Transcript - Yousafzai - le contexte du PEDS

Cet essai a été conçu car nous trouvions qu’il y avait de réelles lacunes en termes de mesures visant la petite enfance de la naissance à l’âge de deux et trois ans. Nous trouvions cela important car il existe un volume considérable de preuves en neurosciences qui indiquent comment moduler la qualité du développement du cerveau pendant ces années et combien compte l’intervention précoce. Nous savons que ce sont les agents de santé qui seront les plus à même de soutenir les familles et les très jeunes enfants. Dans de nombreux pays comme le Pakistan, nous savons que certains facteurs de risques, que nous rencontrons et qui empêchent le développement normal des enfants, comme la malnutrition, vont non seulement influencer le bien-être physique des enfants, mais également le développement de leur bien-être. C’est pour cela que les agents de santé sont bien placés pour mettre en application toutes les mesures que nous prenons pour améliorer la santé et le développement des enfants et les aider d’une façon plus globale. C’est notre raisonnement.

Nous avons commencé en juillet 2009. Nous sommes en partenariat avec des femmes agents de santé qui sont des agents de santé communautaires publiques. Nous souhaitions mettre en place des mesures réalistes pour qu’elles puissent intégrer un module sur le développement de l’enfant qui vienne compléter les services de santé et de nutrition qu’elles offraient déjà. Nous sommes donc partis du module Care for Child Development conçu par L’Unicef et l’OMS et l’avons adapté. Puis, nous avons formé et soutenu des femmes agents de santé pour qu’elles le mettent en œuvre ces 18 derniers mois. C’est donc un programme existant à l’échelle nationale au Pakistan. Les agents de santé fournissent des soins de santé basiques aux mères et aux enfants de communautés rurales et aux communautés défavorisées et isolées à travers le pays. Comme de nombreux autres agents de santé communautaires en Inde, au Bangladesh ou au Kenya, par exemple, leur niveau d’éducation est généralement équivalent au secondaire. Elles viennent des communautés locales dans lesquelles elles travaillent et elles n’ont qu’une formation de base en soins de santé et une charge de travail monumentale. Nous offrons à ces femmes agents de santé une formation préliminaire de trois jours et demi, ce qui ne représente pas beaucoup, et nous leur assignons un ou une superviseur(e) et un ou une conseiller(e) DPE qui leur fournit des formations et du mentorat continus sur le terrain. Ces femmes agents de santé prodigueront leurs soins à un groupe de mères de leur région une fois par mois. Elles feront des visites de suivi à domicile chez ces mères afin de voir comment elles s’en sortent à la maison et de leur apporter des conseils personnalisés.

L’avantage des réunions de groupe est l’interaction sociale qui en ressort. Les mères peuvent ainsi voir des enfants de tous âges grandir, voir comment les autres mères s’en occupent, apprendre les unes des autres pour qu’il y ait un échange de connaissances, et il y a l’aspect social, il a… Selon moi, ce système de réunions de groupe engendre une demande dans la communauté pour le développement de la petite enfance, il y a un message qui se diffuse. Les visites à domicile sont la clé pour renforcer les compétences des mères de manière individualisée. Ainsi les agents de santé peuvent assurer un suivi et intégrer la santé et la nutrition.

Aujourd’hui, nous commençons à voir que les mères font le lien entre toutes ces choses, le développement de l’enfant et les activités sont devenus le point central de leurs discussions sur tout ce qui touche aux enfants. C’est comme ça que cela fonctionne sur le plan opérationnel.