2.5 Adversité et résilience
Adversité

Malheureusement, beaucoup d’enfants grandissent dans des circonstances difficiles, et certains enfants grandissent dans des environnements extrêmement défavorables. Ils peuvent vivre dans des foyers violents et subir de la négligence ou des mauvais traitements. La pauvreté, les catastrophes ou les déplacements peuvent être constants dans la vie d’un jeune enfant. Les expériences négatives durant l’enfance comprennent les mauvais traitements, la négligence, la maladie mentale et la violence dans leur foyer.
Pour s’épanouir, les enfants ont besoin que d’autres personnes s’occupent d’eux, s’intéressent à eux et soient émerveillées par eux. L’un des défis les plus courants dans le développement de l’enfant est la négligence. La vidéo suivante décrit ce qu’est la négligence envers les enfants et comment y remédier. Cet extrait est tiré du documentaire, The Beginning of Life.
Dans le module Développement du cerveau, vous avez appris sur le stress toxique et ses effets sur le cerveau en développement. Le lien ci-dessous du Center for the Developing Child de la Harvard University mène à une présentation infographique sur les expériences négatives durant l’enfance (ENE). Explorez l’information pour voir comment les ENE sont liées au stress toxique et restent « gravées » dans la personne, ainsi que les mesures pouvant être prises pour réduire leurs effets.
Écoutez Tracie Afifi, Ph. D. et professeure en sciences de la santé communautaire et psychiatrie à l’Université du Manitoba, qui explique quelles sont les dix ENE originales, et le fait que ce terme est parfois utilisé de façon incohérente.
Afifi souligne les principales contributions en recherche sur les ENE au cours des 25 dernières années.
Il y a d’importants liens entre les ENE et de nombreux résultats négatifs à long terme en matière de santé physique et mentale. Quelles mesures pourraient être prises dans le cadre d’un programme de petite enfance pour atténuer l’adversité et réduire le stress toxique chez les jeunes enfants?
Pouvez-vous penser à des politiques, particulièrement dans les circonstances difficiles touchant votre communauté, qui pourraient aider à prévenir ou à atténuer les ENE?
Dans l’article suivant de CIFAR, l’auteur explique la recherche de Charles Nelson, Ph. D., entre autres, sur le concept des ENE et classe les facteurs de risque en deux catégories : biologiques et psychosociaux. L’article explore les effets de l’adversité sur le cerveau en développement.
L’article discute des catégories de dangers biologiques et psychosociaux. Pouvez-vous penser à des exemples de dangers biologiques, à la fois avant et après la naissance? Pouvez-vous trouver des exemples de dangers psychosociaux?
Selon l’article, les dangers biologiques et psychosociaux sont souvent interreliés. Pouvez-vous trouver un exemple de cette interrelation?
Nelson affirme que « parmi les nombreuses formes d’adversité psychosociale pouvant toucher le développement des enfants, la plus flagrante est probablement la négligence » (p. 264). Sur quoi se fonde-t-il pour faire cette déclaration? Êtes-vous d’accord? Si non, pourquoi pas?
La maltraitance envers les enfants comprend la négligence de répondre aux besoins de base et les mauvais traitements physiques, affectifs et sexuels. Certains enfants subissent une réalité quotidienne caractérisée par la maltraitance. Tracie Afifi résume la multitude de résultats défavorables liés aux mauvais traitements des enfants.
La maltraitance sape l’espoir et l’exubérance des enfants, laissant derrière elle désespoir et crainte. Cliquez sur le lien ci-dessous de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants pour accéder à une série de résumés sur les différents types de maltraitance.
Lisez la synthèse qui suit tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants pour examiner les types de maltraitance et en apprendre plus sur la prévention et les interventions.
La lecture décrit les cinq formes de maltraitance des enfants. Laquelle est la plus couramment signalée? Laquelle est la plus insuffisamment signalée?
Parmi les trois types de stratégies présentées pour réduire la maltraitance des enfants, lequel est le plus utilisé dans votre communauté?
Pourquoi les auteurs disent-ils que l’atténuation de la pauvreté permettrait de réduire la maltraitance des enfants dans une large mesure?
Dans la vidéo qui suit, Barbara Fallon, Ph. D., chaire de recherche du Canada en aide sociale à l’enfance et professeure à la faculté du travail social de la University of Toronto, discute des enfants qui se trouvent dans des circonstances les mettant à risque de suivre une piètre trajectoire de développement. Elle explique ce qui se produit lorsqu’on constate leur présence dans le système de protection de l’enfance et l’importance pour les travailleurs de ce domaine d’avoir été formés sur le développement des enfants et les moyens de protéger les enfants vulnérables tout en favorisant leur bien-être.
