Rowan – les Aînés et les autres partenaires pour la création de curriculums
J’ai demandé à Elisapie [l’Aînée] ce qu’elle souhaitait faire avec les enfants. Elle travaillait dans un centre de la petite enfance depuis de nombreuses années. En 15 minutes, elle avait dressé une liste de 15 activités ou plus, comme amener les enfants piéger le renard et aller pêcher. Ils avaient déjà pêché, la pêche sur glace étant facilement accessible. Elle proposait aussi de fabriquer un panier, de faire quelque chose avec un phoque. C’est lorsque nous avons commencé à réfléchir avec le Nunangat – la terre, l’eau, la neige et la glace – que les choses ont commencé à changer. Nous avons pris l’engagement d’aller à l’extérieur et d’explorer au-delà de la clôture du centre. C’est à ce moment que nous nous sommes rendu compte que nous, les humains, n’exerçons pas une force aussi puissante que nous le croyons. Par exemple, l’un des apprentissages que j’ai retenus était le concept de « Sila piuppat », qui signifie que c’est l’environnement qui décide. Si nous allons à l’extérieur, nous ne pouvons pas décider ce que nous allons faire. Tout dépend des conditions météorologiques. Ça a été une leçon importante à ce sujet. Un autre grand apprentissage s’est produit lorsque l’un des membres du personnel en petite enfance a souligné que la présence de l’Aînée sur place permettait de lui poser des questions. Si nous voulions prendre part à des activités, comme aller chasser ou nous rendre dans la communauté et dans les terres, nous avions vraiment besoin de parler avec les Aînés, les chasseurs et les gardiens du savoir locaux. Nous ne pouvons avoir accès à leurs connaissances sur Internet ou à la bibliothèque. Nos personnes-ressources sont humaines, et nous avons besoin de ces humains et de leurs connaissances. Ça a été un apprentissage très important. C’est lorsque nous avons délibérément réfléchi en tenant compte de la terre, de l’eau, de la neige et de la glace, Nunangat, que nous avons modifié le récit.
