Doan – les motifs de la recherche sur les communautés de pratique
Lorsque j’ai commencé à réfléchir à un sujet de recherche, j’ai été véritablement interpellée par une statistique de l’Early Childhood Educators of BC que je décrirais comme alarmante. Celle-ci indiquait que nous perdons jusqu’à 50 % du personnel débutant en petite enfance au cours des cinq premières années de travail. Cette statistique a été un choc. Elle m’a poussé à vraiment réfléchir à la situation du personnel lorsqu’il commence à travailler sur le terrain après avoir quitté le milieu postsecondaire.
En 2012-2013, j’ai mené une recherche auprès de ce personnel en Colombie-Britannique, avec l’espoir de comprendre les expériences vécues pendant ces premières années – ou plutôt – pendant cette première année, suivant l’obtention de tous les certificats nécessaires. Ma recherche m’a permis de constater que ces personnes trouvent que c’est un travail accablant, mais très satisfaisant. Elles aiment vraiment ce qu’elles font, mais peuvent être accablées pendant les premiers jours de travail. Par exemple, lorsqu’on leur remet les clés et qu’on leur dit qu’elles commencent à la première heure le lendemain pour accueillir les familles et les enfants, alors qu’elles n’ont même pas encore rencontré tout le monde. Et cela se continue ainsi. Beaucoup d’aspects sont accablants, mais le travail suscite tout de même de la joie.
Un autre thème principal ressorti de la recherche était que le personnel en petite enfance reçoit un soutien irrégulier et intermittent. Les nouvelles personnes embauchées pourraient recevoir du soutien, ou peut-être pas. Ce n’est pas normalisé, et il y a de nombreuses raisons pour cette situation. La troisième grande constatation provenant de la recherche était que le nouveau personnel en petite enfance disait vouloir un programme d’aide quelconque pour les nouvelles embauches, afin de les soutenir pendant leur première année. L’une de ces façons est par l’« initiation ». Lorsque nous parlons d’initiation, nous faisons référence au mentorat par les pairs, et à l’accès à des observations et à de la rétroaction contribuant au perfectionnement professionnel. Le but est d’éviter l’expérience vécue par certaines personnes à qui on a dit : « Voici la classe. Voici les enfants. Occupe-toi d’eux ». Elles ont pour ainsi dire été laissées à elles-mêmes. Elles n’ont obtenu que très peu de rétroaction pendant la première année. On souhaite mettre fin à ce sentiment d’isolement et fournir un environnement offrant du soutien, où les gens prennent régulièrement des nouvelles, et où il est possible de poser des questions, d’offrir du soutien et d’en recevoir.
