Kershaw – l’engagement communautaire

Nous avons recueilli des données pendant la plus grande partie d’une décennie. Ce qui est vraiment bien est que, puisque l’Instrument de mesure du développement de la petite enfance parle des enfants dans nos quartiers, les gens se mobilisent. On ne parle pas d’un enfant inconnu, c’est l’enfant qui est ici dans ma rue, dans ma cour, dans mon parc, et que je vois lorsque je suis en chemin vers le travail. Cela stimule les gens. En Colombie-Britannique, dans les quatre années suivant l’annonce qu’un enfant sur quatre était vulnérable, 500 interventions locales ont été mises en œuvre. C’est impressionnant. Il y a eu un important travail de développement local et communautaire sur le terrain. Les gens ont dit : « nous travaillons plus fort », « nous collaborons mieux », « notre bénévolat est plus efficace », et c’est emballant. Malgré cela, durant exactement la même période, les taux de vulnérabilité ont augmenté en Colombie-Britannique. Je ne peux pas imaginer jusqu’où ils se seraient rendus sans tout le travail de développement local et communautaire effectué par les gens en se concentrant sur la petite enfance de façon sans précédent en Colombie-Britannique. Toutefois, cela montre aussi que l’échelle locale ne suffira pas pour le développement communautaire au Canada, car le fédéralisme canadien ne fonctionne pas de cette façon. Ce sont les ordres provinciaux et fédéral qui ont les meilleures possibilités de changer notre manière de vivre, et d’organiser et de mettre en œuvre des politiques. Le développement communautaire doit susciter de l’intérêt et être fondé sur les valeurs et les engagements des personnes locales, mais doit de plus en plus être orienté vers nos ordres provinciaux et fédéral. Le développement communautaire local nécessite que les citoyens usent de prudence face à l’information provenant des ordres supérieurs du gouvernement. Nous avons pris tant de temps à mettre en œuvre de bonnes politiques familiales et de développement de la petite enfance qu’un modeste changement progressif ne suffira pas. La réduction du taux de vulnérabilité de 29 % à 10 %, là où il devrait être, coûtera cher, trois milliards de dollars à la Colombie-Britannique à elle seule. À l’échelle du pays, le coût se rapproche de 22 milliards de dollars. Par année. Et tant que les gens n’entendent pas ces chiffres, on ne doit pas dévier de l’objectif de développement communautaire local en commençant à dépenser un million de dollars dans ceci, ou 100 millions de dollars dans cela. Ce ne sera pas suffisant et nous devons être plus avisés et plus intelligents dans notre façon d’absorber ces annonces politiques.