Soderstrom – étude sur les choix moraux

[Soderstrom :] Il s’agit d’une étude initialement élaborée par une chercheuse, Kiley Hamlin, qui a pu montrer que les nourrissons préféreraient des formes qui se comportaient d’une « bonne manière », par rapport à des formes qui se comportaient d’une « mauvaise manière ». C’était une façon de pouvoir montrer que les nourrissons plutôt jeunes ont un certain degré de compréhension morale. [Chercheuse qui parle au parent :] Essentiellement, elle regardera une vidéo dans n’importe quelle position confortable qui vous convient, tant qu’elle fait face à l’écran du milieu. [Soderstrom :] Notre processus dans ce cas-ci est que les bébés entrent et que la mère se ferme simplement les yeux pour ne pas voir la présentation visuelle. Les bébés sont assis sur les genoux de la mère, puis une vidéo apparaît montrant une forme qui essaie de grimper une petite pente. Puis, il y a deux autres formes, l’une des autres formes semble aider la forme initiale à grimper la pente. C’est la forme aidante. Puis, il y a une forme entravante qui pousse la forme initiale jusqu’au bas de la pente. Après que les enfants ont visionné les vidéos pendant un certain temps et après qu’ils ont fini par s’y habituer et montrent qu’ils ont obtenu ce qu’ils voulaient des vidéos, nous faisons un test où nous présentons un choix trois dimensionnel de la forme aidante et de la forme entravante, et examinons celle qu’ils préfèrent toucher. [Chercheuse qui parle au parent :] Cette deuxième partie de l’étude est un peu plus particulière. C’est seulement 60 secondes pour choisir un jouet. Je vais entrer avec un tableau offrant deux versions réelles des formes figurant dans les vidéos qu’elle vient de regarder et je vais voir avec laquelle elle choisit de jouer. Cette partie nécessite une position assise plus précise que je vais vous demander de prendre. Je vais simplement vous demander de vous asseoir vos deux pieds et vos genoux collés. Vous la placerez au centre de vos genoux. Au lieu de la tirer vers vous, placez-la de façon à ce que ses jambes pendent par-dessus vos genoux, afin qu’elle puisse atteindre plus facilement la forme de son choix. Vos mains seront simplement autour de sa cage thoracique. Si vous l’entourez dans vos bras, c’est parfois un peu plus difficile pour elle d’atteindre les formes. Pendant ces 60 secondes, il est important que vous soyez consciente de ne pas la distraire et de ne pas lui parler; vous agirez, en quelque sorte, comme sa chaise. Donc, essayez de ne pas l’orienter une fois dans cette première position. [Chercheuse qui parle au bébé :] Regarde! Bonjour! Bonjour! Bonjour! Regarde! Bonjour! Bonjour! Bonjour! Qui préfères-tu? Tu as choisi la forme bleue très rapidement. Oh, tu l’as toute retirée. Bien joué! [Soderstrom :] C’est une chose très difficile à faire avec les bébés, particulièrement avec les jeunes bébés qui pourraient tenter de saisir les objets avec les deux mains. Les critères de ce qui compte comme un choix ont été rédigés très minutieusement. Il est très important dans ces études que la préférence de l’enfant ne soit pas basée sur une préférence pour un triangle ou un carré, mais bien sur le contenu des vidéos qu’il a vues. Nous avons pris certaines mesures pour prévenir ces biais. L’une d’elles est la conception des formes originales. Beaucoup d’efforts ont été faits pour veiller à ce que leurs caractéristiques, comme leur couleur, leur taille et autres, soient également marquantes ou intéressantes pour les enfants. Puis, dans la conception de l’expérience, nous nous assurons que pour certains bébés, la forme carrée est l’aidante et que pour d’autres c’est plutôt le triangle. De plus, dans cette étude particulière, la chercheuse ne sait pas quelle forme est l’aidante ou l’entravante. Ainsi, nous ne savons même pas si le carré ou le triangle est la forme aidante ou entravante avant de faire l’analyse des données. L’information est consignée par ordinateur, mais nous ne regardons pas les données tant qu’elles n’ont pas toutes été recueillies. Depuis la publication de l’étude originale, il y a eu des tentatives de la reproduire. Certains ont réussi et d’autres ont échoué. Nous cherchons maintenant à faire une reproduction de l’étude à plus grande échelle parce que ce protocole particulier est très difficile à observer, et lorsque d’autres laboratoires ont eu de la difficulté à reproduire l’expérience, il est possible que c’était parce qu’ils ne la faisaient pas correctement. Ainsi, Kiley et d’autres chercheurs comme Kelsey Lucca militent, en quelque sorte, pour l’élaboration du protocole de façon à ce que beaucoup de laboratoires puissent apprendre à le réaliser, dans le but d’avoir un effort de reproduction à beaucoup plus grande échelle, où les gens sont formés par les chercheurs initiaux, et où nous pourrions voir dans quelle mesure cette reproduction serait un succès hors des laboratoires originaux.