Perlman – les indicateurs de qualité dans les milieux d’éducation de la petite enfance

La question est : que savons-nous sur les indicateurs de qualité dans les milieux d’éducation de la petite enfance? C’est une très grosse question parce qu’il faut tenir compte de bien des éléments différents. Pour commencer, comment faire pour exploiter la qualité? Quels aspects examinerons-nous et, même si nous avons un concept, comment le mesurerons-nous d’une façon empirique qui nous permettra d’avoir confiance dans les résultats? Nous devons nous demander quelle en est l’incidence empirique sur les enfants. L’obtention d’une réponse à cette question est un long processus demandant un travail très intense. Ce sujet fait l’objet de recherches depuis des décennies et beaucoup de chercheurs ont tenté d’aborder la question sous différents angles. Je crois qu’il nous reste encore beaucoup à faire parce qu’une grande partie de la recherche effectuée ne montre pas d’effets très puissants sur les enfants. La question est alors, pourquoi est-ce ainsi? Nous sommes-nous concentrés sur les mauvaises choses, les avons-nous mal mesurées, ou les avons-nous étudiées de manière insuffisamment empirique? Peut-être avons-nous les bons concepts, mesurés de la bonne façon, mais qu’un élément du fonctionnement du programme empêche les processus d’avoir lieu? Voici un exemple. La mesure appelée CLASS, conçue par Pianta, a suscité beaucoup d’intérêt parce que, sur le plan de la validité apparente, son contenu est très intéressant. Tout est dans la façon dont le personnel en petite enfance interagit avec les enfants. À un niveau plutôt profond, c’est une question d’affection, de réceptivité, de sensibilité, ainsi que d’organisation des salles de classe. Je crois que ce point a été très négligé dans la documentation : que font-ils pour soutenir l’apprentissage? Quel type d’enseignement entièrement approprié au développement des jeunes enfants fournissent-ils? Bien que certaines recherches montrent un lien entre le CLASS et les résultats des enfants, beaucoup d’au très ne montrent pas ces effets. Alors, pourquoi est-ce qu’un élément important dans le développement de l’enfant, dont le rôle a été validé dans la documentation en général, comme la documentation sur la parentalité, n’a-t-il pas d’effets dans le contexte de l’éducation de la petite enfance? Je crois que nous devons explorer de nombreuses réponses possibles à cette question. L’une d’elles est qu’il y a beaucoup de déplacements dans les programmes. Les enfants passent d’un programme à l’autre. Les membres du personnel en petite enfance passent d’un programme à l’autre. Il y a un gros problème d’attrition de la main-d’œuvre. Même lorsque l’enfant et l’éducateur sont dans le même organisme, les enfants vieillissent et changent de salle, sont déplacés pour maintenir les ratios, et sont transférés en fonction des modalités de répartition du personnel afin de réduire le nombre d’effectifs devant être présents du matin au soir, minimisant ainsi les coûts. Il y a donc beaucoup de déplacements de toutes sortes pouvant perturber les effets attendus des interactions affectives, aimantes et intellectuellement stimulantes sur les résultats des enfants. Il y a probablement de nombreuses réponses différentes à cette question.