Gunnar – le stress toxique

Alors, à quel moment le stress atteint-il un niveau toxique? Cela dépend de l’individu. Certains d’entre nous sont un peu plus robustes, nous avons de meilleurs mécanismes de réparation. Nous sommes encore en période d’apprentissage en ce qui concerne la biologie des mécanismes de réparation. Nous avons des facteurs de croissance du cerveau (neurotrophines) qui peuvent régénérer les neurones, et ainsi de suite. D’autres sont plus vulnérables. De nombreuses personnes, pour diverses raisons, certaines personnes parmi nous sont mieux équipées pour supporter le stress.

Donc, cela varie beaucoup d’une personne à l’autre.  Les gènes jouent un rôle important. Nous sommes tous différents. Les expériences vécues au cours de notre développement, celles qui activent nos gènes et exercent un effet sur leur fonctionnement, vont influencer notre résilience au stress.

Mais nous savons que certaines choses sont très, très difficiles à gérer pour la plupart des individus, et certainement pour la plupart des enfants. Et j’insiste, nous pouvons toujours, nous pouvons tous nous retrouver sur la liste. Ce sont des facteurs que nous appelons les facteurs de stress toxiques, c’est-à-dire que ces facteurs sont susceptibles de produire un stress toxique : la maltraitance, la violence physique, l’abus sexuel, la négligence grave, la perte répétée de personnes soignantes, le rebondissement d’un foyer d’accueil à l’autre, la vie dans un contexte de violence extrême. Ce sont toutes des choses dont nous sommes conscients. Et en fait, une bonne façon de comprendre le stress chez un jeune enfant est d’observer si l’enfant ne grandit pas sur le plan comportemental, si l’enfant prend du retard sur ses jalons de développement, si la croissance physique de l’enfant est lente, ces retards sont de très bonnes indications, sans avoir à prendre un échantillon de salive, que l’enfant observé éprouve un stress chronique.

La biologie du stress est centrée sur ces choses, elle influence ces choses. Nous mettons la croissance en veilleuse. L’enfant tente de survivre le moment présent et ainsi, la croissance est suspendue. Tous les aspects de la croissance sont suspendus pour essayer de survivre. Et l’enfant ne se développera tout simplement pas aussi bien dans ce contexte.