Afifi – la recherche sur les ENE
Le domaine des expériences négatives durant l’enfance (ENE) s’est beaucoup développé à partir d’un article publié par Felitti et ses collègues en 1998, il y a 25 ans. Cet article a été très influent parce qu’il liait directement les ENE aux résultats de santé. Il a joué un rôle très important pour aider les gens à comprendre que les expériences négatives durant l’enfance peuvent avoir une incidence sur la santé, non seulement à l’enfance, mais aussi à l’adolescence et à l’âge adulte. C’était, selon moi, le point à comprendre le plus critique de ce travail. Les expériences négatives durant l’enfance ont été associées à de nombreux mauvais résultats : blessures, lésions cérébrales traumatiques, grossesses non planifiées, complications durant la grossesse, infections transmissibles sexuellement, problèmes de santé physique et de santé mentale, anxiété, dépression, idées suicidaires et consommation de substances. C’est un domaine vaste dans lequel on a examiné de nombreux résultats différents. Le domaine des expériences négatives durant l’enfance montre constamment que les traumatismes entraînent de mauvais résultats, et beaucoup de résultats ont été examinés. Ces constatations sont solides et cohérentes. L’autre très grande contribution de ce domaine est qu’il a montré que plus une personne fait face à une grande adversité, plus les répercussions sont importantes sur ces résultats négatifs. Le domaine des ENE a joué un très grand rôle dans la création des liens entre l’adversité et la santé. Toutefois, la façon dont nous mesurons et abordons les expériences négatives durant l’enfance n’a presque pas changé au cours des 25 dernières années. Je trouve très intéressant qu’un article sur ces dix expériences négatives durant l’enfance a été publié il y a 25 ans, et qu’on a continué de seulement étudier ces dix expériences. J’ai fait des travaux pour déterminer empiriquement si nous devions supprimer certaines des expériences, ce qui a été réfuté par les données. Par exemple, je pensais que le divorce parental pourrait ne plus être considéré comme une expérience négative durant l’enfance. Mais, selon les données empiriques, le divorce semble demeurer une ENE. Nous avons aussi examiné empiriquement si d’autres situations pouvaient s’ajouter aux ENE. Par exemple, l’intimidation, la victimisation par les pairs ou les problèmes de jeu des parents pourraient être ajoutés. D’autres facteurs, comme la violence du milieu ou du quartier, ont aussi été examinés en vue de leur ajout comme ENE. Ce sont des concepts à considérer. Je crois que lorsque nous pensons aux ENE, nous n’avons pas à les limiter à ces dix expériences. Je trouve intéressant que cela n’a pas autant évolué qu’on aurait pu le penser.
