1. Développement du cerveau à la petite enfance
La formation et la croissance du cerveau humain sont sans aucun doute deux des exploits les plus remarquables de la construction humaine… La connaissance du développement du cerveau est essentielle pour comprendre le développement de l’enfant » (Nelson, 2011, p. 45).

Au cours des dernières années, l’explosion de nouvelles connaissances scientifiques portant sur le développement du cerveau humain à la petite enfance a modifié notre façon de penser. Nous avons une meilleure compréhension de l’importance des expériences quotidiennes pour favoriser le développement sain des cerveaux. Cela est grandement attribuable aux nouvelles connaissances sur l’interaction entre les gènes et les expériences, et la nature sensible et réactive du cerveau.
La plupart des interactions naturelles des parents avec leurs bébés ont tendance à être très favorables au développement sain du cerveau.
La vidéo ci-dessous présente trois scènes d’interactions entre le bébé et ses parents. Remarquez la façon dont chacun des parents réagit à son bébé et interagit avec lui.
Dans les vidéos, quels exemples voit-on des parents suivant l’exemple du bébé?
Comment les parents ont-ils montré qu’ils remarquaient les signaux sociaux subtils du bébé?
Comment décririez-vous le ton affectif de ces scènes?
Le cerveau humain est un organe complexe de trois livres qui est au centre du comportement et du développement chez les humains. Notre cerveau orchestre notre développement physique, social, affectif, linguistique et cognitif. Notre personnalité, nos émotions, notre langage, notre attention, notre mémoire et nos réflexions, toutes ces fonctions reposent sur le cerveau. Notre cerveau dirige notre apprentissage, notre interprétation de l’information et notre comportement. Il régit également le fonctionnement de notre système immunitaire et hormonal, qui influe sur notre comportement et notre santé physique et affective. Essentiellement, notre cerveau façonne notre identité.
Examinons…
Jillian est âgée de dix mois. Elle se trouve sur un terrain de jeu du quartier avec sa grand-mère. Elle est endormie dans sa poussette, donc sa grand-mère s’assoit sur un banc à l’ombre d’un grand arbre. Jillian se réveille et commence à pleurer. Sa grand-mère se penche rapidement devant la poussette et caresse la tête de Jillian en lui disant « Bonjour Jillian. J’espère que tu t’es bien reposée. » Jillian regarde dans les yeux de sa grand-mère et cesse de pleurer… En savoir plusDe quelle façon croyez-vous que ce type d’expérience spontanée de la vie de tous les jours influence le développement du cerveau de Jillian?
Comment ce type d’expérience contribue-t-il à poser les fondements pour l’avenir de Jillian?
Nous savons maintenant que le cerveau humain est très réceptif, particulièrement pendant la petite enfance. Nos premières expériences en bas âge et pendant l’enfance influencent notre développement cérébral jusqu’à l’âge adulte et la sénescence. Simultanément, notre cerveau demeure ouvert aux influences environnementales durant tout notre vivant.
Le développement du cerveau se compare à un arbre qui grandit et se développe en réagissant à son environnement. Tout comme un arbre réagit à la lumière du soleil, à l’eau et au sol, notre cerveau réagit à l’environnement physique et social qui nous entoure. Réfléchissez à ce qui suit :
Dans la vidéo suivante, Stuart Shanker, Ph. D. et professeur émérite de recherche à la York University, souligne que la nature actuelle de notre cerveau témoigne d’une évolution. Il y a environ cinq millions d’années, nos ancêtres hominidés ont cessé de vivre dans les arbres. Ils ont commencé à marcher debout, et le cerveau des premières espèces humaines s’est mis à grossir. Ainsi, pour accommoder la grande taille du cerveau et la posture verticale, tout en permettant aux femmes d’accoucher, les bébés humains naissent prématurément. En fait, à la naissance d’un bébé humain à terme, le cerveau a une taille équivalant à un quart du cerveau adulte, mais il connaît une croissance fulgurante au cours des premières années de vie.
Dans la vidéo suivante, Shanker explique le rôle vital des pourvoyeurs de soins dans le développement du cerveau en bas âge.
