Roos – la comparaison des facteurs sociaux et biomédicaux de la santé
Nous avons examiné ces données d’une autre façon afin d’essayer de comprendre les facteurs qui entrent en compte dans les résultats des enfants. Nous avons fait la comparaison entre l’effet des facteurs sociaux et l’effet des facteurs de risque biomédicaux. Je n’ose pas dire que tout le monde le sait, mais il est généralement reconnu que lorsqu’un enfant naît très prématurément ou lorsqu’il naît avec un très faible poids à la naissance, il s’agit d’un enfant à risque, et les pédiatres ont tendance à les suivre de très près. Ils pourraient consulter la mère, lui demander d’amener l’enfant plus rapidement, ils pourraient mobiliser des ressources intensives, des soins intensifs, ils savent que cet enfant est à risque et qu’il aura besoin de ressources pour lui permettre de se rétablir et de vivre une vie raisonnable.
Donc, l’une des choses que nous avons faites est d’examiner, au cours de la vie d’un enfant, si un enfant naît de façon extrêmement prématurée, ou s’il naît avec un extrêmement faible poids à la naissance, ou avec un faible poids à la naissance ou s’il naît de façon modérément prématurée, dans quelle mesure la santé de cet enfant est en situation de risque, en fonction de ces caractéristiques de naissance. Et nous constatons que ces facteurs correspondent à des taux élevés d’hospitalisation tout au long de leur vie, ou de leur enfance, comme nous nous y attendions. Nous avons également examiné : « Qu’en est-il des enfants qui, à la naissance, font partie d’une famille pauvre, qui ont des parents bénéficiant de l’aide sociale ou qui vivent dans un quartier très pauvre. Ou qu’en est-il d’un enfant d’une mère adolescente? De quelle façon cette caractéristique sociale, que signifie-t-elle en matière de caractéristiques de santé pour l’enfant au cours de son enfance? Quelle est la probabilité que ces enfants soient hospitalisés, en moyenne, au cours de leur enfance? Et quelle est la comparaison entre ces facteurs de risque par rapport aux facteurs de risque biologiques dont nous sommes si convaincus? »
Et l’un des résultats les plus remarquables issus de la présente recherche est que nous avons trouvé que les risques pour la santé attribuables aux facteurs sociaux, soit la pauvreté et les jeunes mères, sont très proches de ceux attribuables aux facteurs biologiques. Et généralement, un enfant à risque en raison de facteurs sociaux n’est pas reconnu comme étant un enfant à risque par les médecins, ou par la société.
Donc, l’une des choses que nous avons essayé de faire, c’est de souligner cette différence. Aussi, il existe beaucoup plus d’enfants ayant des facteurs de risque sociaux que d’enfants ayant des facteurs de risque biologiques. Heureusement, il est vraiment inhabituel pour les enfants, très peu d’enfants naissent avec un très faible poids à la naissance ou de façon extrêmement prématurée. Mais ce que nous essayons de communiquer, c’est que nous devrions traiter les facteurs de risque sociaux avec autant de sérieux que les facteurs de risque biologiques.
Après avoir examiné ces données, la première question qui me vient à l’esprit est : « Comment pouvons-nous amener les gens à se soucier de ces questions, soit des facteurs sociaux, de la même manière qu’ils se soucient des facteurs biologiques? » Et je dois admettre que j’ai été vraiment heureuse d’apprendre qu’il y a un tout nouveau domaine en pédiatrie, la médecine vouée aux enfants, qui commence à comprendre cela, en fait, on l’appelle la « pédiatrie sociale ». Ces pédiatres reconnaissent l’importance des facteurs sociaux et commencent à essayer d’enseigner à leurs collègues la façon de réfléchir à ces questions et la façon de plaidoyer auprès du gouvernement. En fait, nous devons investir dans le développement des jeunes enfants, il s’agit d’une période extrêmement importante. En particulier, nous devons cibler ces groupes à risque élevé, soit les groupes sociaux à risque élevé, et non seulement les groupes biologiques à risque élevé.
