Shanker – un exemple d’autorégulation

L’autorégulation s’illustre par l’analogie de la quantité d’essence dans le réservoir d’un enfant, et des choses sur lesquelles l’enfant brûle son essence. Cette analogie a fait surface lorsque je conduisais ma voiture avec le régulateur de vitesse. J’ai remarqué que je brûlais environ 8 litres d’essence sur 100 kilomètres en conduisant sur une surface plane. Et puis, la voiture a dû monter une colline et la consommation a soudainement sauté de 8 litres sur 100 km à 40 litres sur 100 km, et puis en descendant la côte, la consommation est baissée à 3 litres sur 100 km. Et j’ai réalisé que nous avons cette hypothèse que chaque enfant est en quelque sorte, c’est-à-dire que ces enfants sont sur un pied d’égalité, ils sont tous, c’est-à-dire que s’ils ne sont pas attentifs, c’est parce qu’ils ne s’efforcent pas à l’être.

Donc, je vais vous donner l’exemple parfait, puis j’expliquerai son importance pour tous les enfants. J’étais dans une salle de classe, on m’avait demandé de venir, et l’école m’avait demandé de venir parce qu’il y avait une petite fille dans une des classes de l’école, elle avait 9 ans, et cette enfant était hyperactive. L’école souhaitait que l’enfant soit traitée avec un stimulant et les parents résistaient à l’idée. Les parents résistaient parce qu’ils avaient fait des lectures au sujet des effets secondaires possibles, etc., les problèmes de sommeil, l’agressivité. Ainsi, l’école souhaitait que je puisse convaincre la maman et le papa que l’enfant devrait avoir recours à un stimulant. Donc, lorsque je suis entré dans la classe, la petite fille était assise au premier rang à ma droite, et j’ai fait semblant de ne pas remarquer son comportement pendant les 5 premières minutes, en pensant que je pouvais démontrer à quel point il était facile de contrôler le comportement de cette enfant en l’inhibant. Et, bien sûr, cela n’a pas fonctionné.

Et donc finalement, je me suis tourné vers elle, et je lui ai dit : « Oui, chérie, quelque chose semble te déranger, quel est le problème? ». Et elle m’a répondu : « Monsieur, monsieur, monsieur, je ne t’entends pas à cause du bruit du ventilateur ». J’ai donc regardé autour de moi, et il n’y avait pas de ventilateur au plafond, mais il y avait un conduit d’entrée d’air, vous savez, un conduit d’entrée d’air frais, et celui-ci faisait un bruit léger. Mais cette petite fille avait un traitement auditif si hypersensible qu’elle devait faire de grands efforts pour bloquer la distraction du ventilateur, ou du conduit d’air. Et elle utilisait tellement d’énergie en essayant de se concentrer sur moi, tout en essayant d’inhiber une distraction, qu’elle n’avait pas la capacité de contrôler son comportement.

Ce que cela nous révèle, c’est que cette enfant était comme ma voiture qui monte la pente, cette petite fille brûlait 40 litres d’essence sur 100 km. Je peux avoir deux enfants assis l’un à côté de l’autre, et j’ai un enfant qui avance tranquillement à 8 kilomètres, je veux dire qu’il brûle 8 litres sur 100 km, et devinez quoi? Les enseignantes adorent cet enfant. C’est l’enfant à qui nous allons sourire, un comportement tout à fait inconscient, mais nous allons lui sourire, nous allons l’encourager, nous allons dire : « Bravo, tu as réussi encore une fois! ». Et puis, à côté, nous voyons la petite fille qui brûle 40 litres, et nous trouvons cela pénible, nous trouvons cela pénible que cette enfant s’agite beaucoup. 

Malheureusement, notre comportement de réaction aggravera la situation en raison des choses que j’expliquais plus tôt. Plus nous éveillons les émotions négatives chez cette enfant, plus la pression s’accroît. La situation s’empire, alors qu’en réalité, il s’agissait d’un cas où la petite fille travaillait beaucoup plus fort que le petit garçon à côté d’elle. Lorsque nous songeons aux facteurs de stress, nous avons tendance à penser : quels sont les types de stress qu’un enfant pourrait possiblement avoir? Mais nous savons maintenant, de nombreuses recherches nous démontrent que le stress placé sur un enfant – cela peut être de type environnemental, familial, biologique, il s’agit peut-être du stress associé aux lumières vives ou aux bruits forts, ou aux bruits, ou simplement à la présence d’autres enfants – ce stress requiert une énorme quantité d’énergie afin de permettre à l’enfant d’inhiber ces distractions. La réponse clé pour ces enfants est celle-ci : en aucun cas, il n’est nécessaire de punir cette enfant, d’essayer de la contrôler, de la discipliner, de lui faire honte. Nous devons plutôt tenter de comprendre quels sont les facteurs de stress placés sur cette enfant, et ce que nous pouvons faire pour les atténuer.