{"id":2880,"date":"2025-04-14T19:27:12","date_gmt":"2025-04-14T19:27:12","guid":{"rendered":"https:\/\/content.scienceofecd.com\/transcript\/?page_id=2880"},"modified":"2025-04-14T19:27:12","modified_gmt":"2025-04-14T19:27:12","slug":"transcript-brussoni-risk-reframing-tool-part-1-fr","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/content.scienceofecd.com\/transcript\/transcript-brussoni-risk-reframing-tool-part-1-fr\/","title":{"rendered":"Transcript Brussoni \u2013 risk reframing tool part 1 \u2013 FR"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis docteure Mariana&nbsp;Brussoni et je suis membre de la facult\u00e9 du Department of Pediatrics et de la School of Population and Public Health de l\u2019Universit\u00e9 de la Colombie-Britannique. Je suis aussi scientifique au BC Children\u2019s Hospital Research Institute et au BC Injury Research and Prevention Unit. Mes recherches r\u00e9centes \u00e9taient ax\u00e9es sur le jeu risqu\u00e9 du point de vue de la psychologie du d\u00e9veloppement et de la pr\u00e9vention des blessures. J\u2019aimerais commencer en vous pr\u00e9sentant ce qu\u2019est le jeu risqu\u00e9. Il s\u2019agit de formes de jeu palpitant et captivant qui comportent de l\u2019incertitude et un risque de blessures physiques. Lorsque l\u2019on parle du jeu risqu\u00e9 aux enfants, ils disent que c\u2019est exaltant, mais qu\u2019ils ont peur, ou que \u00e7a chatouille l\u2019estomac, ou que c\u2019est effrayant et amusant en m\u00eame temps. Dans certains de ses travaux, la pionni\u00e8re de ce domaine, Ellen&nbsp;Sandseter, traite de ce sentiment ressenti de peur et d\u2019amusement. Nous r\u00e9p\u00e9tons souvent que le jeu risqu\u00e9 rel\u00e8ve du participant, et non pas de l\u2019observateur, ni de qui que ce soit d\u2019autre. C\u2019est l\u2019enfant m\u00eame qui d\u00e9termine ce qui est risqu\u00e9 pour lui. Dans ses travaux, Ellen&nbsp;Sandseter d\u00e9crit six diff\u00e9rents types de jeu risqu\u00e9. Le premier est le jeu avec de la vitesse, par exemple, lorsqu\u2019on court tr\u00e8s vite ou qu\u2019on descend une pente \u00e0 v\u00e9lo; le jeu en hauteur, lorsqu\u2019on grimpe un arbre ou une structure \u00e9lev\u00e9e; le jeu avec des outils dangereux, comme un marteau ou des clous, par exemple, lorsqu\u2019on construit une cabane dans un arbre; le jeu avec des \u00e9l\u00e9ments dangereux comme le feu ou l\u2019eau, par exemple, lorsqu\u2019on fait r\u00f4tir des guimauves au-dessus d\u2019un feu ou qu\u2019on allume un feu; le jeu turbulent, lorsqu\u2019on s\u2019amuse \u00e0 se bagarrer; le jeu avec le risque de se perdre, comme lorsque les enfants ont le droit de se promener dans leur voisinage sans adultes ou, pour les plus jeunes, par exemple un tout-petit, lorsqu\u2019il se cache derri\u00e8re un buisson, m\u00eame si les parents savent tr\u00e8s bien o\u00f9 il est. Il est important de garder \u00e0 l\u2019esprit que le jeu risqu\u00e9 est tr\u00e8s diff\u00e9rent d\u2019un enfant \u00e0 l\u2019autre, non seulement parce que les enfants pourraient avoir diff\u00e9rents niveaux de comp\u00e9tences, mais aussi parce qu\u2019ils pourraient avoir diff\u00e9rents niveaux d\u2019aise avec la prise de risques. Comme je l\u2019ai dit, je fais partie de la BC Injury Research and Prevention Unit et mon int\u00e9r\u00eat \u00e0 propos de ce sujet pourrait sembler contre-intuitif, mais notre approche \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la pr\u00e9vention des blessures en tenant compte des concepts du jeu risqu\u00e9 est d\u2019adopter une approche comme celle que d\u00e9finit la Royal Society for the