1.1 Autorégulation

L’autorégulation est la capacité à assurer la constance de son attention, de ses émotions et de son comportement à un niveau approprié pour son âge et sa culture (Clinton, 2020, p. 51). Pour y arriver, il faut pouvoir tenir compte de ses propres pensées et sentiments, ainsi que de ceux des autres. L’autorégulation est essentielle pour passer de l’impuissance à la compétence.
Dans la vidéo qui suit, Stuart Shanker, Ph. D. et professeur-chercheur émérite à la York University décrit la signification du terme « autorégulation ». De plus, il décrit le lien étroit existant entre l’autorégulation et le développement du cerveau des jeunes enfants. Il explique aussi que les adultes agissent comme un « cerveau externe » qui guide les comportements de l’enfant avant qu’il apprenne à se réguler.
Bien que l’autorégulation et la maîtrise de soi se ressemblent sur certains aspects, celles-ci ne sont pas synonymes. Écoutez Jean Clinton, Ph. D. et professeure clinique de psychiatrie et de neurosciences comportementales à la McMaster University, en donner l’explication.
Carl Corter, Ph. D. et professeur émérite à l’Ontario Institute for Studies in Education de la University of Toronto, explique que l’autorégulation est un ensemble de compétences d’autogestion qui commencent à se développer tôt et qui se poursuivent tout au long de la vie. Notez qu’il mentionne que l’autorégulation ne se limite pas à la maîtrise de soi (la retenue du comportement), mais qu’elle comprend également de faire des gestes intentionnels.
Corter explique que les expériences d’un jeune enfant exercent une influence sur le développement de l’autorégulation, et que cela peut entraîner des répercussions durables dans leur vie.
Comme le soulignent Shanker et Corter, les enfants apprennent l’autorégulation grâce à la régulation externe. La vidéo suivante montre des exemples d’adultes qui aident les nourrissons et les jeunes enfants à développer l’autorégulation grâce à la corégulation. Remarquez la façon dont ces adultes agissent comme des « cerveaux externes » et fournissent un soutien suffisant pour encourager les enfants à réguler leur propre comportement.
L’autorégulation comporte trois aspects essentiels.
La régulation des émotions est le processus d’initiation, de maintien et d’ajustement de l’apparition, de l’intensité ou de la durée des sentiments.
La régulation du comportement est l’organisation des interactions sociales avec les autres et la coordination des mouvements physiques.
La régulation de l’attention est la capacité à se concentrer. Elle est à la base de la persévérance, de la curiosité, de la mémoire, de la flexibilité cognitive, de la planification et de la résolution de problèmes.
Être à l’état calme, attentif et alerte
La régulation de notre état d’éveil est importante pour la régulation des émotions, du comportement et de l’attention. Pour un bébé ou un jeune enfant, les états d’éveil varient sur un continuum allant du sommeil aux pleurs et à l’incapacité de s’adapter. Un état calme, attentif et alerte décrit un état d’éveil médian qui permet de recevoir et d’intégrer les informations provenant de nos sens.

Lorsqu’il y a présence d’une expérience trop envahissante ou trop prenante pour le jeune enfant, il peut être trop exigeant d’exercer la régulation. L’enfant peut se replier sur lui-même ou être constamment en état d’alerte. Les enfants n’ont pas tous la même capacité à gérer les différents états du continuum d’éveil, à revenir à l’état médian et à affronter les hausses et les baisses d’énergie selon les états du continuum.
Regardez maintenant la vidéo suivante où Shanker décrit l’exemple d’une jeune fille confrontée à un état de surstimulation sensorielle en classe.
Pouvez-vous citer des exemples où vous vous êtes senti submergé et surstimulé? Aviez-vous la capacité d’apprendre de nouvelles choses dans cet état?
Comment avez-vous géré vos émotions?
Vérifiez vos connaissances au sujet de l’autorégulation.
L’autorégulation est donc la capacité d’un enfant à maintenir ou à retrouver dans un délai raisonnable, un sentiment de calme ou de concentration lorsqu’il est confronté à des défis ou à des distractions. L’autorégulation ne s’apprend pas en forçant un enfant à faire des choses pour lesquelles il n’est pas prêt, comme attendre pendant de longues périodes. Nous pouvons encourager l’enfant en reconnaissant ses capacités et en lui fournissant un soutien adapté à ses forces et à ses faiblesses.
À la page suivante, nous étudierons les interactions uniques des enfants avec leur monde.

