PEDS – les séances des mères
La trousse a pour concept de recourir aux activités de stimulation, comme les activités de jeu ou de communication. Par exemple, une travailleuse de la santé peut présenter à la mère une activité très simple où l’enfant tape sur des chaudrons et des poêles. Puis, pendant que la mère trav aille avec l’enfant, la travailleuse lui montre comment lire son enfant. Comment savoir lorsque son enfant est heureux. Comment savoir que son enfant découvre qu’il réalise quelque chose, comme faire des sons. Elle voit le visage de son enfant s’illuminer et à ce moment elle commence à comprendre qu’elle est la première enseignante. Elle peut alors faire passer son enfant à son prochain niveau de développement, sans avoir de diplôme universitaire ni de jouets dispendieux. Grâce à ces activités très simples, elle peut apprendre à comprendre son enfant et à répondre à ses besoins. Ce faisant, la relation entre – nous travaillons surtout avec les mères –, mais entre la famille et l’enfant se solidifie et le processus d’attachement se développe davantage. Cela est très important parce que nous travaillons dans des communautés où il y a de nombreux défis, notamment de la pauvreté, un taux de dépression maternelle ou de risque de dépression maternelle de 25 à 30 %, et de la malnutrition. Donc, au sein de tout cela, on donne à la mère les moyens de voir que malgré tous ces défis, elle peut tout de même offrir beaucoup à son enfant. C’est la base de l’intervention. J’ai observé chez les mères qu’elles ont amélioré leurs connaissances. Elles ont axé leur attention sur le développement de l’enfant. Nous leur avons donné la capacité d’observer les jalons du développement selon l’âge. Si l’enfant ne peut pas marcher, ne peut pas s’asseoir ou ne peut pas parler à un âge où il devrait être capable de le faire, les mères posent des questions. « Mon enfant a tel âge et ne peut pas faire cette activité. Pourquoi? » Ensuite, nous avons observé les effets des interventions chez les enfants. Les enfants sont plus intelligents et actifs. Les mères peuvent socialiser pendant ces rencontres, ce qu’elles aiment. Nous avons aussi consulté des groupes de discussion pour évaluer notre processus. Dans ces groupes, bien des mères ont dit aimer assister aux réunions, s’asseoir ensemble et prendre des rafraîchissements. C’est une activité saine pour elles. Un an après la mise en œuvre, je dirais que nous avons appris qu’il est possible de former une travailleuse de la santé ayant un niveau d’études équivalant possiblement à la 10e année, pour réaliser une intervention complexe tout en assurant une supervision efficace. Il est possible de mettre cela en œuvre et de voir des changements chez l’enfant, la mère et, dans une certaine mesure, la communauté, en une année. Les mères signalent que leur enfant est très différent et qu’elles se sentent bien maintenant. Une mère a magnifiquement résumé cela : « J’aime cette nouvelle façon de prendre soin de mon enfant. » Les émotions liées aux soins qu’elles donnent à leur enfant changent, c’est vraiment merveilleux. Une mère qui était stressée ou accablée par tant d’enfants connaît maintenant une nouvelle façon d’élever ses enfants. Elle a de nouveaux espoirs, l’entraînant à penser différemment et à adopter une attitude différente à l’égard des soins parentaux et de son statut de mère.