Prevention of Accidents, au Royaume-Uni. Celle-ci a pour principe que nous devrions tenter de garder les enfants autant en s\u00e9curit\u00e9 que n\u00e9cessaire, et non autant que possible. Cela signifie que plut\u00f4t que d\u2019essayer d\u00e9pr\u00e9venir chaque petit cas de blessures et de blessures mineures et de pr\u00e9voir toutes les possibilit\u00e9s, nous essayons de pr\u00e9venir les cas majeurs et les blessures graves tout en conservant les possibilit\u00e9s de jeu risqu\u00e9 auquel les enfants peuvent participer dans des milieux o\u00f9 ils ne sont pas en situation de grand danger. J\u2019aimerais maintenant vous parler d\u2019un de nos projets et vous donner un peu de contexte pour expliquer sa raison d\u2019\u00eatre. Notre soci\u00e9t\u00e9 est tr\u00e8s ax\u00e9e sur ce que j\u2019appelle la garde d\u2019enfants fond\u00e9e sur l\u2019anxi\u00e9t\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire que nous d\u00e9cidons ce que les enfants peuvent faire, les endroits o\u00f9 ils peuvent jouer et autres en nous basant sur nos propres anxi\u00e9t\u00e9s. Il peut s\u2019agir de diverses craintes, comme avoir peur que l\u2019enfant se blesse. Un directeur d\u2019\u00e9cole ayant peur de situations de responsabilit\u00e9. La peur que l\u2019enfant se fasse kidnapper. Nos d\u00e9cisions se fondent sur ce type de facteur plut\u00f4t que sur ce dont l\u2019enfant a r\u00e9ellement besoin et ce qui est le mieux pour lui. Pour donner quelques exemples statistiques, selon des sondages r\u00e9alis\u00e9s r\u00e9cemment, par exemple, aux \u00c9tats-Unis ou encore ailleurs dans le monde, pr\u00e8s de 50&nbsp;% des parents sont inquiets que leur enfant se fasse enlever. Cette peur limite consid\u00e9rablement leur volont\u00e9 \u00e0 laisser leurs enfants jouer dehors. Et 62&nbsp;% des parents disent qu\u2019ils sont surprotecteurs, mais la plupart d\u2019entre eux croient que ce type de comportement est n\u00e9cessaire dans ce monde qu\u2019ils per\u00e7oivent comme \u00e9tant tr\u00e8s dangereux. Aussi, 56&nbsp;% des parents disent que leurs enfants devraient avoir au moins 10&nbsp;ans avant de pouvoir jouer devant la maison sans supervision, pendant qu\u2019un adulte est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Ces r\u00e9ponses sont pr\u00e9occupantes, mais ce qui m\u2019inqui\u00e8te le plus est que les tendances semblent indiquer que la situation s\u2019aggrave. Cela signifie que la zone dans laquelle les enfants peuvent errer est en train de rapetisser. Cela n\u2019a pris que quelques ann\u00e9es, comme l\u2019indiquent ces donn\u00e9es de&nbsp;2009, o\u00f9 le pourcentage de parents permettant \u00e0 leurs enfants de&nbsp;7 \u00e0 12&nbsp;ans de jouer dehors seuls \u00e9tait de 80&nbsp;%. Cinq ans plus tard, selon la m\u00eame m\u00e9thode, il \u00e9tait de 75&nbsp;%. Il s\u2019agit d\u2019une baisse de 5&nbsp;% en un tr\u00e8s court d\u00e9lai. Les r\u00e9ponses des enfants indiquent aussi une baisse dans le nombre d\u2019enfants pr\u00e9f\u00e9rant jouer dehors, passant de 58&nbsp;% \u00e0 51&nbsp;% sur une p\u00e9riode de cinq ans. C\u2019est inqui\u00e9tant parce qu\u2019ils s\u2019habituent de plus en plus \u00e0 trouver des activit\u00e9s int\u00e9rieures, entra\u00eenant toutes sortes de r\u00e9percussions sur le plan de la sant\u00e9 et du d\u00e9veloppement, que nous traiterons sous peu. De plus, les enfants eux-m\u00eames semblent en avoir assez et il y a des projets tr\u00e8s int\u00e9ressants, m\u00eame des vid\u00e9os en ligne, o\u00f9 les enfants indiquent en avoir assez d\u2019\u00eatre surprot\u00e9g\u00e9s. Selon ce sondage