Katz – la représentation au moyen du langage graphique

Reggio Emilia nous offre une autre leçon d’une grande importance, soit le fait que les enfants font du dessin à un très jeune âge. Si nous demandons à un enfant de deux ans et demi, si nous donnons un crayon et du papier à un enfant de deux ans et demi et que nous disons : « Dessine quelque chose », ils vont essayer de le faire. Mais si nous attendons jusqu’à ce que l’enfant ait cinq ans, la plupart d’entre eux diront : « Je ne sais pas comment dessiner ». Si nous demandons à n’importe quel adulte, si je vous demande, ou si je demande aux gens autour de vous de dessiner un bâtiment ou une voiture, ils diront : « Je ne sais pas comment dessiner ». Mais à un très jeune âge, les enfants ne savent pas qu’ils ne peuvent pas dessiner. Certains dessinent mieux que d’autres, ce sera toujours vrai. Mais ce qu’ils font, et j’ai trouvé cela très utile comme leçon, c’est qu’ils ne parlent pas de créer de l’art, ils parlent de faire des représentations. Nous représentons ce que nous voyons, ce qui nous reste à l’esprit, ce que nous planifions. Et nous représentons ces choses en utilisant des langages graphiques. Ce langage peut être exprimé avec un crayon, avec de la peinture, avec de l’argile, avec n’importe quoi.

Donc, cet acte de représentation signifie aussi l’acte d’observation. Et j’ai travaillé avec des enseignantes qui ont mis cela à l’épreuve et les paroles des enfants sont tellement intéressantes. Ils disent : « Oui, je dessine cet objet, mais, qu’est-ce que c’est? Comment ça s’appelle? Pourquoi est-il ici? Qui l’a fait? D’où vient-il? » Il s’agit du contenu que nous voulons voir, le contenu intellectuel des interactions entre les enfants, et des interactions entre les enfants et les adultes dans la salle de classe.

Je veux en venir au fait que les enfants s’engagent à fond dans les tâches d’examiner, d’étudier, de poser des questions sur les choses qui se passent autour d’eux, des choses qui sont réelles. Et ils utilisent les langages graphiques, le dessin, la peinture et divers autres types de langages pour inscrire leurs observations. Ils ont certainement eu des discussions au sujet de leurs observations, ou de leurs activités. Par exemple, j’ai quelques photos d’une grande peinture murale faite par les enfants qui représentait des petits dessins de plumes d’oiseaux. Ils s’étaient rendus à un musée local et les enfants avaient appris au sujet de la complexité des plumes d’oiseaux. Je n’y avais jamais pensé, mais les plumes ont toutes sortes de formes et de tailles. Mais, je crois, l’un de mes objectifs principaux, en quelque sorte, est d’amener les enfants à s’adonner à l’observation approfondie des choses dans leur environnement. Quand ils grandissent, ils devraient s’adonner à l’observation de l’environnement des autres. Dans le contexte historique, loin dans le passé, dans le contexte géographique, à grande distance, mais pour la petite enfance, il existe tant de choses à observer dans leur propre environnement.