Connexions – L’histoire d’une mère
[musique]
Avec nos remerciements au Attachement Network of Manitoba de partager cette vidéo.
[Texte à l’écran]
On dit souvent que les enfants sont notre avenir, notre ressource la plus précieuse. Pourtant, 20 à 25 % des enfants au Canada sont considérés comme vulnérables. (National Longitudinal Survey of Children and Youth) Cela représente près d’un million d’enfants qui pourraient ne pas se développer pleinement. Le coût social de ces conséquences pourrait être énorme… mais il existe des moyens de faire la différence…
[musique]
Chelsea : Pouvez-vous me dire…acceptez-vous les enfants dans l’immeuble? Je peux vous rappeler plus tard. [musique] Bonjour, j’appelle pour l’appartement à louer. [Bébé rit et babille] Tu veux regarder le chiot? Bonjour, je vous appelle au sujet de votre appartement à louer. [Bébé rit et babille] Je me demandais si vous acceptiez les animaux de compagnie et les enfants…acceptez-vous les animaux de compagnie ou non? [Bébé rit et babille] Bon d’accord, merci. Acceptez-vous les chats ou…oh non, non, il y en a deux.
[musique]
[Narrateur :] Nous sommes tous créés pour interagir. Nous nouons des relations. Nous forgeons des amitiés. Beaucoup d’entre nous font partie de grandes familles élargies. Où que nous nous trouvions, nous cherchons à construire une communauté. Les sociologues suggèrent que notre désir d’appartenance, notre désir d’établir des liens est plus qu’un besoin psychologique; que la vie en communauté a un effet direct et positif sur les enfants. Il s’agit d’un comportement qui trouve ses racines dans la biologie du développement de la petite enfance.
Rob Santos, Ph. D. : On supposait autrefois que les bébés venaient au monde comme des pages blanches. On pensait qu’ils ne savaient pas grand-chose. Ils ne faisaient pas grand-chose. Ils restaient simplement assis là. Ils pleuraient de temps en temps et nous les nourrissions. Mais la vérité, avec les nouvelles recherches, c’est que les bébés naissent avec un bagage énorme de connaissances sur la façon dont le monde fonctionne, comment il est organisé et comment vivre dans ce monde. Ce dont ils s’attendent des adultes soignants, c’est qu’ils les aider à façonner cet apprentissage dans tous les domaines du développement. Donc, leur développement physique, leur développement social et émotionnel, ainsi que le développement de leur capacité d’apprentissage. Pour que ce modelage se produise, cela dépend vraiment des différentes interactions que l’enfant aura avec les adultes qui prennent soin de lui.
Chelsea : Je m’appelle Chelsea Hudd. J’ai 22 ans et je suis une mère monoparentale d’un enfant de 14 mois. J’ai vécu à Vancouver pendant
12 ans, puis j’ai déménagé à Toronto pour essayer de vivre avec avec mes parents et retourner à l’école, mais cela n’a pas fonctionné. Je suis donc revenue ici. Je vivais avec une amie. Ils ont un appartement à une chambre à coucher, incluant un immense garde-robe dans lequel nous vivions sans fenêtre, au sous-sol. Il y avait moi, mon amie, son partenaire et leurs deux enfants de 3 et 4 ans. Il y avait donc 6 personnes dans un appartement à une seule chambre à coucher Cela ne peut pas fonctionner pour personne. Avez-vous le livre Paradise Lost? Mais je n’avais pas vraiment d’autre endroit où aller à part un refuge, et je ne voulais pas le mettre dans ce milieu, alors…
[bébé babille] C’est probablement la fois où j’ai eu le plus de difficulté à me trouver un appartement; soit parce que j’ai soudainement acquis le mauvais crédit de l’homme qui sera bientôt mon ex-mari, soit parce qu’on me jugeait. Les gens ne croyaient pas que je pouvais payer le loyer, Soit parce que j’étais monoparentale ou parce qu’ils ne voulaient pas de quelqu’un vivant sur l’assistance sociale dans l’immeuble ou le fait qu’ils ne voulaient pas d’enfants dans l’immeuble. Ce qu’ils ne devraient techniquement pas avoir le droit de faire, mais cela se fait quand même. Ou bien que mon chat posait problème, ou n’importe quoi, c’était juste une chose après l’autre. Et c’était épuisant pour lui de faire les visites. Aucun petit enfant n’aime sortir pour aller visiter des appartements, c’est très ennuyeux.