particulier, 56&nbsp;% des enfants et des jeunes veulent \u00eatre plus autonomes, et 58&nbsp;% pensent que les adultes sont surprotecteurs. Auparavant, nous avions des enfants ayant l\u2019habitude d\u2019aller jouer dehors et d\u2019\u00eatre actifs. Les enfants sont plus actifs \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et b\u00e9n\u00e9ficient de toutes sortes de possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Ils en sont maintenant \u00e0 un point o\u00f9 ils passent plus de temps devant des \u00e9crans et sont beaucoup moins actifs. Toutes ces peurs sont-elles justifi\u00e9es? Selon les statistiques canadiennes, elles ne le sont pas. Elles ne le sont pas pour la plupart des pays. Nous avons ici un tableau qui montre le taux de blessures des enfants de 1950 \u00e0&nbsp;2010 au Canada, et on peut voir qu\u2019il y a eu une \u00e9norme baisse au fil du temps. Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi s\u00e9curitaire d\u2019\u00eatre un enfant au Canada. Qu\u2019en est-il des enl\u00e8vements par des inconnus? C\u2019est une source d\u2019inqui\u00e9tude \u00e9norme pour les parents et une des principales raisons pour lesquelles ils ne laissent pas leurs enfants jouer dehors. En examinant les statistiques, on voit que les risques d\u2019enl\u00e8vement d\u2019un enfant par un inconnu sont de&nbsp;1 sur 14&nbsp;millions. Il s\u2019agit presque des m\u00eames probabilit\u00e9s que celles de gagner \u00e0 la Lotto&nbsp;649. C\u2019est donc vraiment tr\u00e8s improbable. Nous essayons maintenant de changer cette situation. Entre autres, nous avons particip\u00e9 \u00e0 une initiative collaborative nationale visant \u00e0 cr\u00e9er un \u00e9nonc\u00e9 de position sur le jeu actif \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 rendu public en&nbsp;2015 dans le bulletin de l\u2019activit\u00e9 physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION. \u00c0 la base, nous disions que l\u2019acc\u00e8s au jeu actif dans la nature et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;\u2013 avec ses risques&nbsp;\u2013 est essentiel au d\u00e9veloppement sain des enfants. Nous conseillons d\u2019accro\u00eetre les possibilit\u00e9s de jeu autodirig\u00e9 pour les jeunes \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans tous les milieux, \u00e0 la maison, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00e0 la garderie, dans la communaut\u00e9 et dans la nature. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 de position contient la recherche sur laquelle nous nous sommes fond\u00e9s, et celle-ci peut \u00eatre tr\u00e8s utile pour tenter d\u2019\u00e9duquer les parents dans notre pratique, ou nos coll\u00e8gues \u00e9ducateurs de la petite enfance. Cet \u00e9nonc\u00e9 de position a aussi \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile dans le travail de promotion \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale et nationale. Notamment, il a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 dans une d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame de la C.-B. concernant une affaire de blessures subies dans une aire de jeu contre un district de la province.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis docteure Mariana&nbsp;Brussoni et je suis membre de la facult\u00e9 du Department of Pediatrics et de la School of Population and Public Health de l\u2019Universit\u00e9 de la Colombie-Britannique. Je suis aussi scientifique au BC Children\u2019s Hospital Research Institute et au BC Injury Research and Prevention Unit. 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