2.1 Déterminants sociaux de santé, d’apprentissage et de comportement
Examinons…
Aliya est âgée de 25 ans et elle est mère de quatre enfants âgés de 7 ans et moins. Elle a abandonné l’école… En savoir plusGardant à l’esprit que ces scénarios sont simplistes et fictifs, quels sont les facteurs qui jouent en faveur et contre chacune des familles?
Parmi ces facteurs, est-ce que certains d’entre eux sont des déterminants sociaux?
La responsabilité d’offrir un appui à ces familles revient-elle à la société? Si oui, quels types de politiques et de programmes seraient utiles ou protecteurs?
Nous vous avons présenté le concept des déterminants sociaux de la santé dans la section « Aperçu » du module. Sur la présente page, nous examinerons des recherches qui se rapportent aux déterminants sociaux.
… les déterminants sociaux de la santé portent sur la quantité et la qualité des diverses ressources qu’une société choisit d’offrir à ses membres […] de plus en plus de données probantes montrent que la répartition inéquitable des déterminants sociaux de la santé entraîne des écarts inévitables dans les résultats de santé ou des iniquités en santé parmi les Canadiens. (Raphael, 2016. p. 7)
Des recherches pionnières innovantes sur les déterminants sociaux de la santé, les études de Whitehall, ont été menées par Sir Michael Marmot et des collègues.
Marmot, professeur d’épidémiologie à la University College London, discute de ces études dans la prochaine vidéo.
Les études ont relevé un gradient social de santé clair et durable au sein des fonctionnaires britanniques. Il serait facile de supposer que les résultats des études de Whitehall sont propres à la société britannique, à ce moment particulier, seulement. Mais dans la prochaine vidéo, Marmot explique pourquoi cette supposition serait fausse.
Marmot affirme que les gradients sociaux montrent « qu’il faut prendre des mesures à l’échelle de la société, et non seulement à l’intention des personnes en situation de pauvreté. Si on se concentre seulement sur le niveau inférieur, on manque la plus grande partie du problème. » Qu’est-ce que cela signifie?
Comment la recherche sur le gradient soutient-elle cet argument?
Adversité et changement épigénétique
Les environnements adverses de pauvreté, de négligence et de traumatismes influencent l’expression des gènes qui interviennent dans le développement et la régulation du système nerveux chez les enfants, des fonctions qui orientent le développement du cerveau, calibrent la réaction au stress et influencent le risque de développer une maladie mentale et d’autres troubles durant la vie. De la même façon, les environnements de petite enfance positifs qui offrent de la bienveillance, du soutien et de la stabilité peuvent influencer l’expression des gènes, donnant lieu à une diminution du risque de développer un problème de santé mentale et à une optimisation de la préparation du cerveau en vue de l’apprentissage et du développement social et affectif normal. (Sokolowski et Boyce, 2017a, paragr. 3)
Thomas Boyce, Ph. D., est pédiatre et professeur émérite distingué au département de pédiatrie et de psychiatrie à la University of California, à San Francisco. Dans la prochaine vidéo, il explique que les chercheurs examinent le désavantage social pour voir quelles modifications épigénétiques pourraient survenir en raison d’une exposition à des conditions sociales stressantes. Les modèles animaux ont présenté certains résultats intéressants. Leur application aux humains est à l’étude.
La prochaine lecture, provenant de l’Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, offre un aperçu des données probantes montrant que les circonstances adverses touchent les gens et les animaux à l’échelle cellulaire, fournissant essentiellement la preuve physique de la présence des déterminants sociaux de la santé.
Pouvez-vous donner des exemples de corrélation entre l’adversité et les modifications génétiques chez les humains et les animaux?
Comment pourriez-vous utiliser cette information?
Si vous tentiez de convaincre une personne de l’importance des interventions visant à réduire ou à atténuer l’adversité dans la vie des enfants et des familles, quels arguments utiliseriez-vous pour plaider en faveur du changement?
Dans la vidéo suivante, Noralou Roos, Ph. D. et fondatrice du Centre manitobain des politiques en matière de santé de l’Université du Manitoba, explique les façons dont différents facteurs de risque influent sur la santé d’un enfant. Elle discute des facteurs sociaux, comme des parents ayant un faible revenu ou une mère adolescente, ainsi que des facteurs biomédicaux, comme une naissance prématurée ou un faible poids à la naissance.
Roos explique certaines données portant sur les facteurs de risque à la petite enfance et leur incidence sur le développement ultérieur. Elle aborde également la question de savoir s’il existe des différences sur le plan des caractéristiques à la naissance entre les enfants qui présentent des facteurs de risque et ceux qui n’en ont pas.
