Weinberg – l’alcool et l’épigénétique pendant la période prénatale
Un champ maintenant très actif dans ce domaine, et dans lequel nous commençons aussi à travailler avec nos collègues de l’UCB, notamment Michael Kobor, notre collaborateur principal, est celui de l’épigénétique. L’épigénétique décrit les modifications de l’expression génique ayant lieu sans modification de l’ADN. L’ADN est ce qui compose les gènes, et nous avons tous entendu parler de la notion de mutation génétique, dans laquelle le gène subit une modification structurelle. L’épigénétique ne porte pas sur les modifications structurelles de l’ADN. L’ADN est normal et est le même pour tous. Ce qui diffère est la répartition des gènes activés ou inactivés, et le niveau auquel ils sont activés ou inactivés. Mike Kobor utilise toujours l’exemple d’un rhéostat servant à réguler l’éclairage. Nous pouvons allumer les lumières et les rendre plus claires ou plus sombres. C’est ainsi qu’on peut imaginer les changements dans l’expression des gènes. Ils sont exprimés à de haut ou à de bas niveaux. L’alcool et d’autres préjudices, comme les carences nutritionnelles, d’autres facteurs toxiques dans l’environnement et le stress en bas âge, prénatal et postnatal, semblent avoir des effets sur l’expression génique, soit l’activation ou l’inactivation des gènes. C’est ce que nous commençons à examiner dans notre travail, et nous nous intéressons particulièrement aux gènes liés aux systèmes de stress et au système immunitaire. Ce sont donc les champs que nous ciblons. Initialement, plutôt que de nous concentrer sur des gènes précis, nous avons réalisé une étude plus globale des changements dans l’expression génique en général, examinant tous les gènes du cerveau. Nous avons constaté des changements propres à l’exposition prénatale à l’alcool dans de nombreux gènes situés à différents endroits du cerveau. Les gènes que nous avons recensés sont liés au stress et à la fonction immunitaire, liés au développement normal et liés à la signalisation cellulaire, le fonctionnement des cellules. Ce sont les gènes susceptibles d’être modifiés par une substance comme l’alcool, ou par une atteinte au corps. Nous avons trouvé certains gènes propres à l’alcool et continuons maintenant notre examen pour tenter de cibler plus précisément les gènes qui sont modifiés et la façon dont ils le sont.
