Kershaw – les recommandations

Le Canada a besoin d’établir un système national d’apprentissage et de la garde de jeunes enfants à partir de l’âge d’environ 18 mois et qui sera offert à toutes les familles qui désirent ou qui ont besoin de l’utiliser. La participation n’est pas obligatoire, mais nous devons créer ce système en tant qu’option viable qui reconnaît deux choses : cela aidera les parents à participer au marché du travail – et nous nous attendons à ce que les gens y participent pour gagner un revenu et subvenir aux besoins de leur famille – et cela assure aux enfants l’accès à un milieu enrichissant de qualité pendant que leurs parents travaillent. 

En matière de temps, le congé parental est essentiel. Le congé parental est une période qui reconnaît l’importance des premiers mois où les parents et les enfants ont une panoplie de nouveaux besoins en matière d’adaptation, ce n’est pas un congé où les parents ont beaucoup de temps pour en profiter. L’allaitement maternel y prend une grande place. Et il s’agit d’une période pour donner du temps aux pères aussi, non seulement pour aider la famille, mais aussi pour agir en tant que soignant principal qui participe activement aux soins. Cela signifie que nous devons prévoir du temps pour donner aux gens l’occasion de le faire. Et il est essentiel d’accroître l’admissibilité au système de congé parental d’environ 12 mois à 18 mois, par naissance, en réservant les six derniers mois principalement aux pères. Cela nous coûtera environ quatre milliards et demi de dollars de plus. 

Nous devons également reconnaître que la pauvreté familiale au Canada a atteint un niveau intolérable et, selon les normes internationales, nous permettons une situation dont les Canadiens et Canadiennes ne connaissent pas l’ampleur, selon moi. Mais d’autres pays ont presque éliminé la pauvreté, et nous la tolérons encore à des proportions très élevées. Nous devons donc dépenser environ six milliards et demi de dollars pour faire des contributions plus généreuses au système d’aide sociale, et nous devons aussi jouer avec notre régime fiscal pour rendre le travail plus payant, ou aussi demander aux employeurs de veiller à ce que le travail soit lucratif en offrant des salaires minimums plus élevés.

Heureusement, il existe une chose que nous faisons déjà relativement bien au Canada parce que nous avons investi dans notre système de soins de santé, et il s’agit d’une chose dont nous sommes fiers. Ainsi, après la naissance d’un enfant, sur une base mensuelle, il serait avantageux pour le système de soins de santé, et les spécialistes de la santé qui font partie du système de soins de santé, d’interagir davantage avec les programmes de ressources familiales — des programmes comme celui nommé Strong Starts en Colombie-Britannique, à noter que chaque province a son propre programme — avec les autres spécialistes non médicaux. Ensemble, ils pourraient collaborer et coordonner les services, de sorte qu’ils interagissent avec les familles ayant de jeunes enfants mensuellement, et qu’ils commencent à leur offrir un soutien, une surveillance, et un dépistage si leurs enfants présentent des retards de développement. Il est essentiel de cerner ces problèmes bien avant que l’enfant fréquente l’école parce qu’il est peu coûteux, ou moins coûteux, d’offrir un traitement précoce, et nous pouvons ensuite soutenir leur famille de sorte qu’au moment où ils arrivent à l’école, les enfants auront potentiellement rattrapé leur retard. Et si ce n’est pas le cas, nous serons mieux disposés à les intégrer harmonieusement dans le système scolaire où ils pourront continuer à s’épanouir le mieux possible à leur propre niveau.