2.2 Bilinguisme et multilinguisme

La langue maternelle est la première langue apprise pendant l’enfance. Les enfants qui apprennent l’anglais, ou une autre langue dominante en tant que langue additionnelle, en tirent avantage lorsque leur langue maternelle est valorisée. Pour pouvoir déterminer la capacité d’apprentissage d’un enfant, celui-ci doit disposer d’occasions adéquates d’apprendre une langue qu’il peut comprendre. Les enfants qui apprennent deux langues doivent continuer d’acquérir du vocabulaire et des aptitudes conceptuelles dans leur langue maternelle, car sans ce développement continu de leur langue maternelle, ils auront plus de difficulté à développer des compétences dans la deuxième langue.
Beaucoup d’enfants dont la langue maternelle n’est pas la langue dominante sont dans une bonne situation pour devenir bilingues. Selon les recherches, les enfants qui apprennent une langue dominante après l’établissement de leur langue maternelle (vers 3 ans) peuvent parvenir à maîtriser la langue dominante durant la prématernelle et les premières années d’école. La capacité de bilinguisme entraîne des avantages cognitifs, sociaux et économiques à long terme, et contribue, particulièrement dans le cas des langues menacées, à la survie culturelle.
Dans bien des familles de certaines parties du monde, les parents proviennent de milieux ethniques et langagiers différents. Viktor, six mois, grandit au Canada avec une mère japonaise et un père canadien. Ses parents trouvent important qu’il apprenne le japonais, mais l’anglais sera la langue dominante dans son entourage. Sa mère lui parle seulement en japonais et son père lui parle principalement en anglais. Dans la prochaine vidéo, voyez Viktor et sa mère jouer et lire un livre.
Le cerveau de Viktor est façonné par les deux langues qu’il entend; il aura une base solide dans ces deux langues au moment où il commencera l’école.
Il est plus facile d’apprendre une deuxième ou une troisième langue en bas âge que plus tard dans la vie. Il est particulièrement important de bien apprendre la prononciation aussi tôt que possible. L’idée d’une période critique pour le développement de la langue a été vastement acceptée pendant longtemps. Après tout, il est évident qu’un très jeune enfant apprend les langues plus facilement que les enfants plus âgés, et certainement plus rapidement que les adultes. Dans la vidéo qui suit, Janet Werker, Ph. D., discute des résultats de recherche qui indiquent que l’idée d’une période critique pour le développement de la langue est complexe et doit être qualifiée.
Werker décrit une étude sur des enfants coréens qui ont été adoptés en France, et explique que cette étude contredit la mentalité qui était en place concernant les périodes critiques pour l’acquisition de la langue :
De quelles façons la recherche sur les enfants coréens adoptés remet-elle en question nos suppositions sur les périodes critiques dans l’acquisition de la langue?
Quelles sont les répercussions de ces constatations?
Dans les prochaines vidéos, Werker répond à la question de savoir si le bilinguisme est avantageux pour les bébés et explique certaines recherches réalisées dans ce domaine.
Parlez-vous plus d’une langue? Si oui, quels sont les effets du bilinguisme pour vous? En vous fondant sur votre expérience, que pensez-vous de la discussion de Werker sur les avantages et les coûts cognitifs?
Êtes-vous unilingue? Quelles différences pensez-vous que cela entraîne dans votre réflexion comparativement à une personne qui parle deux langues ou plus?
Dans bien des pays et des communautés partout dans le monde, il y a beaucoup de personnes multilingues. Cette maîtrise de plusieurs langues peut représenter un avantage intellectuel ou économique, mais peut aussi être désavantageuse pour les jeunes enfants qui fréquentent des programmes préscolaires ou primaires offerts dans des langues autres que leur langue maternelle. Selon la recherche, la langue maternelle d’un enfant est la fondation essentielle de son développement langagier global et de sa réussite scolaire. Le personnel en petite enfance qui valorise et promeut les langues maternelles des enfants renforce réellement la capacité des enfants à acquérir une deuxième et une troisième langue.
Regardez la vidéo ci-dessous dans laquelle une enseignante au préscolaire, à Mombasa, au Kenya, intègre harmonieusement l’anglais et le swahili pendant la lecture d’une histoire.

Les enfants bénéficient des programmes de petite enfance bilingues axés sur l’introduction et l’ajout d’une langue dominante plutôt que sur le remplacement de leur langue maternelle. La lecture suivante, de la Fédération des parents francophones de Colombie-Britannique, présente les faits, les mythes et les avantages liés au bilinguisme.
Essayez la prochaine activité pour voir si vous pouvez distinguer les mythes des faits concernant le bilinguisme chez les jeunes enfants.
Les deux langues officielles au Canada sont le français et l’anglais. Il y a des programmes et des services qui aident les enfants à conserver leur langue maternelle et à apprendre l’anglais ou le français comme langue additionnelle. Comme vous l’avez appris dans la lecture précédente, les alternances de codes et les mélanges de langues sont tout à fait naturels lorsque les enfants deviennent plurilingues. Dans la prochaine vidéo, observez Rowan, qui s’exprime à la fois en français et en anglais pour communiquer avec ses camarades et le personnel du centre.
Qu’avez-vous remarqué au sujet de la compréhension du langage de Rowan? Et au sujet de son expression langagière?
Quelles stratégies le personnel a-t-il utilisées pour soutenir le développement langagier bilingue de Rowan?
La prochaine ressource du Centre de ressources Meilleur départ s’adresse aux parents. Elle trait des avantages d’élever des enfants bilingues ou multilingues, et offre des suggestions.
Si vous travaillez avec des enfants et des familles qui parlent plus d’une langue, prenez-vous certaines mesures pour soutenir l’apprentissage bilingue ou multilingue?
Abilio offre une synthèse de la recherche sur le bilinguisme chez les enfants. Abilio était anciennement connu sous le nom de Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants (CEDJE) et de Centre de psycho-éducation du Québec (CPEQ).
Pour en savoir plus sur la recherche, les avantages et les questions liées au bilinguisme chez les enfants, consultez l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants.

