Édition nord-américaine - Développement du cerveau

2.5 Cerveau social

Les réseaux du cerveau qui favorisent l’interaction sociale continuent de se spécialiser à l’âge adulte. Les travaux de neuroimagerie laissent entendre que même si les nouveau-nés peuvent disposer de toutes les zones du cerveau requises pour favoriser l’interaction sociale, ces zones peuvent ne pas encore être adéquatement spécialisées ou connectées. Cela signifie que les expériences et les environnements à la petite enfance peuvent grandement influencer le cerveau social » (D’Mello, 2019, par. 3).

Parent qui contemple un bébé souriant dans ses bras.

Comme nous l’avons vu aux pages précédentes du présent module, l’imagerie cérébrale et d’autres avancées en recherche, particulièrement celles qui peuvent être facilement utilisées avec des nourrissons, ont permis d’enrichir nos connaissances sur le développement du cerveau à la petite enfance. Le concept du cerveau social est issu de cette compréhension croissante des différentes parties du cerveau et de la façon dont elles interviennent dans le développement de différentes compétences et habiletés. Pendant le développement normal, le cerveau du bébé devient de plus en plus spécialisé pour des choses comme : percevoir des visages et des voix humaines, et un éventail d’aptitudes à la communication, notamment porter attention et établir un contact visuel. La capacité de se concentrer et de porter attention devient de plus en plus importante pour l’interaction sociale et l’apprentissage. (Gilga, 2012; Scerif, 2012)

La prochaine lecture explique que les nourrissons se retrouvent dans un monde social riche qu’ils doivent apprendre à naviguer. Pendant votre lecture, réfléchissez au rôle que jouent les pourvoyeurs de soins pour aider les enfants à comprendre leurs environnements sociaux.

La théorie de l’esprit est la capacité de déduire l’état mental des autres et d’utiliser cette information pour prévoir leur comportement. Elle est considérée comme une capacité cruciale au développement de la cognition sociale. Lisez la prochaine lecture pour découvrir les résultats de la recherche sur la théorie de l’esprit.

La cognition sociale et la théorie de l’esprit se rapportent à une gamme de développements en bas âge, comme les fonctions exécutives, le jeu (surtout le jeu sociodramatique) et la capacité de bien s’entendre avec les autres. Ces thèmes sont abordés dans les modules Adaptation et compétences et Communication et apprentissage

Autisme

L’autisme ou le trouble du spectre de l’autisme (TSA), désigne un éventail de troubles développementaux qui se caractérisent par des difficultés avec les aptitudes sociales, des schémas inhabituels de communication, des comportements répétitifs ou restrictifs, et pouvant comporter des différences et des forces uniques. Aujourd’hui, la recherche appuie l’idée selon laquelle il n’y a pas qu’un seul type d’autisme, mais plutôt un spectre assorti de différents facteurs génétiques et environnementaux. Les symptômes du TSA se manifestent habituellement après la première année de vie et avant l’âge de trois ans. Toutefois, beaucoup d’enfants atteints du TSA présentent des signes en très bas âge, comme la diminution de l’attention portée aux visages et aux yeux, et l’absence de sourire social. Les enfants atteints du TSA présentent souvent des difficultés langagières dont la gravité varie. Les difficultés cognitives les plus courantes touchent les fonctions exécutives et la théorie de l’esprit. Les enfants atteints du TSA peuvent avoir un cortex sensoriel hypersensible. Cela les rend extraordinairement sensibles à la lumière, au bruit et à d’autres sensations. Bien qu’il n’y ait actuellement aucun traitement curatif pour le TSA, une combinaison de dépistage précoce et de thérapies comportementales s’est avérée efficace pour améliorer le développement social et la fonction cognitive chez les personnes ayant l’autisme. Le TSA est beaucoup plus fréquent chez les garçons que chez les filles.

L’un des champs d’intérêt de Stuart Shanker, Ph. D., est la recherche neurobiologique auprès de jeunes enfants ayant l’autisme. L’activité dans la région du cerveau appelée le cortex cingulaire antérieur est réduite chez les enfants ayant l’autisme. Cette région est importante pour nous permettre de comprendre les signaux sociaux comme les expressions faciales. Ils ont de la difficulté à « lire » les émotions des autres. Shanker examine les effets d’une intervention thérapeutique intense sur cette partie du cerveau lorsque les enfants sont âgés de deux à quatre ans.

