2.1 Systèmes de régulation du jeune enfant
Examinons…
Il est 2 h du matin dans une tour d’habitation du centre-ville et Julien, âgé de 4 mois, commence à sortir d’un profond sommeil. Au début, ses pleurs sont intermittents et faibles, mais au bout de 10 minutes, Julien est complètement réveillé et il hurle… En savoir plusIl s’agit d’une situation courante pour de nombreux parents. Que pensez-vous de la réaction des parents de Julien?
Quels conseils avez-vous entendus sur la façon de réagir lorsqu’un bébé pleure? Êtes-vous d’accord ou non avec ces conseils, et pourquoi?
Quel lien faites-vous avec ce que vous avez appris jusqu’à présent sur l’adaptation et les compétences?

Durant les premiers jours et mois suivant la naissance, les nourrissons humains maîtrisent plusieurs tâches, notamment conserver la température corporelle, organiser les réactions corporelles aux stimulations externes, adapter les cycles d’éveil et de sommeil, signaler les besoins aux adultes importants et commencer à s’apaiser.
Certaines tâches de régulation chez le jeune enfant sont essentielles pour s’adapter à la vie à l’extérieur de l’utérus. Elles établissent les bases pour la capacité de gérer les émotions fortes, d’être attentif et de s’entendre avec les autres.
Dans la prochaine vidéo, portez attention aux signaux du bébé et à la façon dont le parent y réagit.
Régulateurs cachés : Les interactions nourrisson-mère comprennent le toucher, la température, les sons, les odeurs et les mouvements. Ceux-ci exercent un effet discret qui passe inaperçu sur la régulation du système physiologique et les comportements du nourrisson, comme les pleurs (Hofer, 2010).
Ron Barr, Ph. D. et professeur émérite au département de pédiatrie de la University of British Columbia, étudie le rôle des régulateurs cachés dans les processus de régulation. Dans la vidéo suivante, il décrit les voies biologiques utilisées par les mères et les bébés dans leurs rapports interpersonnels. Il explique la recherche qui examine la façon dont les nouveau-nés réagissent à une brève procédure douloureuse selon qu’ils sont dans les bras de leur mère ou non.
La façon dont nous nous occupons des bébés, notamment la meilleure façon de réagir aux pleurs du bébé, les routines du sommeil, et l’alimentation, varie d’une culture à l’autre. Découvrez cette diversité et, plus particulièrement, les pratiques fondées sur des stratégies de proximité et celles fondées sur des stratégies de séparation.
La description de Barr et la lecture ci-dessus soulèvent toutes sortes de questions intéressantes et hypothétiques Par exemple :
- Dans notre société, quels sont les facteurs qui favorisent une stratégie de « séparation »? Voyez-vous des exemples qui montrent que cette situation évolue?
- Quels sont les avantages et les inconvénients de ces approches (séparation ou proximité/attachement) pour le nourrisson et pour l’adulte?
- Quels conseils donneriez-vous aux parents sur la pratique de tenir un bébé et sur la vitesse de réaction à ses pleurs?
- Réfléchissez à votre enfance et à la façon dont vous avez été élevé. Avez-vous fait l’expérience d’une stratégie axée sur la séparation ou sur la proximité?
Pleurs et cris

Les pleurs et les cris indiquent aux pourvoyeurs de soins qu’un bébé ressent des besoins. À la naissance, ou peu après, les nourrissons émettent généralement quatre types de cris distincts : le cri de naissance, le cri de douleur, le cri de la faim et le cri de plaisir (Lamb et Lewis, 2011). Le cri de naissance ne se produit qu’à la naissance et permet à l’enfant d’évacuer le liquide amniotique de ses poumons et de sa trachée. Les autres cris sont souvent des signaux adressés aux pourvoyeurs de soins et peuvent être difficiles à distinguer. Contrairement aux autres espèces, et souvent au désarroi de leurs pourvoyeurs de soins, les bébés humains peuvent pleurer pour aucune raison apparente.
Dans la vidéo suivante, Barr explique pourquoi certains bébés pleurent beaucoup plus que d’autres.
Les bébés qui pleurent beaucoup auraient une plus grande capacité de survie, ce qui apporte peut-être un réconfort aux parents de tels bébés, mais il n’en demeure pas moins difficile pour les parents et pour les autres d’entendre un bébé pleurer. Dans la vidéo suivante, Barr nous explique le terme « PURPLE crying », PURPLE étant l’acronyme des caractéristiques de ces pleurs que l’on observe parfois dans les premières semaines et les premiers mois de vie d’un bébé. Explorez le site Web qui suit pour en savoir davantage. Notez que le terme « colique », souvent employé pour décrire les pleurs excessifs, n’est généralement d’aucune utilité pour les adultes qui s’occupent d’un nourrisson qui pleure beaucoup.
Lorsqu’un bébé pleure, qu’il présente ou non certaines ou toutes les caractéristiques des pleurs correspondant aux pleurs PURPLE, la plupart des pourvoyeurs de soins se demandent comment consoler le bébé. Joan Durrant, Ph. D. et professeure émérite en sciences de la santé communautaire à l’Université du Manitoba, explique comment la réaction aux pleurs vient rassurer les bébés. La lecture qui suit, provenant d’Abilio, résume certains aspects de la recherche sur les pleurs.
Les propos de Barr et de Durrant, ainsi que la lecture du texte ci-dessus, ont-ils changé votre façon de comprendre les pleurs chez le nourrisson? Si oui, comment?
St. James-Roberts établit une distinction entre les pleurs causés par des coliques et les pleurs d’un enfant ayant un tempérament réactif négatif. Quelles sont les principales différences?
Qu’avez-vous appris dans les vidéos et les lectures ci-dessus qui pourrait aider les parents à gérer cette situation de pleurs?
Dans la vidéo qui suit, Barr présente d’autres recherches sur les liens biologiques entre la mère et le bébé.
Que savent les chercheurs sur les pleurs chez les jeunes enfants? L’article qui suit, tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, offre une synthèse.
Sommeil

