Stanley – les expériences nourricières
C’est avec enthousiasme que nous avançons parce que nous en savons maintenant plus que jamais sur le développement du cerveau et le développement de l’enfant. Bien sûr, nous avions l’habitude d’avoir ces connaissances de façon intuitive. Lorsque je parle à certains de nos chercheurs et collègues autochtones, l’équivalent de vos membres des Premières Nations, ils me disent : « Pourquoi faites-vous des recherches à ce sujet? Cela fait 40 000 ans que nous savons ces choses. » Et je leur réponds : « Nous semblons l’avoir oublié. » Nous semblons avoir oublié à quel point ces premières années sont importantes pour le développement des connaissances, la capacité à interagir avec ses pairs, la capacité de comprendre son environnement et d’être en mesure d’y exister avec compétence. Et aussi pour vivre ces merveilleuses interactions sociales qui permettent à l’enfant d’être une personne intellectuellement et socialement compétente. Nous avons oublié à quel point ces premiers temps sont d’une grande importance. Quand on y pense, cela est tout à fait logique. C’est parfaitement logique.
Mais ce qui prouve être très important et passionnant, c’est la recherche en neurosciences. La recherche sur le cerveau a montré à quel point le développement du cerveau est incroyablement important, à la fois in utero, dans le ventre de la mère, et dans ces trois, quatre, cinq premières années de la vie. Bien qu’il y ait évidemment une composante génétique assez importante pour la structure individuelle du cerveau, nous avons en fait tous un cervelet, nous avons tous un cortex, nous avons tous un complexe amygdalien, nous avons tous un cortex temporal, et ainsi de suite. Mais les façons dont ces parties du cerveau travaillent ensemble et acquièrent des compétences in utero, dans ces premières années, sont attribuables aux environnements sociaux qui entourent un enfant. Cela se rapporte aux informations sensorielles fournies; il s’agit de la façon dont les pairs, les parents, l’environnement dans lequel l’enfant évolue, les entrées auditives, visuelles, et aussi celles qui activent le cortex frontal, en particulier l’environnement nourricier, la réponse appropriée aux pleurs, l’allaitement, la lecture à l’enfant, la parole, les choses vraiment ridicules que l’on raconte à un enfant, toutes ces informations sensorielles développent en fait la compréhension des interactions sociales pour l’enfant. Et en fait, nous savons maintenant que cela allume des voies neuro-endocriniennes particulières dans le cerveau. Un processus merveilleux. Cela nous communique donc un message fort sur l’importance de ces interactions et le besoin d’enseigner ces interactions aux parents. Ces interactions ne sont pas négligeables; elles sont même d’une importance vitale et centrale pour la façon dont cet enfant évoluera rendu à l’âge de 10 ans, à l’âge de 20 ans et même à l’âge de 50 et 60 ans. Et voilà où les solutions entrent en jeu. Nous sommes tenus de fournir ces connaissances aux parents, aux collectivités, aux familles, aux gouvernements, aux administrations locales, aux états, ou plutôt à vos provinces et à votre gouvernement fédéral. Parce que les capacités futures de cet enfant, de cette famille, de cette collectivité, de cette nation, dépendent de l’efficacité avec laquelle nous activons ces voies neuronales et donnons aux cerveaux la chance d’établir de bonnes connexions. Passionnant. Simple. Magnifique.
