Rutter – répondre aux enfants

D’après moi, la chose la plus importante est d’établir une relation avec les enfants. De toute évidence, le rôle de soignante ou de professionnelle quelconque est différent de celui de parent ou de grand-parent, mais les relations font partie tellement intégrante de la croissance que ces relations sont importantes. L’un des aspects de ce concept est la reconnaissance du fait que les enfants sont uniques. Donc, ce qui convient à un enfant ne conviendra pas nécessairement à un autre enfant, et une caractéristique importante d’une bonne soignante est sa capacité de reconnaître le besoin de répondre à chaque enfant de façon individuelle. Par répondre, nous parlons à la fois de répondre à ses besoins, et à ce qui rend cet enfant intéressant. Nous devons pouvoir nous amuser avec les enfants et même lorsque nous enseignons ou disciplinons ou nous participons à d’autres tâches, nous devons néanmoins apporter de la bonne humeur et du plaisir, parce qu’il s’agit d’éléments importants.

Et nous devons reconnaître que l’idée que les expériences empiètent sur un enfant passif ne représente tout simplement pas le processus d’apprentissage. Même les nourrissons apprennent de leurs expériences. Ils pensent à ce qui leur arrive, ils tirent leurs propres conclusions. Ainsi, il faut s’éloigner de l’idée que nous devons stimuler les enfants et plutôt adopter l’idée que les enfants sont des partenaires actifs dans cet apprentissage. Et notre travail, pour ainsi dire, est de faire ressortir cet apprentissage, de le rendre amusant, d’éveiller leur curiosité. Et nous devons reconnaître que les enfants qui posent des questions maladroites sont en situation d’apprentissage. Et nous devons être capables de réagir à cela. Ce que nous voulons éviter, c’est un enfant tout simplement docile. Nous voulons un enfant bien élevé, bien sûr, mais nous voulons aussi un enfant provocateur.