Gunnar – la biologie du stress

La recherche que je mène est une recherche sur l’étude des effets de la biologie du stress sur le cerveau humain et le développement du comportement. Le stress, ou la biologie, ou la physiologie du stress, est un médiateur très important de nos expériences et des répercussions sur le développement de notre cerveau et notre développement physique et de santé aussi. Donc, je m’intéresse grandement à cette biologie et je l’étudie pour essayer de comprendre les façons dont les expériences, certaines expériences, en particulier les expériences indésirables, s’insèrent dans notre corps et façonnent notre développement et notre santé.

Il existe donc deux branches du système de stress des mammifères, car nous sommes en fait des mammifères. Nous connaissons bien la première branche parce que nous en recevons des rétroactions directes. Il s’agit du système nerveux sympathique de la médullosurrénale. Il s’agit du système qui provoque la montée d’adrénaline, celui qui s’active lorsque vous vivez une situation qui fait peur où votre cœur se met soudainement à battre fort, vous ressentez une charge d’énergie et vous sentez que vous pourriez courir comme un fou pendant une très longue période. On le nomme le système de réponse combat-fuite.

Nous obtenons des mesures de ce système en mesurant la fréquence cardiaque. Nous pouvons observer les deux versants du système nerveux : le versant parasympathique calme où nous mesurons ce qu’on appelle le tonus vagal. Il s’agit de la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque, dans les contractions, l’intervalle entre les contractions du cœur, qui est lié à la respiration. Et c’est ce que fait le système vagal. Et il y a le versant sympathique de ce système où nous observons une mesure nommée la phase de prééjection : la période entre le moment où le nœud sinoauriculaire envoie le signal de battre, et le moment où le cœur fait un battement.      

Et donc lorsque nous sécrétons l’adrénaline en plus grande quantité, la période est plus courte. Donc, le cœur envoie le signal de battre et celui-ci bat. Donc, nous pouvons mesurer l’activité autonome afin d’évaluer la réponse combat-fuite. Un autre soutien tout à fait essentiel est l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien cortical. Remarquez que les surrénales sont actives dans les deux versants, soit la partie extérieure des deux glandes surrénales. Elles sécrètent des hormones, dont le cortisol chez les humains. Il s’agit d’une hormone stéroïde qui organise les réponses à long terme au stress.

Donc, cette hormone vous permet en quelque sorte de passer du mode de fuite à avoir la capacité de gérer le stress pendant une plus longue période. Elle façonne également la réponse du cerveau lors de la prochaine expérience défavorable. Nous nous intéressons donc à en savoir davantage. Mon laboratoire s’intéresse particulièrement à cet aspect du système de réponse au stress. En ce qui concerne la question de savoir de quelle façon le stress s’insère dans notre corps et façonne notre développement, je m’intéresse à la régulation de cette hormone qui façonne nos réponses à long terme aux facteurs de stress et aux difficultés de la vie.

Et nous mesurons tout cela dans la salive. Nous produisons tous cette hormone, cette hormone stéroïde, elle pénètre notre circulation sanguine, et une certaine quantité d’hormones s’infiltre dans notre salive. Je peux donc recueillir un échantillon de salive et avoir une idée de la quantité d’hormone produite dans le corps de l’enfant.