Les régies de protection de l’enfance interviennent lorsqu’elles reçoivent un signalement d’une personne se préoccupant du bien-être d’un enfant. L’enquête qui s’ensuit comprend une évaluation réalisée par un travailleur. Si ce dernier considère que l’enfant est à risque, il détermine les mesures à prendre pour protéger l’enfant. Celles-ci comprennent la prestation de services à la famille, la prise en charge de l’enfant hors du foyer familial ou une intervention policière. Dans la prochaine vidéo, Fallon parle du fait que les enfants autochtones sont surreprésentés dans le système de protection de l’enfance, et explique certaines raisons de cette tendance.
Fallon mentionne le besoin de sensibilité culturelle pour les enfants et les familles autochtones.
Est-ce que cela est un enjeu où vous demeurez? Si oui, avez-vous connaissance des interventions visant à régler cette situation?
Il faut en faire beaucoup plus pour réduire le nombre d’enfants autochtones pris en charge par le système de protection de l’enfance, et soutenir des familles et des communautés plus saines. Dans la prochaine vidéo, Marlyn Bennett, Ph. D. et professeure associée à la faculté de travail social de l’Université du Manitoba, discute des recherches qui examinent les raisons pour lesquelles les enfants autochtones sont aussi surreprésentés dans le système de protection de l’enfance au Canada.
Bennett poursuit en expliquant les effets continus de la colonisation sur les familles.
Michael Yellow Bird, Ph. D. et doyen de la faculté du travail social à l’Université du Manitoba explique la recherche qu’il a réalisée sur le stress chronique découlant de la colonisation.
Bennett souligne que la plupart des enfants autochtones sont retirés de leur foyer pour des raisons de négligence, et que cette situation est clairement liée à des enjeux plus vastes, comme la pauvreté et les mauvaises conditions de logement. Connaissez-vous des programmes à grande échelle ou à l’échelle communautaire qui permettent d’atténuer cette situation ou, selon vous, est-ce que la plupart des systèmes la perpétuent?
Bennett et Yellow Bird discutent de la colonisation. Que savez-vous de la colonisation au Canada? À quoi ressemble-t-elle de nos jours où vous vivez?
Dans la prochaine vidéo, Bennett parle de sa propre expérience en tant qu’adolescente dans le système de protection de l’enfance, et de sa recherche auprès d’autres jeunes pris en charge.
La Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations, dirigée par Cindy Blackstock, Ph. D., milite en faveur de l’équité pour les enfants autochtones et utilise sa forte voix en faveur de changements dans le système de protection de l’enfance.
Discipline violente
La forme de violence contre les enfants la plus courante et la plus répandue est la punition physique et humiliante. La punition physique, aussi appelée le châtiment corporel, pourrait ne pas être considérée comme une forme de violence puisqu’elle demeure une mesure disciplinaire légale et acceptable dans de nombreux pays.
Le saviez-vous?
Selon la base de données mondiale de l’UNICEF comptant 94 pays, les enfants âgés de deux à quatre ans ont subi de la discipline violente de la part de leurs pourvoyeurs de soins au cours du dernier mois à des taux alarmants :
- punition physique – 63 %;
- agression psychologique – 67 %;
- toute discipline violente – 75 %.
Partout dans le monde, trois quarts des enfants âgés de deux à quatre ans sont régulièrement victimes de discipline violente (physique ou émotionnelle) de la part des personnes qui s’occupent d’eux (UNICEF, novembre 2017).
Joan Durrant, Ph. D., psychologue clinicienne pour enfants et spécialiste du développement des enfants, examine les attitudes à l’égard de la violence physique, et les sociétés qui ont banni la punition physique des enfants. Elle commence en expliquant pourquoi certains parents donnent la fessée à leurs enfants.
Durrant poursuit en décrivant les effets de la violence physique sur les enfants.
Êtes-vous d’accord avec le point de vue de Durrant?
Comment votre expérience pendant que vous grandissiez a-t-elle façonné votre point de vue sur le châtiment corporel?
Dans la prochaine vidéo, Durrant se penche sur les raisons socioculturelles pouvant expliquer pourquoi, alors que presque tous les autres types de châtiment corporel sont interdits par la loi, le châtiment corporel des enfants par les parents demeure légal au Canada.
Durrant souligne que la fessée se situe dans le continuum de la maltraitance des enfants; c’est un châtiment corporel devenu incontrôlable.
Joan Durrant plaide en faveur de l’interdiction des châtiments corporels et a corédigé la Déclaration conjointe sur les punitions corporelles données aux enfants et aux adolescents.
La preuve est cohérente et robuste : la punition physique ne prévoit pas d’amélioration du comportement de l’enfant, et prévoit plutôt une détérioration de ce comportement et une hausse du risque de maltraitance. Il n’y a donc aucune raison empirique pour les parents de continuer à recourir au châtiment corporel. (Heillmann et coll., 2021, p. 361)
Voyez Joan Durrant décrire comment la Suède, le premier pays au monde à bannir le châtiment corporel, offre du soutien et de l’information aux parents et aux pourvoyeurs de soins dans le but de protéger les enfants de la violence.
