1.2 Réflexion et apprentissage

Les jeunes enfants ont une curiosité naturelle! Ils semblent naître avec une soif d’apprentissage pour le monde qui les entoure. Les adultes qualifient souvent les enfants « d’éponges » étant donné qu’ils semblent absorber les expériences et les connaissances avec une grande facilité.
Les enfants construisent leur savoir par la définition, la classification, l’établissement de liens, les prévisions, la mise à l’épreuve de théories et l’utilisation de leur imagination. Ils relient des connaissances existantes et des expériences préalables dans de nouveaux contextes pour concevoir une compréhension du monde qui les entoure.
La petite enfance est une période où l’apprentissage est inextricablement lié à d’autres aspects du développement. Par exemple, l’apprentissage de la gestion des émotions est lié à l’attention et à la résolution de problèmes. Nous voyons ces mêmes schémas de développement dans tous les autres domaines d’apprentissage.
Le texte suivant aborde les schémas de développement dans différents domaines.
La vidéo qui suit a été tournée en Afrique de l’Est. Elle offre des exemples de réflexion et d’apprentissage chez les enfants. Examinez la façon dont les enfants font preuve de réflexion et d’apprentissage. En observant leur environnement, que voyez-vous qui peut renforcer cette réflexion et cet apprentissage?
Dans la prochaine vidéo, un parent et un enfant jouent à un jeu de mémoire ensemble.
De quelles façons le parent montre-t-il qu’il s’intéresse à l’apprentissage de l’enfant?
Que peut faire le parent pour rendre le jeu plus difficile à mesure que les capacités cognitives et les habiletés de mémoire de l’enfant se développent?
Il est évident qu’ils s’amusent ensemble. Pourquoi cela est-il important?
Apprentissage par le jeu
Le fait de cultiver les fonctions exécutives et d’autres habiletés au cours des premières années en se concentrant sur l’apprentissage par le jeu est une conception de l’éducation de la petite enfance différente et innovante. Plutôt que de seulement se concentrer sur les capacités scolaires comme réciter l’alphabet, encourager la littératie en bas âge, utiliser des cartes-éclairs, jouer avec des jouets informatiques et enseigner pour mettre les connaissances à l’épreuve… cultiver la joie de l’apprentissage par le jeu est susceptible de favoriser davantage la réussite scolaire à long terme. La collaboration, la négociation, la résolution de conflits, l’autonomie sociale, la prise de décisions, le sentiment d’agentivité, la créativité, le leadership et l’activité physique accrue sont seulement une partie des capacités et des avantages que les enfants acquièrent par le jeu. (Yogman et coll., 2018)
Les enfants apprennent de toutes sortes de façons, mais pendant la petite enfance, ils apprennent surtout de manière informelle, par le jeu et par leurs autres activités quotidiennes. Partout dans le monde, les enfants semblent avoir une tendance naturelle à jouer, que des adultes soient présents ou non. Dans la vidéo suivante, remarquez que Pallista continue de jouer après que ses parents cessent de participer.
La capacité de jouer de façon autonome (comme le fait Pallista) est-elle une attente réaliste à l’égard de tous les jeunes enfants?
Est-ce quelque chose que les adultes devraient encourager?
Que montrent ces vidéos sur la façon dont les enfants réfléchissent?
Quelles conditions dans ces environnements soutiennent la concentration, la découverte et l’exploration active chez les enfants?
L’article qui suit provient du Conseil canadien sur l’apprentissage. Il nous offre un aperçu général du jeu et de l’apprentissage dans la petite enfance.
Pensez à votre enfance et à vos souvenirs liés au jeu. Quel était votre jeu préféré, et pourquoi l’aimiez-vous? Que pensez-vous avoir appris grâce à ce jeu? Quels adultes y participaient? Quel était leur rôle?
Comment décririez-vous les possibilités de jeu pour les enfants dans votre communauté? Y a-t-il des préoccupations relatives à la sécurité ou non?
L’activité qui suit fait ressortir quelques-uns des principaux éléments que les adultes peuvent utiliser pour renforcer l’apprentissage des enfants au moyen du jeu.
Littératie et numératie
La numératie est un aspect particulier de la réflexion et de l’apprentissage qui se caractérise par la capacité à travailler avec des concepts mathématiques et à raisonner avec des chiffres. Les concepts mathématiques comprennent des éléments tels que la relation entre les nombres (qualité et quantité), la mesure, le calcul, la géométrie, les régularités, les probabilités et les statistiques. Les mathématiques constituent une forme de langage que les enfants acquièrent simultanément au langage oral. Tout comme le langage oral, les mathématiques sont ancrées dans le contexte culturel du lieu où demeurent les enfants. Les connaissances mathématiques informelles des jeunes enfants sont souvent vastes et complexes.
La compréhension informelle des mathématiques précède le développement de la numératie. Les jeunes enfants développent une compréhension informelle des mathématiques dans leurs expériences de tous les jours dans le monde. Le jeu est un élément très important de ce processus. Comme cela a été décrit dans l’article du Conseil canadien sur l’apprentissage figurant plus haut sur cette page, les adultes devraient veiller à mettre en place les conditions permettant aux enfants d’apprendre par le jeu.
La littératie est la capacité à utiliser la langue sous toutes ses formes de communication : l’écoute, la parole, la lecture, l’écriture, la musique, la danse, les contes, les arts visuels, le théâtre et les médias numériques.