Quelles caractéristiques sociales se sont révélées être des facteurs de risque pour les enfants dans les recherches de Roos? Pourquoi pensez-vous que ces caractéristiques ne sont pas généralement reconnues comme des facteurs de risque biomédicaux (p. ex., une naissance prématurée)?
Roos pose la question suivante : « Comment inciter les gens à se préoccuper de ces facteurs? » Comment répondriez-vous à cette question?
Vous fondant sur les données dont Roos discute, dans quel domaine croyez-vous qu’il faudrait faire des investissements pour améliorer la santé et le bien-être des enfants? Comment pourriez-vous utiliser cette information pour plaider en faveur de politiques et de programmes qui soutiennent de meilleurs résultats pour les enfants?
Écoutons maintenant Butler-Jones, Ph. D. et ancien administrateur en chef de la santé publique au Canada, qui répond à la question de savoir quels sont les enjeux les plus urgents en matière de santé pour les enfants au Canada de nos jours. Dans la deuxième vidéo, il explique pourquoi il est important de fixer des trajectoires saines tôt dans la vie.
La série de la revue The Lancet sur le développement de la petite enfance
La série de revue The Lancet de 2016, « Promouvoir le développement de la petite enfance : des données scientifiques à la mise en œuvre d’interventions à grande échelle », contient une multitude de recherches les plus récentes en matière de développement de la petite enfance, notamment des méta-analyses compilées de façon collaborative par des experts reconnus du domaine du développement de la petite enfance. Pendant votre lecture du résumé, réfléchissez à la mesure dans laquelle la gestion des déterminants sociaux de la santé est essentielle à l’amélioration, non seulement de la vie des enfants, mais de la santé de la population dans son ensemble.
La première page du résumé commence par la citation suivante :
« Le développement sain des jeunes enfants nécessite des soins attentifs, ceux-ci assurant la santé, la nutrition, des soins réactifs, la sûreté et la sécurité, et l’apprentissage en bas âge.»
De quelle façon tous ces facteurs sont-ils des exemples de déterminants sociaux de la santé?
Pouvez-vous nommer au moins un élément de preuve pour chacun des principaux messages cités dans le résumé?
Face à une personne qui n’œuvre pas dans le secteur, comment feriez-vous pour lui expliquer que le fardeau et le coût de l’inaction en matière de développement de la petite enfance est élevé?
Pourquoi la santé est-elle considérée comme le meilleur point de départ pour atteindre les plus jeunes enfants?
Zulfiqar Bhutta, Ph. D. et directeur fondateur du Centre of Excellence in Women and Child Health à la Aga Khan University, offre son point de vue sur les déterminants sociaux dans un pays à faible revenu.
Quelles recommandations sont énoncées dans la vidéo en vue d’améliorer l’accès aux programmes de garde et d’apprentissage des jeunes enfants?
Dans votre région du monde, y a-t-il des politiques et des initiatives nationales visant l’atteinte de ces objectifs?
Vous voulez en savoir plus? Série de The Lancet sur le développement de la petite enfance
Dans les trois prochaines vidéos, Maureen Black, Ph. D. et professeure de pédiatrie à la University of Maryland, décrit l’évolution de l’influente série de The Lancet sur le développement de la petite enfance.
Vous voulez en savoir plus? Programmes de transferts conditionnels en espèces
Partout dans le monde, les chercheurs examinent comment les privations et les défis de la pauvreté influencent expressément la vie des enfants; si les investissements atteignent les enfants; et quelles stratégies et politiques sont les plus efficaces pour réduire la pauvreté infantile. Les programmes de transferts conditionnels en espèces constituent une stratégie utilisée pour briser le cycle de la pauvreté. Lia Fernald, Ph. D. et professeure de sciences de la santé communautaire à la School of Public Health de la University of California, à Berkeley, décrit le fonctionnement des programmes de transferts en espèces, qui, en plus de permettre de répondre aux besoins à court terme des familles, ont une influence positive sur la santé et le développement à long terme des enfants de ces familles.
Dans les vidéos qui suivent, Fernald décrit certaines des constatations issues de l’évaluation du programme.
Comment les programmes de transferts conditionnels en espèces soutiennent-ils et améliorent-ils les facteurs protecteurs dans la vie des enfants?
Croyez-vous que les programmes de transferts en espèces pourraient fonctionner dans des pays plus riches? Pourquoi ou pourquoi pas?