Le site Web du Partenariat mondial pour mettre fin à la violence envers les enfants énonce les efforts déployés à l’échelle internationale et fournit des ressources concernant l’interdiction et l’élimination de tous les châtiments corporels envers les enfants.
Résilience
La résilience n’est pas un phénomène fondé sur le principe du tout ou rien, et elle n’est pas fixée dans le temps. (Luthar, 2013, p. 1)
- Que signifie « être résilient »?
- Certains enfants sont-ils intrinsèquement plus résilients malgré l’adversité que d’autres?
- Quels facteurs influencent la capacité de résilience d’une personne?
- Est-il possible d’enseigner la résilience?
Écoutez Afifi expliquer le concept de la résilience.
On dit souvent des enfants qui vont bien, même s’ils ont fait face à des difficultés importantes dans leur vie, qu’ils sont résilients. Lisez la brochure suivante de Meilleur départ, pour en savoir plus sur la résilience et comment la bâtir chez les enfants
Ann Masten, Ph. D. et grande spécialiste de la recherche sur la résilience du Child Development Institute à la University of Minnesota, décrit le concept de résilience.
La recherche sur la résilience est issue d’observations d’enfants faisant preuve d’adaptation et de compétence, même face à l’adversité. Outre les prédispositions biologiques propres à l’enfant, les chercheurs indiquent que des systèmes de protection comme des parents bienveillants, des pratiques parentales de qualité, des communautés sécuritaires, une nutrition adéquate et des réseaux de soutien sociaux, aident les enfants à prospérer.
Dans la vidéo suivante, Masten décrit les systèmes de protection.
Pensez à des enfants que vous connaissez qui ont surmonté l’adversité. Voyez-vous des caractéristiques similaires entre ces enfants? Quels systèmes de protection pensez-vous auraient pu contribuer à leur résilience?
Y a-t-il d’autres exemples de systèmes de protection que vous pourriez ajouter à ceux mentionnés par Masten?
Ci-dessous, Masten décrit ce qu’elle a appris des systèmes de protection, qu’elle surnomme la « magie ordinaire ».
Masten fait une importante distinction entre les facteurs protecteurs et les facteurs promoteurs.
La capacité de l’enfant à se réguler contribue à la résilience. Masten explique.
Est-ce que le lien entre l’autorégulation optimale (calme, attentif et alerte) et la résilience a du sens pour vous?
Pouvez-vous penser à des exemples de parents/pourvoyeurs de soins agissant comme des « régulateurs externes » pour les enfants? Pourquoi croyez-vous que c’est important?
La lecture suivante, tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, présente un survol de la recherche sur la résilience et les jeunes enfants.
Dans cette lecture, pourquoi Luthar, Ph. D., affirme-t-elle que nous ne devrions pas parler d’« enfants résilients », mais plutôt d’« adaptation résiliente »?
Même si les caractéristiques individuelles des enfants touchent la façon dont ils réagissent à l’adversité, il y a un facteur qui transcende tous les types d’adversité : avoir dans leur vie au moins un adulte fort qui leur fournit du soutien. Pourquoi croyez-vous que c’est si important?
Quelles sont les incidences pour les politiques publiques?
La prochaine lecture offre un résumé des concepts de la résilience.
Écoutez maintenant Masten décrire les « vagues » de la recherche sur la résilience de 1970 à maintenant.
Les systèmes de régulation et la capacité d’adaptation des enfants sont soumis à d’énormes pressions lorsque ces derniers sont exposés à des conflits armés, des catastrophes naturelles et d’autres urgences. Bhutta, Ph. D. et premier président de la chaire Robert Harding pour la santé mondiale des enfants à l’Hospital for Sick Children à Toronto, présente les structures inhérentes au Pakistan qui contribuent à la résilience des jeunes enfants malgré plusieurs situations d’adversité.
L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants offre une synthèse exhaustive sur le sujet de la résilience, notamment son importance, ce qu’on connaît actuellement à son sujet, et la façon dont nous pouvons la promouvoir pour soutenir le développement sain des enfants.
Le personnel formé en petite enfance joue un rôle important dans le soutien des enfants et des familles. Voyez Afifi expliquer comment ce soutien aide à promouvoir la résilience chez les jeunes enfants.
La page suivante examine les façons uniques dont le jeu appuie chez les enfants le développement de capacités pour s’adapter et être compétents. Comme l’expliquent Yogman et coll. (2018) : « lorsqu’un enfant n’a pas de jeu ni de relations bienveillantes, sûres et stables dans sa vie, le stress toxique peut perturber le développement des fonctions exécutives et l’apprentissage de comportements prosociaux; le jeu devenant encore plus important en la présence d’adversité » (par. 3).
