Marvin – le cercle de sécurité

Le cercle de sécurité, nous le considérons comme étant une version conviviale d’une théorie très complexe. Cette théorie a été établie en fonction d’un ensemble de projets de recherche menés au cours des 50 dernières années dans le domaine général de l’attachement, c’est-à-dire l’attachement des bébés et des enfants envers leurs parents ou leurs personnes soignantes. Donc, nous avons dressé ce cadre, cette simplification de la théorie que nous avons nommé « le cercle de sécurité ». Et il s’agit d’une façon de donner un contexte aux relations des enfants avec leurs parents, de songer à l’attachement. De plus, nous avons également utilisé le terme « cercle de sécurité » pour nommer une intervention que nous avons créée afin d’aider les parents préoccupés par le comportement de leur enfant.

Nous utilisons une image que nous avons créée. Sur l’image se trouve un cercle, il s’agit d’un cercle oblong, et il y a une paire de mains sur le côté gauche du cercle. Et ces mains se rapportent au parent, elles représentent le parent. Et vous verrez que sur le côté supérieur du cercle, à côté des mains, se trouve le terme « base de sécurité ». Et sur le côté inférieur du cercle, à côté des mains, se trouve le terme « refuge ». Le message que nous essayons de transmettre est que les enfants utilisent leurs parents comme une base de sécurité pour aller explorer le monde. Par exploration, nous voulons dire que l’enfant s’éloigne des mains, il s’éloigne de ses parents et de sa base de sécurité. Et, à d’autres moments, l’enfant revient au parent en bas du cercle, en utilisant le parent comme refuge. Prenons ces concepts un à la fois. Lorsque l’enfant explore, il s’éloigne du parent pour aller explorer, se déplace et explore un nouvel endroit, ou interagit avec une personne qu’il ne connaît pas, en quelque sorte, il découvre une nouvelle personne et tisse une nouvelle relation peut-être. Et pour ce faire, un enfant, d’une certaine manière, doit s’éloigner du parent pour pouvoir le faire.

Souvent, en tant que parents, nous pensons : « Oh, mon enfant est en train d’explorer. Il n’a pas besoin de moi en ce moment ». Mais en fait, c’est plutôt le contraire. L’enfant a besoin du parent quand il s’éloigne pour explorer, à bien des égards. En fait, le parent a un certain nombre de tâches à faire au moment de laisser son enfant explorer. À l’extrême droite de l’image, vous voyez une boîte avec quatre pensées, soit les quatre tâches des parents que nous croyons être les plus importantes lorsque l’enfant part explorer. Tout d’abord, on y trouve la tâche « Veille sur moi. Surveille-moi pour ma sécurité. Je ne suis qu’un petit enfant et je pars explorer. Ma capacité de m’éloigner de toi et de m’attirer des ennuis est bien meilleure que ma sagesse », pour ainsi dire. « Donc j’ai besoin de ma maman ou de mon papa pour veiller sur moi, pour assurer ma sécurité. »

La deuxième pensée est : « J’ai besoin que tu m’apprécies, que tu apprécies ce que je fais ». Et il s’agit d’une chose à laquelle beaucoup de gens, même les chercheurs, n’ont pas accordé assez d’attention. Il s’agit de la notion que l’enfant regarde en arrière vers son parent lorsqu’il part explorer, ou qu’elle part explorer, et qu’il ou elle cherche la présence d’un sourire, d’un moment de réjouissance du parent qui dit à l’enfant, qui envoie un signal à l’enfant signifiant : « Je suis ici, et je suis avec toi, et je crois que tu es la révélation du siècle! Si quelque chose t’arrive, je serai là pour t’aider ». Donc, la deuxième pensée est de prendre plaisir.

La troisième pensée est : « Aide-moi. Parfois, je joue et je fais quelque chose, et je réussis plutôt bien. Mais ensuite, j’ai des difficultés et je suis perplexe, coincé, et je n’arrive plus à faire ce que j’essayais de faire ». Dans ce cas, l’enfant devrait pouvoir envoyer un signal au parent lui disant : « J’ai besoin de toi. J’ai besoin de ton aide ». Et l’idée ici est qu’il revient au parent d’aider l’enfant, mais pas de faire la tâche à sa place. Il ne s’agit pas d’une intrusion. Sa tâche est d’aider l’enfant à surmonter la petite difficulté en chemin afin qu’il puisse continuer et terminer ce qu’il faisait de façon autonome. Et nous croyons qu’il s’agit d’un genre « d’échafaudage ». La tâche du parent est de faire juste assez pour maintenir l’engagement de l’enfant dans l’activité, et pour assurer la réussite de l’enfant.

Ensuite, la quatrième pensée est : « Parfois, j’aimerais que tu t’amuses avec moi. Parfois, je veux que tu en profites avec moi. Sois mon compagnon de jeu ». Il s’agit d’une partie très importante du rôle de parent. Et si le parent peut faire ces quatre choses, alors, il joue bien son rôle de parent. Son enfant s’intéressera à partir explorer, il va se sentir à l’aise lors de son apprentissage, il va bien se développer, et il va être en sécurité quand il part explorer au sommet du cercle.