Shanker –  modèle de l’autorégulation

L’autorégulation repose sur le système nerveux autonome. Celui-ci comprend le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique, deux systèmes qui se contrebalancent l’un et l’autre. Nous pouvons comprendre cette relation au moyen d’une analogie simple. Le système nerveux sympathique fournit de l’énergie pour répondre à différents défis et à différentes demandes. La façon dont le corps fonctionne est que s’il oriente son énergie pour répondre à certains défis que l’enfant tente de relever, il doit tirer cette énergie d’un autre endroit. Nous avons appris comment cela fonctionne grâce aux merveilleuses recherches de Steve Borges, notamment. Ce qui se produit alors est que l’énergie est réorientée à partir des systèmes qui régularisent notre état interne, par exemple, notre température et les ressources alimentaires.

Toutes ces ressources sont ainsi redirigées vers les parties du cerveau qui traiteront de ce défi, mais nous pouvons seulement le faire pendant un certain temps avant que le corps commence à en souffrir. Nous pouvons seulement nous concentrer sur un problème ou tenter de gérer un facteur de stress pendant une durée donnée avant que le corps commence à avoir faim ou à se fatiguer, et qu’il envoie un signal indiquant que c’est le moment d’arrêter, de se reposer et de récupérer. C’est alors à ce moment que le système parasympathique s’active. Le système parasympathique est essentiellement un système de freinage, ce qui est vital pour retrouver l’équilibre corporel. Il y a donc deux forces qui se contrebalancent l’une et l’autre : une est comme la pédale de gaz et l’autre, la pédale de frein. Lorsqu’un enfant se régule vraiment bien, ce que nous appelons la régulation optimale, il y a un transfert fluide entre ces deux systèmes. Le corps dépense de l’énergie puis récupère pour se préparer au prochain défi.

Lorsque l’enfant devient allostatique, un état dans lequel les deux systèmes sont légèrement déséquilibrés, c’est parce qu’il y a trop d’éléments stresseurs; l’enfant appuie donc constamment sur la pédale de gaz et, à cause de cela, appuie constamment sur la pédale de frein. Imaginons que ce freinage constant commence à avoir des répercussions, comme lorsque les plaquettes de frein commencent à s’user. Lorsque l’enfant a trop de facteurs de stress, il active un peu trop son système parasympathique, c’est-à-dire son système de freinage, qui est le système inhibiteur, ce qui peut avoir des conséquences à long terme sur la mesure dans laquelle l’enfant saura bien réagir face aux stresseurs physiques et physiologiques au cours de sa vie.