Comme il est mentionné précédemment, la régulation du sommeil est l’une des premières tâches du nouveau-né. Les nouveau-nés ont tendance à dormir beaucoup, généralement en plusieurs segments différents tout au long de la journée et de la nuit. Une des principales préoccupations des nouveaux parents est souvent de favoriser des pratiques de sommeil saines. Plus haut dans cette page sont décrites différentes pratiques pour s’occuper des bébés, notamment la question de la mère et du bébé dormant ensemble. Christine Ateah, Ph. D., est vice-doyenne de la Faculté des sciences de la santé et professeure au College of Nursing de l’Université du Manitoba. Dans la vidéo suivante, elle compare les types de lits utilisés dans différentes régions du monde et explique comment cela influence la recommandation de santé publique nord-américaine selon laquelle les parents devraient pratiquer le « cododo », le bébé dormant dans la même chambre que les parents, mais sur une surface de sommeil distincte.
Dans la prochaine vidéo, Ateah décrit un sondage qui montre que même si la majorité des mères connaissent les risques liés au partage du lit, la plupart d’entre elles dorment avec leur nourrisson dans leur lit.
Le site Web de l’Office régional de la santé de Winnipeg offre des informations sur la sécurité du bébé pendant le sommeil. Cliquez sur le lien ci-dessous pour découvrir des conseils importants. Remarquez que, selon une des recommandations, la présence du lit de bébé dans la chambre du pourvoyeur de soins pendant les six premiers mois procure les avantages du sommeil rapproché sans les risques liés au partage du lit.
La lecture suivante est tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Elle discute du développement normal du sommeil dès la période néonatale, et des problèmes de sommeil courants, ainsi que de certaines solutions à ces problèmes. Le site Web de ParticipACTION traite de recommandations pour l’activité physique, de la sédentarité et des besoins en sommeil des nourrissons, des tout-petits et des enfants d’âge préscolaire pour une période de 24 heures.
Même si les problèmes de sommeil sont courants chez les enfants, ils peuvent demeurer très préoccupants pour les parents et les pourvoyeurs de soins. Un sommeil suffisant favorise une croissance et un développement sains. Bien que la quantité de sommeil nécessaire varie en fonction de l’âge et de l’enfant individuel, il existe quelques lignes directrices générales concernant le nombre d’heures de sommeil dont les enfants ont besoin et la façon de promouvoir de saines habitudes de sommeil. La page Web de la Société canadienne de pédiatrie est une ressource utile pour les pourvoyeurs de soins qui souhaitent promouvoir de saines habitudes de sommeil chez les jeunes enfants.
Le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) est le décès d’un enfant survenant pendant le sommeil, avant son premier anniversaire, et sans que l’on connaisse la cause. Le document ci-dessous offre de l’information sur cette préoccupation de santé publique. Il aborde les principes du sommeil sécuritaire, notamment l’importance pour les nourrissons de dormir sur un matelas ferme, conçu pour les bébés et non les adultes. Ces recommandations sont fondées sur les études épidémiologiques à grande échelle menées sur les principaux facteurs de risque du SMSN et sur la modification de ces facteurs pour réduire les risques de SMSN.
Cliquez sur le lien ci-dessous pour explorer les recommandations sur le sommeil sécuritaire du gouvernement du Canada, notamment les mesures que peuvent prendre les pourvoyeurs de soins pour réduire les risques du SMSN.