Suomi – le tampon protecteur maternel
Comme nous sommes capables de déterminer le bagage génétique de nos singes ainsi que de décrire et de contrôler leur contexte environnemental, nous pouvons voir s’il existe de soi-disant effets génétiques purs et de soi-disant effets environnementaux purs. En effet, lorsque nous faisons des analyses directes comme celles-ci, nous trouvons que beaucoup d’éléments que nous étudions sur le plan comportemental et physiologique ont des composantes fortement héréditaires dont les schémas peuvent être modifiés par des expériences différenciées à la petite enfance. Mais, les analyses tenant compte de ces deux plans révèlent que les effets génétiques purs et les effets environnementaux purs sont l’exception plutôt que la règle. Nous voyons que ces effets interagissent de sorte que des individus ayant le même bagage génétique, mais grandissant dans des environnements différents, finissent par être très différents et que des individus ayant un bagage génétique différent, mais grandissant dans les mêmes environnements, ont aussi des résultats très différents. Ces résultats suivent des tendances très intéressantes, la plus intéressante étant celle que nous appelons le maternal buffering (tampon protecteur maternel). Dans nos études avec différentes variables comportementales et physiologiques, nous voyons constamment des individus porteurs de gènes les exposant à un risque d’avoir des résultats sous-optimaux dans de mauvaises circonstances environnementales, qui, lorsqu’ils ont une bonne mère, deviennent tout à fait normaux ou même se portent mieux que s’ils suivaient la trajectoire de développement soi-disant normale du macaque rhésus. Nous sommes impressionnés par le fait qu’un bon maternage puisse permettre à des individus de porter ces gènes qui autrement les mettraient à risque, et de continuer de les porter et de les transmettre à la génération suivante, mais sans problèmes comportementaux visibles. D’autre part, s’il se produit quelque chose dans la nature qui compromet la capacité d’une mère de s’occuper de ses enfants porteurs de ce gène, une gamme de problèmes émergera. C’est pourquoi nous parlons du « tampon protecteur maternel » comme une des principales forces motrices des interactions gènes- environnement que nous sommes capables d’observer et de documenter.
