Shanker – la santé mentale

Nous avons maintenant cet énorme corpus de recherche croissant liant, par exemple à une heure, les troubles d’intériorisation, soit les problèmes comme l’anxiété, la dépression ou le trouble de l’humeur, à d’importants défis d’autorégulation. C’est la même chose avec la roue suivante, les troubles d’extériorisation. Ce sont des troubles de la conduite, d’agression et d’intimidation, et nous voyons maintenant qu’ils sont fondamentalement liés aux problèmes d’autorégulation. C’est un concept absolument critique et impératif pour la révolution de notre compréhension et reformulation du comportement des enfants, car si un problème d’autorégulation est au cœur, par exemple, d’un trouble de la conduite chez un enfant, cela signifie que ce dernier fait face à un défi de premier niveau dont nous avons parlé lorsque nous avons vu les niveaux d’autorégulation, notamment sa régulation de la stimulation et de son système nerveux autonome. Ce n’est pas que son muscle inhibiteur est trop faible, qu’il doit être discipliné ou renforcé par des punitions et des récompenses. Non, c’est que le système nerveux de l’enfant est épuisé par un trop grand nombre d’agents stressants. L’enfant n’a donc pas une capacité ou des ressources suffisantes pour traiter d’autres agents stresseurs et c’est ce qui déclenche l’impulsion. Selon moi, cela représente une véritable révolution dans la façon dont nous essayons, à défaut de prévenir, de considérablement atténuer les types de problèmes que nous voyons à deux et à trois heures, soit des problèmes de troubles de l’humeur et de comportement. Nous ne visons pas la gestion, nous essayons plutôt de comprendre les défis auxquels l’enfant fait face et de les atténuer. Les deux roues suivantes demeurent dans le domaine de la psychopathologie classique. Il s’agit de comportements à risque, la vulnérabilité de l’enfant qui grandit, qui devient adolescent, à des choses comme le jeu ou la drogue. Encore là, un nombre croissant d’études dit que nous devrions examiner l’autorégulation chez ces enfants et tenter de déterminer si l’enfant subit chroniquement une charge allostatique ou s’il est chroniquement hypo ou hyper stimulé, plutôt que tenter de cibler le comportement risqué qui nous préoccupe com me l’alcool ou autre. Nous voulons comprendre pourquoi l’enfant subit cette charge et comment la réduire, puis voir la prédisposition au comportement risqué se dissiper naturellement.