Gunnar – la capacité d’attention

Beaucoup d’enfants sont aux prises avec des problèmes d’attention et de régulation de l’attention. Nous savons que certains de ces enfants ont vécu l’enfance la plus parfaite, douce et choyée. Ils portent sans doute une charge génétique très élevée de troubles de régulation de l’attention. Mais, nous savons aussi que beaucoup d’enfants atteints de ces problèmes viennent d’un milieu de chaos, d’adversité et d’autres difficultés. Si nous observons les enfants au bas de l’échelle socioéconomique – grandissant dans la pauvreté –, à l’école, nous voyons beaucoup plus de signes du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité. Dans mes recherches, j’ai étudié le cas d’enfants adoptés d’un orphelinat Une partie de mon intérêt à l’égard de ces enfants est qu’ils ont sans doute grandi dans des contextes sans régulateurs relationnels de la biologie du stress. Lorsque nous examinons la biologie du stress dans le contexte de l’orphelinat, nous observons des signes très clairs de l’activation chronique des systèmes. Une fois adoptés, les enfants vont dans des foyers où les familles ont franchi d’innombrables étapes pour les avoir. Celles-ci sont généralement bien éduquées, gagnent un revenu raisonnable, savent comment trouver des ressources pour leurs enfants et font presque tout ce à quoi elles peuvent penser. Ce ne sont pas des parents parfaits, mais je n’en ai jamais rencontré. Je ne suis pas parfaite et vous ne l’êtes probablement pas non plus. La perfection est difficile à atteindre, mais, en général, ce sont de bons parents. Je peux voir les répercussions de l’adversité en jeune âge sur le développement de ces enfants. L’un des plus gros signaux est le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, la difficulté à réguler l’attention. Même les enfants qui n’en sont pas au point d’en être diagnostiqués ont de la difficulté avec tous les types de tâches sollicitant leur cortex préfrontal pour réguler leurs noyaux gris centraux afin d’effectuer les tâches de manière compétente. Nous travaillons fort pour essayer de cibler précisément les régions du cortex préfrontal concernées et les tâches ayant été les plus influencées. Ils ont des problèmes avec la mémoire de travail. Je suis plutôt certaine que ce sera l’un des problèmes chroniques. Ils n’ont pas trop de difficulté à planifier, mais ont indéniablement des problèmes avec ce que nous appelons le contrôle inhibiteur cognitif. De véritables difficultés avec des jeux comme feu rouge, feu vert, par exemple, ou encore Jean dit. Ils ont des problèmes avec les types de tâches demandant une inhibition de la réponse prépotente. Si des enfants grandissent continuellement dans des environnements très défavorables et ont des problèmes de régulation de l’attention, ils ont souvent aussi des problèmes d’agressivité. Il s’agit d’externalisation. Ce sont les enfants qui vous rendent fous en classe. Ils sont susceptibles de s’en prendre à un autre enfant et ont de réels problèmes d’agressivité. Les enfants que nous voyons venant des orphelinats ont des problèmes de régulation de l’attention, mais, souvent, ils n’ont pas de problèmes d’agressivité. Nous savons par la recherche que lorsque la coparentalité est améliorée, il y a une réelle réduction des problèmes d’externalisation chez les enfants. Nous pensons que ce que nous observons est l’incidence de soins nuisibles pendant la petite enfance sur le développement cérébral dans un contexte de soutien, et de volonté chez les enfants de bien agir. Toutefois, ils n’arrivent toujours pas à le faire avec leur attention.