McLean – créer un climat propice à la pratique réflexive
Dans votre pratique, il y a trois moments où vous êtes réflexif. Vous êtes réflexif avant d’agir, vous êtes réflexif pendant l’action et vous êtes réflexif par la suite. C’est arrivé à tous les membres du personnel formé en petite enfance: se dire sur le chemin du retour qu’ils auraient pu mieux gérer une situation. C’est réflexif. C’est ce à quoi ressemble la réflexion. Toutefois, il faut un environnement qui y est favorable. Il faut ressentir la confiance dans l’environnement pour le faire. L’administration et la direction peuvent soutenir cette pratique en créant un climat de confiance où chacun peut dire sans crainte qu’il aurait pu mieux faire ou se demander s’il a bien géré une situation. Ou, par moments, dire qu’il a vraiment bien réussi. Que ça s’est vraiment bien passé. Que ça s’est mieux passé qu’il ne le pensait. Il faut aussi un environnement sûr pour en faire part aux collègues. En plus de la confiance, il y a aussi tout l’aspect logistique. Fournir du temps pour être réflexif. Certaines recherches indiquent que les membres du personnel en petite enfance ont très peu de temps pour réfléchir à leur pratique. Ils le font pendant la sieste. Ils le font pendant le dîner, pendant les pauses. Si l’administration reconnaît la valeur de la pratique réflexive, elle mettra en place des occasions de le faire. Il faut aussi créer un climat où vous avez un pair avec qui réaliser cette pratique, un ami critique, un mentor ou un collègue, parce que la réflexion est toujours meilleure lorsqu’elle est réalisée avec une autre personne, et qu’on peut échanger des idées et des questions. Concernant les réunions du personnel, j’ai demandé ce qui se passe pendant ces réunions. De quoi parlez-vous? Nous parlons de la politique de stationnement. Nous parlons de la personne qui a laissé son lunch dans le frigo. Prenez-vous le temps de réfléchir? Non. Pourquoi pas? Une fois que les gens commencent à se rendre compte de l’importance de réfléchir, ils commencent à prendre du temps, à consacrer une partie de la réunion pour parler des pratiques actuelles et de ce qui peut être amélioré. Faites-moi part d’histoires où les choses se sont bien déroulées. Faites-moi part d’histoires où les choses ne se sont pas bien passées. Vous créez ainsi ce climat de pensée critique et d’exploration. C’est un autre point : les gens dans le domaine ont-ils grandi dans un climat d’exploration et de pensée critique? Ça n’a pas été le cas pour beaucoup d’entre nous. Pour beaucoup d’entre nous, au travail nous faisions ce qu’on nous disait de faire. Donc, maintenant, c’est risqué de dire qu’il faut tout remettre en question et y réfléchir. Il faut garder à l’esprit que les gens n’ont pas tous la capacité de remettre en question ou de critiquer leurs actions. Il faut donc commencer très doucement. On peut poser des questions comme, que faites-vous? Pas, pourquoi le faites-vous, mais que faites-vous? Puis, une fois que vous m’aurez dit ce que vous faites, donnez-moi un peu plus de détails sur ce que vous faites, puis dites-moi comment vous le faites. Ensuite, parlons de pourquoi vous le faites. On ne peut pas partir de 0 et aller à 60 km/h immédiatement avec la pratique réflexive. Il faut se mettre dans le bon état d’esprit pour simplement parler de ce que nous faisons. C’est lorsque nous remarquons nos pratiques que nous nous demandons pourquoi nous les utilisons. Pourquoi demandons-nous aux enfants de se mettre en file pour aller aux toilettes? Parce que nous avons toujours fait ainsi? Ou parce que c’est plus facile pour nous? Pourquoi limitons-nous le comportement des enfants de certaines façons? Parce que c’est réellement un risque pour la sécurité ou parce que ça nous rend nerveux? L’administration peut permettre de remettre en cause le statu quo et les procédures habituelles en fournissant du temps, des occasions et du soutien, et en jumelant des collègues, ce qui nécessite du leadership à partir du haut. Il faut donc une personne qui exerce la pensée critique et réflexive pour diriger le processus.
