Sparling – les résultats
Au fil des ans, lors des études Abecedarian, nous avons ont utilisé le quotient intellectuel (QI) à titre d’outil de mesure important. Nous ne sommes pas nécessairement convaincus que le QI est une variable plus importante que les autres, mais le QI est reconnu pour son lien étroit à la réussite scolaire. Si une personne est dotée d’une grande intelligence, elle est susceptible de mieux réussir, et il s’agit d’une sorte de mesure qui prédit la façon dont les enfants réussiront à l’école et dans la vie. Nous avons pu voir par exemple dans la toute première étude, et dans l’étude que j’ai mentionnée sur les bébés de faible poids à la naissance, que le QI des enfants dans le groupe témoin de l’expérience diverge plutôt rapidement. Entre l’âge de 18 et 24 mois, à un moment au cours de cette période, les deux groupes diffèrent de façon significative, de sorte qu’un groupe affiche un QI supérieur à l’autre, et à l’âge de trois ans, la différence est plutôt significative, plutôt frappante.
Dans les groupes que nous avons suivis pendant une longue période, par exemple le groupe original du programme Abecedarian, lorsque nous avons mesuré le QI à l’âge de 21 ans, soit la dernière fois que nous l’avons mesuré, nous avons noté une différence encore significative. Plus tôt, il y avait une différence de QI d’environ 15 points, tandis qu’elle était à environ cinq points à ce moment-là. Les groupes s’étaient en quelque sorte fusionnés, mais la différence entre cinq points de QI signifiait, dans le cadre de la fréquentation universitaire, la différence entre un taux d’obtention de diplôme de 23 pour cent pour le groupe de l’expérience et d’un taux d’obtention de six pour cent pour le groupe témoin. En d’autres termes, il s’agit d’un taux quatre fois plus élevé. Maintenant, ce qui est intéressant à ce sujet, c’est qu’il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un groupe à haut risque. Au Canada, dans la population générale, 23 pour cent obtiennent un diplôme universitaire. C’est le même taux aux États-Unis pour la population en général. C’est le même taux en Australie pour la population générale… nous parlons d’un groupe à haut risque, et voilà leur taux d’obtention de diplôme. Cela démontre simplement que, même si une personne est en situation de désavantage, qu’elle vienne d’une famille pauvre ou d’un quartier pauvre, elle n’a pas à avoir de pires résultats que la population générale. Je crois qu’il s’agit d’une très bonne nouvelle. Cela nous montre que l’éducation de la petite enfance peut avoir un effet durable, et non un effet négligeable et temporaire.