Dans la première vidéo, il explique la technologie utilisée dans son laboratoire pour obtenir une « photographie » du cerveau.

VISIONNER Shanker – l’étude du cerveau (2:24)

Shanker explique ensuite certaines façons dont l’activité du cerveau des enfants ayant l’autisme diffère de celle des enfants ayant un développement typique, et discute des moyens utilisés pour essayer de mesurer les changements résultant d’une intervention thérapeutique.

VISIONNER Shanker – étudier le traitement de l’autisme et les changements cérébraux (2:05)

Le but de la recherche de Shanker est de voir si, en soumettant des enfants en bas âge à une thérapie DIR (basée sur le développement, l’individualité et les relations), le cerveau peut être stimulé de façon à fonctionner normalement; c’est-à-dire que l’enfant est mieux en mesure de comprendre les signaux affectifs et de traiter l’information sociale inconsciemment. Cela aurait le potentiel d’être plus efficace qu’enseigner aux enfants ayant l’autisme les réactions sociales appropriées par la mémorisation par cœur. Lorsque les enfants sont très jeunes, leur cerveau est plus « plastique », le moment auquel une intervention DIR est réalisée est donc important.

VISIONNER Shanker – la trajectoire du développement du cerveau (4:46)

Shanker explique que l’intervention vise à améliorer la capacité des enfants à avoir des relations et des interactions sociales.

De quelle façon une capacité d’interaction sociale améliorée soutient-elle des résultats positifs chez les enfants dont les trajectoires de développement du cerveau sont modifiées?

Shanker explique l’importance des pourvoyeurs de soins ou des parents pendant la thérapie. Pendant votre écoute, gardez en tête le contenu précédent du présent module concernant l’importance des pourvoyeurs de soins et des environnements bienveillants.

VISIONNER Shanker – la thérapie et les pourvoyeurs de soins (1:13)

Shanker décrit la Milton and Ethel Harris Research Initiative à la York University et les travaux qui y sont menés. En plus du travail intensif auprès des enfants à l’aide de la méthode DIR, les chercheurs se sont penchés sur la façon dont la thérapie a touché les parents de l’enfant ayant l’autisme.

VISIONNER Shanker – la Milton and Ethel Harris Research Initiative (5:21)

Le programme de traitement mis au point par Shanker et ses collègues au centre MEHRIT présente des résultats initiaux prometteurs (Casenhiser, Shanker et Stieben, 2013). Les enfants ayant l’autisme ont présenté d’importantes améliorations dans leurs interactions sociales à la suite du traitement. On peut donc penser que le traitement devrait être axé sur les capacités développementales des enfants plutôt que sur l’enseignement de comportements particuliers. Toutefois, l’autisme est une condition complexe et la plupart des chercheurs s’entendent pour dire qu’aucune intervention unique ne convient à tous les enfants, ni même à la majorité d’entre eux. Les chercheurs reconnaissent cependant que les interventions en bas âge améliorent les chances d’épanouissement personnel des personnes ayant l’autisme.

Dans la prochaine vidéo, Daniel Keating, Ph. D., à l’Institute for Social Research de la University of Michigan, discute du potentiel lié à la détection et aux interventions en bas âge.

VISIONNER Keating – les interventions en bas âge (0:46)

Le site Web d’Autisme Canada fournit de l’information sur les caractéristiques, les diagnostics, les ressources et les recherches. Consultez ce site pour en savoir plus.

Dans la vidéo qui suit, Charles Nelson, Ph. D., explique plus en détail les applications possibles des travaux sur la reconnaissance faciale, particulièrement la reconnaissance des émotions, chez les enfants ayant différents déficits d’apprentissage et troubles du développement, comme l’autisme.

VISIONNER Nelson – les difficultés d’apprentissage (3:53)

L’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants compte une série d’articles rédigés par des chercheurs étudiant l’autisme. Les articles comprennent une perspective historique des diagnostics d’autisme et de ses traitements. Ils soulignent les défis auxquels font face les membres du personnel en recherche, en petite enfance et en intervention pour réussir à comprendre l’autisme et les meilleures manières de soutenir les enfants et les familles vivant avec ce trouble.

De quelle façon la compréhension de l’autisme de Shanker rejoint-elle la perspective d’autres chercheurs qui examinent l’autisme?