Les expériences de la vie quotidienne (parler, écouter, lire, regarder, dessiner et écrire) font partie de la littératie à la petite enfance. Les jeunes enfants comprennent progressivement que ce qui est dit peut aussi être écrit. Bien avant qu’on leur enseigne officiellement la lecture et l’écriture, les enfants bâtissent leur propre compréhension des buts et des fonctions de ces activités dans la communication avec les autres.
Lorsqu’ils font la transition de la langue orale vers l’écrit, ils en viennent à comprendre que l’écrit peut représenter des expériences, des idées et des connaissances. Ils développent un fil narratif et la capacité de faire des représentations et des actions symboliques. Ils sont alors prêts à acquérir des stratégies de lecture. Le développement du langage et la littératie se renforcent mutuellement tout au long de ce processus.
Apprendre à écrire son nom est, pour la plupart des enfants, l’une des premières activités d’apprentissage des mots. Dans la vidéo qui est présentée plus bas, observez Evan qui s’entraîne à écrire son nom et qui s’efforce de tracer les lettres correctement.
Le module « Adaptation et compétences » (p. 2.4) indique que le contrôle inhibiteur, la mémoire de travail et la flexibilité mentale sont les trois aspects des fonctions exécutives.
Comment Evan manifeste-t-il ces habiletés pendant qu’il s’exerce à écrire son nom?
La vidéo suivante a été filmée dans une maison rurale, en Égypte. Regardez la vidéo pour découvrir la façon dont la mère participe aux devoirs de ses deux garçons avant de sortir pour s’amuser. Notez la façon dont la mère aide ses enfants à lire et à comprendre leur lecture.
La littératie critique et la littératie numérique sont d’autres concepts liés à la littératie que les enfants peuvent apprendre.
Le ministère de l’Éducation de l’Ontario (2023) définit la littératie critique comme l’ensemble de capacités, de dispositions et de stratégies permettant à la fois aux enseignants et aux enfants d’analyser les textes de façon à devenir des consommateurs et des utilisateurs d’information critiques. La littératie critique comprend la dissection, la remise en question et la réflexion pour mieux comprendre l’iniquité, l’injustice et les relations de pouvoirs inégales (p. ex., un livre, un site Web, une émission de télévision ou un jeu vidéo) (ministère de l’éducation de l’Ontario, 2023).
Le ministère explique que la littératie numérique est « la capacité de résoudre des problèmes au moyen de la technologie de façon sécuritaire, légale et éthiquement responsable » (paragr. 1). La littératie numérique consiste aussi à posséder de solides habiletés en littératie statistique et d’être prêt à explorer les technologies émergentes.
La littératie critique et la littératie numérique fonctionnent ensemble. Les enfants apprennent à être critiques des livres, mais aussi des histoires, des médias et autres supports numériques. Gardez en tête ces deux concepts durant votre lecture sur le temps d’écran et les médias numériques dans la section ci-dessous. Plus loin dans le module, on vous présentera la recherche sur les médias pour enfant et le jeu numérique, qui informe également la littératie critique et la littératie numérique.
Temps d’écran et médias numériques
Le temps d’écran désigne le temps passé sur n’importe quel écran, y compris la télévision, les ordinateurs, les jeux vidéo et les appareils mobiles (téléphones intelligents, tablettes).
Les médias numériques désignent tout le contenu transmis par Internet ou par réseaux informatiques, sur quelque appareil que ce soit » (Ponti et la Société canadienne de pédiatrie, 24 novembre 2022, para 3).
Compte tenu de ce que la recherche dévoile sur la façon dont les enfants grandissent et se développent, qu’est-ce que cela signifie pour les enfants grandissant dans un monde riche en médias. Il faut envisager plusieurs questions :
- Quels sont les effets des médias numériques – tout le contenu texte, audio, vidéo et graphique pouvant être consulté sur des ordinateurs, des tablettes ou des appareils mobiles?
- Qu’en est-il du temps d’écran – la quantité de temps que les enfants passent à regarder la télé ou à jouer à des jeux sur des tablettes ou des ordinateurs?
- Comment le temps d’écran influence-t-il leur développement et apprentissage?
- Qu’en est-il du développement du langage, de la littératie et de la numératie?
- De quoi doit-on tenir compte? Des incidences mêmes du temps d’écran et des médias numériques? Ou tenir compte des incidences du temps qui N’EST PAS PASSÉ à réaliser des activités ou des expériences bénéfiques (p. ex., jouer activement ou interagir avec les pourvoyeurs de soins ou les pairs)?
L’accès des enfants à la technologie varie, mais c’est une réalité pour bon nombre d’entre eux. Les programmes de petite enfance partout dans le monde ont dû se pencher sur cette question pour déterminer les incidences potentielles sur eux. L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants a publié une série d’articles d’experts sur ce sujet. Lisez les trois sections suivantes suivant pour en apprendre plus à ce sujet. La Synthèse suivie de L’apprentissage à partir de médias électroniques chez les jeunes enfants (pages 4 à 14) et Technologie en éducation de la petite enfance : commentaire général (pages 48 à 53.)
Quels sont les avantages potentiels du temps d’écran et des médias numériques?
Quels sont les risques potentiels pour le développement des enfants?
Que pensez-vous de l’utilisation de la technologie dans les programmes d’apprentissage et de garde des jeunes enfants? De quelles façons peuvent-ils être efficacement incorporés dans les environnements d’apprentissage des enfants?
Quelles questions avez-vous?
Ce sujet sera exploré plus en profondeur au cours du présent module.




