Philpott – les programmes de petite enfance en tant que mesure de prévention

Je me suis tardivement converti au secteur de l’éducation de la petite enfance et aux programmes destinés aux jeunes enfants. J’ai passé toute ma carrière en éducation spécialisée dans les programmes de la maternelle à la 12e année, les tests, les diagnostics, les plans de soutien et les plans d’enseignement individualisé, tout ce jargon et cette industrie que nous soutenons. Je suis devenu partisan de l’éducation de la petite enfance pour son rôle préventif dans mon travail. La seule menace à l’emploi à long terme pour une personne dans ma discipline est la présence de programmes d’éducation de la petite enfance de qualité, des programmes de qualité universellement accessibles pour ces enfants. Nous nous occupons d’enfants de la maternelle à la 12e année en éducation spécialisée qui ont surtout des difficultés à lire, des troubles comportementaux et des problèmes de santé mentale, et nous savons que si nous avions des programmes de qualité, la langue serait optimisée au fur et à mesure de son développement. Les enfants n’accuseraient pas un retard constamment croissant. Si nous nous concentrons sur l’autorégulation des jeunes enfants, ils se présenteront à l’école prêts à participer et prêts à être des apprenants engagés et actifs. Ils ne finiront pas par être perçus comme ayant un problème de comportement ou par se faire renvoyer vers l’éducation spécialisée. Ils n’auront pas besoin que quelqu’un les soutienne. Ils feront partie de leur propre environnement. Les programmes d’éducation de la petite enfance semblent réellement prévenir les inscriptions en éducation spécialisée. Partout au pays, chaque mini stère de l’Éducation fait face à une hausse des renvois vers les services de soutien, des taux d’autisme, des taux de difficultés de lecture, et des problèmes comportementaux. Le personnel en petite enfance a indiqué en 2017 que la perturbation causée par des élèves en classe figure parmi les trois principaux enjeux de l’éducation. Les trois grands avantages de l’éducation de la petite enfance sont l’autorégulation, le développement du langage et les compétences sociales. Ce sont des compétences polyvalentes qui préparent les enfants à leur entrée à l’école, nivellent le terrain de jeu, optimisent le potentiel, et préparent les enfants à s’engager dans le système scolaire. Si les enfants passaient au moins deux ans dans des programmes de qualité avant de commencer la 1re année, ils arriveraient prêts. Et les taux de renvoi diminueraient. Il y aura toujours des enfants ayant besoin de soutien en raison de particularités. Il y aura toujours des cas d’autisme, de paralysie cérébrale, de troubles du déficit de l’attention et autres. Cependant, la demande en services de ces enfants sera considérablement réduite si nous commençons à travailler avec eux et leur famille dès la petite enfance. Les transitions vers l’école seront beaucoup plus fluides. Le transfert des connaissances, des compétences et des programmes sera rationalisé. Lorsque ces enfants se retrouveront dans des classes traditionnelles, vers 6 ou 7 ans, ils seront prêts à aller de l’avant. Le nombre de renvois commencera à baisser. Je dis toujours que l’alphabet est le dernier de mes soucis. Je ne me préoccupe pas des lettres et des chiffres. Enseignez-leur à réguler leur comportement, à jouer de façon interactive et appropriée avec les autres, à gérer leurs émotions et leurs impulsions, à faire face aux conséquences de leurs actions. Optimisez le langage et favorisez les aptitudes prosociales positives. Les lettres et les chiffres viendront bien assez vite. Même si nous savons que l’immersion pendant la petite enfance fait augmenter les notes en lecture et en numératie, ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse. Je m’intéresse aux compétences polyvalentes. Les trois principales compétences. Ce sont elles qui auront un effet durable.