2.4 Jeu, l’adaptation et les compétences
Le jeu est essentiel dans le développement de la résilience des enfants. Cela se fait à travers les systèmes adaptatifs que sont le plaisir, la régulation des émotions, les systèmes de réponse au stress, l’attachement aux pairs et au lieu, l’apprentissage et la créativité. Les bienfaits du jeu sont attribuables à l’imprévisibilité, à la spontanéité, au non-sens et à l’irrationalité, ainsi qu’au sentiment de contrôle des enfants lorsqu’ils jouent. (Lester et Russell, 2010, p. 52)
Le jeu est complexe et plutôt incompris. Même les chercheurs ont du mal à adopter une définition de ce qu’est le jeu.
De plus en plus, la recherche documente l’importance de jouer, et particulièrement de jouer à l’extérieur. Le lien qui suit traite expressément du jeu à l’extérieur et se trouve sur le site de l’Encyclopédie du développement des jeunes enfants. Vous y trouverez une synthèse mettant en évidence des informations clés. De plus, consultez les autres onglets qui offrent des résultats de recherche et des influences pratiques portant sur des sujets allant des bienfaits uniques du jeu en plein air aux environnements de jeu en plein air inclusifs en passant par l’autochtonisation du jeu en plein air.
Jeu imaginatif
Si vous connaissez les habitudes des enfants âgés de 2 à 6 ans, vous avez sûrement remarqué qu’ils ont une grande imagination et jouent à des jeux imaginatifs. En fait, tout porte à croire que faire semblant ou imaginer des personnages soit la principale forme de jeu pour cette tranche d’âge. Grâce au jeu imaginatif, les enfants explorent le monde en prenant le rôle de quelqu’un et en imitant des actions qui leur sont familières. Ils interprètent à leur manière et de façon intéressante ce qu’ils voient autour d’eux. Ce type de jeu, également connu sous le nom de jeu de rôle, de jeu imaginatif ou de jeu dramatique, favorise le développement social et émotionnel. Les enfants jouent souvent des rôles à caractère un peu effrayant, ce qui leur permet de prendre le contrôle d’une situation. Ils peuvent tout aussi bien être meneurs ou suiveurs. Ils apprennent beaucoup ainsi, en négociant les rôles avec les autres. Par exemple, qui jouera le rôle de la mère, de l’enseignante, du « méchant », du lion, ou de l’éléphant? Le jeu sociodramatique, lors duquel les enfants font semblant d’être des personnages ensemble selon les rôles attribués, est souvent considéré comme la forme de jeu la plus complexe. Elle est particulièrement répandue chez les enfants de 4 et 5 ans. Les enfants apprennent également à résoudre des problèmes et à négocier leur rôle. Ils trouvent ou fabriquent des accessoires, élaborent des scénarios, etc.
Une étude australienne, menée par Morrissey, Scott et Rahimi, a examiné le jeu sociodramatique d’enfants âgés de 4 et 5 ans dans deux espaces de jeu extérieurs différents : un espace traditionnel avec des structures de jeu préfabriquées entouré d’arbres et de feuillage et un espace naturalisé avec des rondins, des zones herbeuses, du feuillage, de grosses pierres, un chemin de gravier, sans structure préfabriquée. L’étude a révélé que, par rapport à l’aire de jeu traditionnelle, « les enfants dans le nouvel espace de jeu naturalisé se sont engagés dans des périodes de jeu plus longues et ont assumé des rôles imaginaires plus avancés » (2017, p. 190). Les auteurs évoquent diverses caractéristiques qui favorisent le jeu sociodramatique telles que les éléments naturels, des pièces détachées, des espaces à la fois isolés et calmes (comme ils l’expliquent, l’abondance de plantes et de surfaces douces contribue à réduire le bruit). La lecture qui suit est un résumé de cette étude. Elle est offerte par le Children and Nature Network.
Morrissey, Scott et Rahimi (2017) ont constaté que, dans un espace de jeu extérieur naturel et ouvert, les enfants passaient plus de temps à jouer à des jeux sociodramatiques et faisaient preuve d’une imagination plus débordante que lorsqu’ils jouaient dans un espace doté de structures traditionnelles préfabriquées. Comment cela se fait-il?
