Suomi – l’abus d’alcool

Ces travaux sont réalisés en collaboration avec mon ancien étudiant, qui est maintenant mon collègue de longue date, J. D. Higley, scientifique principal au National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, le NIAAA.  Lui et d’autres collègues ont conçu une technique suivant laquelle ils fournissent à des singes dans un groupe social familier – parfois dans des situations étrangères dans d’autres études, mais, habituellement, dans leur propre groupe social normal – l’occasion de participer à une « heure de l’apéro » pour singes, où pendant une heure par jour, durant plusieurs semaines ou plus, ces singes ont un accès illimité à des solutions d’alcool à 8 % ou à 9 % édulcorées au NutraSweet ou à l’aspartame, à de la boisson non alcoolisée édulcorée au NutraSweet ou à l’aspartame, et à de l’eau du robinet.  Les singes ne sont aucunement privés de fluides. Comme la plupart des humains, au début, la plupart des singes n’aiment pas le goût de l’alcool; le goût sucré… Dans ces circonstances, certains singes consommeront considérablement plus d’alcool que d’autres. Dans ce qui est exactement la même situation. Nous avons trouvé qu’autant les facteurs génétiques que les expériences en bas âge prédisposent certains singes à consommer plus d’alcool que d’autres. Nous observons aussi des interactions entre ces effets génétiques et environnementaux. Le plus spectaculaire est que nous avons pu montrer que les singes porteurs d’une variante particulière du gène transporteur de sérotonine, appelée la version à allèle court de ce gène, consommeront l’alcool de façon excessive s’ils ont été élevés par leurs pairs. Toutefois, s’ils ont eu une bonne mère, ces singes porteurs de ce même allèle court, la version courte du gène transporteur de sérotonine, consommeront moins d’alcool que les autres dans leur groupe de pairs. Donc, ce qui semble être un facteur de risque génétique pour la consommation excessive d’alcool chez les individus ayant été dans un environnement néfaste ou non optimal en bas âge pourrait être un facteur de protection génétique pour les individus portant le même gène, mais ayant eu des expériences très positives en bas âge. C’est un exemple parfait de ce que j’appellerais une interaction gènes-environnement.