Durrant – bannir le châtiment corporel
La Suède, où je passe beaucoup de temps, est le premier pays à avoir interdit le châtiment corporel, et il offre aux parents un accès universel à du soutien et à de l’éducation, ce à quoi tous les parents participent. Ils obtiennent ainsi beaucoup d’idées sur les manières de gérer des situations, mais apprennent aussi beaucoup sur le développement et sur les conduites typiques des enfants. Ils sont donc moins susceptibles d’interpréter le comportement de leur enfant comme étant provocateur, immature ou méchant. Ils commencent à comprendre qu’il s’agit d’un processus du développement. Ils sont aussi en contact avec d’autres parents, ce qui réduit considérablement l’isolement social. Dans une culture où pratiquement toute la population peut bénéficier facilement et gratuitement de soutien et d’enseignement parental de haute qualité, les parents frappent beaucoup moins leurs enfants parce que leur point de vue des enfants a changé, ils connaissent plus d’options et conçoivent leur relation différemment. D’autres pays procèdent ainsi, et en Europe, plus particulièrement en Scandinavie, le modèle sociétal accorde la priorité aux enfants et aux familles. L’interdiction de châtiments corporels dans ces pays ne représente pas une mesure punitive contre les parents, elle présente simplement ce que nous aimerions que les parents fassent, soit établir une norme claire de sorte que le message n’est pas imprécis ou vague, et ne pas laisser passer certaines choses et en refuser d’autres sans dire où se trouve la ligne à ne pas franchir. Nous établissons la norme et indiquons clairement les exceptions et les limites, puis nous soutenons les enfants et les orientons vers ce point. Ne les punissez pas lorsqu’ils échouent. Orientez-les et aidez-les à atteindre leurs objectifs. C’est le modèle que les pays scandinaves ont mis en place pour les adultes, car nous apprenons tous, particulièrement les parents. Ils sont comme des bébés qui naissent avec peu d’information et qui se développent. Les principes sous-tendant l’apprentissage demeurent les mêmes tout au long de la vie. Il s’agit de la communication claire, des attentes claires, du soutien, de l’orientation, de la nurturance, de l’encouragement et de la mise en place d’un modèle. Cela est vrai que nous ayons 2 ou 50 ans. Nous avons besoin de soutien. Pas d’être punis.
