Soderstrom – les études avec enregistrements
Au cours des dix dernières années, nous avons vu une certaine évolution technologique qui a changé la manière dont nous concevons la compréhension du milieu linguistique des nourrissons. Donc, auparavant, au moment d’étudier ce que les bébés entendent en matière d’apports linguistiques dirigés vers eux, nous allions chez les sujets ou ceux-ci se rendaient au laboratoire, et nous procédions à l’enregistrement. Nous cherchions à créer une expérience aussi naturelle que possible pendant une période d’environ une heure. Ensuite, nous ramenions les enregistrements au laboratoire et nous en faisions la transcription et l’analyse acoustique ou d’autres études du genre. Mais ce qui s’est produit, il y a plus d’une dizaine d’années maintenant, nous avons assisté à l’émergence d’une technologie qui nous permet d’obtenir un enregistrement audio d’une journée complète chez les gens, et qui fait ensuite une analyse assez automatisée. En fait, obtenir un enregistrement de dix heures n’est pas vraiment utile si nous devons ensuite transcrire dix heures d’enregistrement parce que cela représente un énorme investissement de temps. Il pourrait nous prendre jusqu’à 20 heures pour l’analyse d’une heure d’enregistrement, ou même davantage selon notre objectif de recherche.
Donc, la mise au point d’une meilleure technologie d’enregistrement et de moyens de traiter les enregistrements de façon plus automatisée a vraiment élargi notre capacité à obtenir un regard réel sur les expériences linguistiques authentiques des nourrissons, plutôt que ce petit aperçu d’une heure où la mère est vraiment consciente du fait que l’enregistrement audio ou vidéo est en cours. Les familles vaquent à leurs occupations quotidiennes comme d’habitude et tout porte à croire que, bien qu’elles soient conscientes du fait qu’elles participent à un enregistrement, elles peuvent tout de même arriver au point d’être vraiment à l’aise et ainsi, nous pouvons obtenir un aperçu du monde réel de ces expériences. Et l’une des choses que cela nous permet de faire, c’est de pouvoir ensuite comparer les différentes familles, à la fois dans la même collectivité et entre les différentes collectivités. Nous pouvons ainsi examiner la variabilité, à la fois dans la même collectivité et entre les différentes collectivités, en ce qui concerne les expériences des nourrissons. Et ces données peuvent être vraiment importantes pour éclairer notre théorie sur la relation entre ce que les nourrissons entendent et ce qu’ils comprennent en matière de langage.
