Werker – les avantages liés au bilinguisme
J’aime penser que ce que les bébés apprennent en bas âge est avantageux pour eux dans leur environnement linguistique particulier, et que si cela a d’autres conséquences cognitives, il serait très intéressant de les étudier aussi. Je suis certaine que le bilinguisme apporte certains avantages et, comme je l’ai mentionné, cela a été démontré. Toutefois, je crois, et il existe des preuves, qu’il apporte aussi certains coûts. Notamment, la vitesse de traitement de l’information est un peu plus lente, la vitesse d’étiquetage et le délai de réaction pour appuyer sur le bouton d’un objet correspondant à un mot sont juste un peu plus lents chez les personnes bilingues parce qu’ils doivent consulter deux lexiques. Ce qui n’est donc pas surprenant. Cet écart a-t-il des conséquences? Peut-être pas ou même pas du tout, et les avantages cognitifs pourraient grandement les compenser, mais je crois tout de même que la question la plus intéressante est de savoir comment le cerveau humain adapte les données qu’il reçoit de façon à optimiser l’environnement dans lequel l’enfant demeurera. Il n’y a pas de preuve substantielle que le bilinguisme ou le trilinguisme rend une personne plus apte à apprendre une autre langue sur le plan du traitement perceptuel et cognitif. Cela a sûrement une incidence sur la volonté d’apprendre, mais rien n’indique sur le plan cognitif ou perceptuel que cela facilite l’apprentissage d’une autre langue.
