Durrant – la correspondance entre l’enfant et la personne soignante, partie 2
Dans la plupart des cas, les enfants souhaitent nous faire plaisir. Ils n’ont pas en tête l’idée de nous rendre fous, de nous tester. Ils ne sont pas têtus ou autoritaires. Ils agissent tout simplement comme des enfants, et ils affichent leur propre personnalité et les caractéristiques de leur tempérament.
Les parents peuvent les guider, ils peuvent contribuer à façonner leurs comportements. Mais les parents doivent reconnaître que leur propre personnalité contribue parfois au conflit. Il s’agit parfois de l’impulsivité du parent, ou son manque de persévérance, ou son niveau d’activité élevé, ou sa réactivité qui suscite la réaction de l’enfant qui se transforme alors en un conflit. Donc, je crois que si les parents prennent en considération qu’il s’agit d’une situation où deux tempéraments et deux personnalités se rejoignent et que ni l’un ni l’autre n’exerce beaucoup de contrôle sur leur tempérament. S’ils se heurtent à des situations où les deux tempéraments sont en décalage, ils peuvent prendre un peu de recul, regarder la situation dans son ensemble, et tenter de l’aborder sous un angle différent.
Ainsi, si nous prenons l’exemple d’un enfant qui saute sur le lit tout le temps : il est possible que le parent interdise à l’enfant de sauter sur le lit parce que cela pourrait endommager le lit. Donc, l’enfant doit arrêter de sauter sur le lit. Mais ce que l’enfant démontre, c’est qu’il a un besoin de sauter; il s’agit d’un de ses besoins physiques. Et donc, ce qu’un parent peut faire, plutôt que de donner la fessée à l’enfant pour avoir sauté sur le lit, et plutôt que de lui dire qu’il est un mauvais enfant, ou de le menacer, ou de dire : « Combien de fois est-ce que je t’ai répété de ne pas faire ça? », il doit reconnaître que cet enfant a besoin de beaucoup d’activité physique. Que pouvons-nous utiliser à la place pour permettre à l’enfant de sauter? Peut-être que le parent pourrait lui offrir un petit trampoline, qu’il pourrait installer un coin avec des coussins, ou peut-être qu’il y a un vieux sofa quelque part dans la maison sur lequel l’enfant peut sauter. Et l’enfant peut ainsi dépenser cette énergie sans endommager une chose qui est importante pour le parent. Ainsi, de cette façon, le parent reconnaît les besoins physiques et les besoins en matière de développement de l’enfant, mais il répond également à ses propres besoins.