Quels sont les éléments du jeu dramatique qui semblent favoriser les compétences d’autorégulation?
Comment pourriez-vous expliquer cette information aux parents qui s’interrogent sur le rôle du jeu imaginatif dans un programme de la petite enfance?
Jeu actif et risqué
Nombreux sont ceux qui s’inquiètent du fait que les enfants d’aujourd’hui n’ont plus l’occasion de participer à de « vrais » jeux, c’est-à-dire des jeux amusants, porteurs de sens, motivés et initiés par les enfants eux-mêmes.
Le texte qui suit, écrit par Child and Nature Alliance, fournit des recommandations fondées sur les données probantes concernant l’accès des enfants à des jeux actifs dans la nature et en plein air.
Les auteurs font une distinction entre le danger et le risque. Pouvez-vous donner des exemples qui illustrent cette différence?
Les auteurs citent les principaux résultats de la recherche sur le jeu actif en plein air. Qu’est-ce qui vous a surpris? L’une ou l’autre de ces conclusions a-t-elle modifié vos convictions sur ce type de jeu?

Les préoccupations en matière de sécurité, c’est-à-dire la sécurité physique (risque de blessures potentielles) et la sécurité générale (dangers potentiels dans l’environnement), qu’elles soient perçues ou réelles, ont parfois limité la liberté des enfants et leur ont donné beaucoup moins d’occasions de jouer activement en plein air, si on compare cette liberté avec celle de leurs parents. Parallèlement, on comprend mieux comment le jeu en plein air, actif et dirigé par l’enfant contribue à sa capacité d’adaptation, aux développements de ses compétences et, bien sûr, à une meilleure santé.
Il est important de connaître les données disponibles concernant le temps d’activité physique recommandé pour les enfants à différents âges. Le premier article résume les faits et les recommandations en matière de comportement sédentaire chez les jeunes enfants. Le deuxième lien mène au site Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures. Il propose une synthèse concise du temps quotidien alloué par tranche d’âge pour « bouger », « dormir » et « s’asseoir ».
D’après ce que vous savez, croyez-vous que les enfants respectent les recommandations en matière d’activité physique?
Dans le cadre d’un programme pour les jeunes enfants, quelles sont les différentes façons pour un enfant de « bouger » selon son âge?
ParticipACTION est un organisme canadien qui publie régulièrement des bulletins d’évaluation à propos de l’activité physique chez les enfants et les jeunes. Consultez son bulletin 2018 et lisez les faits saillants pour en connaître davantage sur sa perspective holistique en matière de conditionnement physique et sur la façon dont les enfants canadiens se situent par rapport aux autres.
Avez-vous été surpris par certaines statistiques?
Quelles initiatives sont mises en place dans votre région pour encourager l’activité physique chez les jeunes enfants?
L’activité suivante passe en revue certains points saillants du bulletin ParticipACTION 2018.
Une grande partie des jeux actifs en plein air se déroulent dans des espaces de jeu que les adultes ont aménagés pour les enfants. Dans le monde entier, les espaces de jeu pour enfants varient considérablement en matière de caractéristiques et de conformité aux règles de sécurité. Les espaces de jeu publics pour les enfants, qu’il s’agisse des cours de récréation des écoles ou des espaces de jeu dans les parcs et les centres de la petite enfance, sont un sujet controversé qui fait l’objet de recherche et de débats. En Amérique du Nord, les aires de jeux dites traditionnelles comprennent souvent des structures préfabriquées en métal ou en bois pour grimper et se balancer, et sont construites sur des surfaces asphaltées. Les « aires de jeux dites naturelles » mettent l’accent sur les éléments naturels plutôt que sur les structures fabriquées. Elles gagnent en popularité, mais elles ne sont pas encore la norme.
Mariana Brussoni, Ph. D., à la University of British Columbia, se spécialise dans la recherche et la prévention des blessures. Dans la vidéo qui suit, elle décrit les recherches menées sur la façon dont les enfants jouent sur des structures préfabriquées traditionnelles par rapport à des aires de jeux plus variées, composées de matériaux polyvalents et de matériaux naturels.
Le jeu à la page suivante reprend les points clés de la présente section de recherche (pages 2 à 2.4).

