite enfance, la gestion du comportement peut être très difficile. Le personnel expérimenté et formé sait qu’un programme chargé, qu’un environnement stimulant bien planifié et que la bienveillance réactive sont des éléments essentiels pour garder les enfants heureux et occupés de façon constructive. Mais Richard Tremblay affirme qu’un certain niveau d’agressivité physique est normal chez les jeunes enfants. Beaucoup de programmes et de particuliers qui travaillent avec des enfants ont une faible tolérance pour les jeux turbulents et de bataille, qui sont très populaires, particulièrement chez les garçons d’âge préscolaire. Le point de vue de Tremblay, qui diffère à ce sujet, est soutenu par la recherche. Dans la vidéo suivante, Marc Battle et Melinda Walden, enseignants en éducation de la petite enfance, parlent des jeux de bataille et des jeux turbulents chez les enfants d’âge scolaire.

VISIONNER Battle et Walden – les jeux turbulents (1:33)

Si les enfants d’un programme de petite enfance sont attirés par les jeux turbulents et de bataille, quelles données de la présente page pourriez-vous utiliser pour tenir une discussion sur l’inclusion de ces types de jeux dans le programme?

Comment ces jeux pourraient-ils être gérés de façon sécuritaire sur le plan psychologique et physique pour les enfants? Est-ce que certaines caractéristiques communautaires pourraient jouer sur l’approche adoptée?

La prochaine lecture, de Sergio et Vivien Pellis, tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants reflète les idées de Tremblay, et explique plus en détail le rôle des jeux de bataille pour favoriser les compétences sociales positives, assurer une meilleure autorégulation émotionnelle et prévenir l’agressivité plus tard dans la vie.

Pour en savoir plus sur le sujet de l’agressivité pendant l’enfance, explorez le dossier à ce sujet de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants.

Comportement prosocial et développement moral

Comme il a été abordé précédemment, une part du développement des aptitudes sociales consiste à apprendre à canaliser les pulsions agressives. Les enfants doivent être capables de remplacer des actes agressifs par des actions plus socialement acceptables. Se comporter de façon prosociale est un autre aspect des aptitudes sociales. Comme il est expliqué dans la prochaine lecture, les comportements prosociaux sont des gestes posés par les gens à l’avantage des autres ou pour les protéger. Le texte indique que le développement moral est sous-jacent aux comportements prosociaux et décrit pourquoi le comportement prosocial est important et ce que nous en savons, et contient des suggestions pour l’encourager chez les jeunes enfants.

Cet article décrit certains des premiers comportements prosociaux que manifestent des enfants de 18 mois. Il est possible d’étudier le développement moral chez des enfants encore plus jeunes. La prochaine vidéo présente la façon dont certaines recherches sont réalisées sur les choix moraux. Cette vidéo a été filmée à l’Université du Manitoba, dans un laboratoire dirigé par Melanie Soderstrom, Ph. D. Elle décrit la méthode de recherche utilisée dans son laboratoire (initialement élaborée par Kiley Hamlin) ainsi que ses défis.

VISIONNER Soderstrom – étude sur les choix moraux (4:56)

Soderstrom décrit des aspects particuliers du protocole et de la conception de la recherche, comme les parents devant garder les yeux fermés, la position précise dans laquelle placer l’enfant, et le fait que le chercheur ignore quelle forme est « aidante » et laquelle est « entravante ». Pourquoi ces mesures sont-elles importantes?

Pourquoi est-il important de connaître la procédure exacte suivie dans le cadre de la recherche pour en évaluer les résultats de façon critique?

L’étude montrée dans la vidéo ci-dessus est l’une des nombreuses études portant sur les choix moraux pendant la petite enfance. Van de Vondervoort et Hamlin (2018) expliquent que même si les études dans ce domaine ont montré que les bébés ont une préférence pour les personnes et les objets qui agissent de façon prosociale plutôt qu’antisociale, il reste encore du travail à faire pour connaître les raisons pour lesquelles les enfants manifestent ces préférences. Par exemple, présentent-ils des préférences prosociales parce qu’ils se préoccupent de leur propre bien-être? Pour des raisons morales? Ou les deux?

La prochaine lecture, de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, aborde la façon dont le développement moral et les comportements prosociaux sont liés.

Cognition sociale

Selon les études, notre conscience de nos propres états mentaux, points de vue, sentiments et idées se développe et s’approfondit graduellement pendant l’enfance. Cette conscience s’appelle la cognition sociale. Les enfants qui comprennent que les autres personnes ont leurs propres pensées et sentiments ont habituellement de meilleures aptitudes sociales que ceux qui ne le comprennent pas.

L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants offre la synthèse qui suit concernant la recherche sur la cognition sociale.

Comme l’indique la lecture, il est important d’aider les enfants à développer leurs habiletés de cognition sociale tôt dans la vie. Michal Perlman, Ph. D., est professeure du département de développement humain et de psychologie appliquée à l’Ontario Institute for Studies in Education. Dans la prochaine vidéo, elle décrit le langage métacognitif, qui est le langage utilisé par une personne montrant qu’elle est consciente du point de vue, des pensées ou des sentiments d’une autre personne. Elle décrit brièvement sa recherche effectuée auprès de programmes de garde d’enfants pour examiner l’utilisation du langage métacognitif.

VISIONNER Perlman – le langage métacognitif (2:22)

Ci-dessous sont fournis quelques exemples de langage métacognitif. Pouvez-vous en trouver d’autres?

  • Une éducatrice des jeunes enfants remarque qu’un enfant boude et reconnaît les sentiments de l’enfant en disant « Tu sembles très contrarié. »
  • Une mère entend sa fille s’adresser à son petit frère en criant très fort. La mère dit : « On dirait que tu es fâché contre lui. »

Entendez-vous souvent les parents et les pourvoyeurs de soins utiliser le langage métacognitif?

Comment croyez-vous qu’il serait possible d’encourager les parents et le personnel des programmes de petite enfance à utiliser davantage le langage métacognitif?

Selon Perlman, une formation serait requise pour encourager l’utilisation accrue du langage métacognitif par le personnel des programmes de petite enfance. Selon vous, à quoi pourrait ressembler une telle intervention de formation?

Dans quelle mesure croyez-vous qu’il est important de faire ressortir les liens entre les interventions et la recherche?