Shanker souligne que l’espèce humaine est celle qui a la meilleure capacité d’adaptation. Cela s’explique par le fait qu’à la naissance, notre cerveau est essentiellement immature. Le développement du cerveau est étroitement lié aux interactions des pourvoyeurs de soins avec l’enfant. Pendant le visionnement de la prochaine vidéo, réfléchissez à ce que Shanker dit sur la façon dont les gestes et les expressions du visage des parents aident l’enfant à comprendre les expériences qu’il vit.
Dans la vidéo suivante, Anne Rundle, consultante et conceptrice de curriculum centré sur le développement de l’enfant, explique comment les pratiques autochtones traditionnelles pendant la période prénatale et après la naissance favorisent le développement du cerveau.
Réfléchissez à la gamme de pratiques parentales partout dans le monde. De quelle façon les réactions d’un pourvoyeur de soins peuvent-elles influer sur la vision du monde d’un enfant?
Comment croyez-vous que la sensibilité des parents que l’on peut voir dans les vidéos ci-dessus soutiennent le développement du cerveau de leur bébé?
Qu’en est-il des adultes autour de l’enfant qui sont stressés pour une raison ou une autre? Ces comportements pourraient-ils avoir une influence?
Les adultes qui possèdent des connaissances sur le développement du cerveau peuvent apporter de grands changements dans la vie de l’enfant sur le plan de sa croissance, de son apprentissage et de son développement. Fiona Stanley, Ph. D. et professeure émérite à la School of Paediatrics and Child Health de la University of Western Australia, explique que notre nouvelle compréhension du développement du cerveau à la petite enfance nous aide à voir comment la stimulation quotidienne des bébés et des jeunes enfants, et les interactions affectueuses avec eux qui composent les moments de l’enfance, travaillent ensemble au bénéfice des enfants et des sociétés. Jean Clinton, Ph. D. et professeure de psychiatrie et de neurosciences comportementales à la McMaster University, renchérit sur cette idée en expliquant que les interactions affectueuses peuvent en fait « bâtir » le cerveau du bébé.
Pourquoi Fiona Stanley croit-elle qu’il est important que les personnes travaillant avec des jeunes enfants et les familles connaissent le processus de développement du cerveau à la petite enfance?
Dans quelle mesure pensez-vous que les personnes qui travaillent avec de jeunes enfants soient au courant de ce sujet? Qu’en est-il des familles elles-mêmes? Par quels moyens pourrait-on communiquer ces connaissances?
Croyez-vous que le message de Jean Clinton, « l’amour bâtit les cerveaux », pourrait aider les parents et les pourvoyeurs de soins à mieux comprendre comment réagir aux bébés?
Le développement du cerveau et de la biologie pendant la petite enfance est un domaine de recherche vaste et complexe. Nous vous proposons quelques notions clés dans la présentation suivante, qui seront examinées plus en profondeur dans le présent module.
Le résumé suivant, d’Unicef, examine le cerveau et le développement à la petite enfance.
Consultez les chapitres 1 et 4 du rapport pour obtenir un résumé plus détaillé.
Ces rapports d’Unicef traitent de la nécessité de nous concentrer sur tous les domaines du développement. Avez-vous déjà vu des programmes en matière de petite enfance qui sont trop axés sur les capacités cognitives et langagières et qui ne le sont pas suffisamment sur le développement social et affectif? De quelle façon pourrions-nous promouvoir une approche plus équilibrée qui tient compte de tous les domaines du développement?
Réfléchissez à votre propre situation sociale et à vos relations avec les pourvoyeurs de soins adultes pendant que vous grandissiez. Comment pensez-vous qu’elles ont influencé votre propre développement?
La lecture suivante est tirée de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Feu Fraser Mustard, Ph. D., du Founder’s Network, y explique les concepts clés intervenant dans le développement humain à la petite enfance, comme les effets de l’environnement sur l’architecture et la fonction du cerveau, les processus épigénétiques chez les animaux et les humains, et les interventions potentielles chez les enfants en bas âge afin de soutenir le développement sain.