[musique]
Rob Santos, Ph. D. : Les recherches d’aujourd’hui montrent clairement que chaque sphère de vie de l’enfant entraîne des répercussions directes ou indirectes sur son développement. Ainsi, tout, de l’emploi à la pauvreté en passant par le niveau d’équité dans une communauté, l’aspect socio-économique ou culturelle, et même le logement. La qualité du logement dans la communauté elle-même a un impact sur le développement de l’enfant.
[interactions sociales]
Rob Santos, Ph. D. : En plus, je pense que nous prenons certaines choses pour acquis. Un enfant a besoin de suffisamment de nourriture, d’eau, de chaleur et de sécurité physique. La façon dont le cerveau se développe dans les premières années de vie dépend fortement de la présence de relations bienveillantes et sur la présence d’adultes attentifs dans la vie de l’enfant. Au point ou l’on pense que le modelage des connexions dans le cerveau de l’enfant dépend vraiment de ces interactions.
[sons de jeu]
Rob Santos, Ph. D. : Si nous regardons la vie d’une personne de sa conception jusqu’à l’âge adulte, le point d’activité majeur en matière de développement du cerveau a lieu pendant la petite enfance
[enfants qui jouent]
Rob Santos, Ph. D. : Un bébé naît avec autant de neurones dans son cerveau que le cerveau d’un adulte. Cela représente environ 100 milliards.
Les étoiles de la voie lactée est une façon de comprendre la complexité du cerveau, mais la plupart de ces neurones ne sont pas bien connectés et dépendent donc des expériences de l’enfant au cours de la petite enfance et de la période de grossesse.
[rire d’enfants]
[musique]
Rob Santos, Ph. D. : Vers l’âge de 2 ou 3 ans, environ, si nous observons cela dans la perspective du développement, Il s’agit du moment où il y a le plus de connexions dans le cerveau, car le cerveau de l’enfant est très actif. En fait, si l’on définit l’intelligence comme la capacité d’apprendre de nouvelles choses, les bébés surpassent de loin les adultes en ce qui a trait à la capacité d’apprentissage. Ils sont littéralement des génies dans leur façon d’aborder le monde.
[enfants qui jouent]
Rob Santos, Ph. D. : Une grande étude a été faite par Emmy Werner à Hawaii dans les années 1950.On y a suivi un groupe d’enfants qui vivait dans des circonstances qui présentaient de nombreux désavantages de la vie. Et bien, les enfants qui avaient accès à la famille élargie, malgré tous les défis des parents, s’en sortaient mieux au fil du temps. Ils présentaient de meilleures possibilités en matière de développement. Les programmes de ressources familiales sont l’exemple d’un effort de société pour répondre à ce dont vous avez parlé plus tôt, c’est-à-dire celui de fournir ce type de lien plus large avec d’autres personnes, offrir ce sentiment d’appartenance qui, je crois, est inné. Vous avez demandé si c’était quelque chose de sociétal. C’est le cas, mais il s’agit aussi de quelque chose qui est clairement dans notre patrimoine biologique ou notre patrimoine génétique, si vous voulez l’appeler ainsi. Partout, vous voyez toutes ces différentes sociétés développant différentes manières de donner un sentiment de communauté, un sentiment d’appartenance au niveau de la famille mais aussi au niveau de la communauté. C’est pourquoi les programmes de ressources familiales sont des exemples modernes qui représentent cette idée.
[enfants qui chantent]
Personnelle : Nous essayons et nous nous assurons d’offrir un accueil très personnalisé à chaque personne, comme si nous les accueillons dans nos propres maisons. Et ensuite, de la même façon, nous essayons de dire un beau au revoir. Donc, ce qui est arrivé, c’est que pendant l’heure du cercle, je gardais un œil sur les gens qui arrivaient ou partaient. Et j’ai remarqué qu’une mère a pris son enfant et se préparait à partir. Elle avait des larmes qui coulaient. Elle venait juste de remettre son téléphone dans sa poche. Je lui ai demandé ce qui se passait. Elle m’a répondu : Ça va, je m’en vais, c’est tout. Je lui ai demandé si elle voulait en parler et puis elle a dit qu’elle venait de recevoir un appel pour le 7e appartement qu’elle essayait de louer et qu’on l’avait refusé. Nous avons donc eu une petite conversation. Je lui ai demandé si elle voulait en parler et cela l’a soulagée.
[enfants qui jouent]
Chelsea : Cet endroit m’a secourue. Lorsque je vivais à Toronto, je suis allée dans un centre d’accueil là aussi, et je ne sais pas comment les parents font sans ces endroits. Chaque fois que je vois quelqu’un qui marche dans la rue ou à qui je parle dans un café et qui a un enfant, je leur parle de cet endroit, car honnêtement, je ne sais pas comment je pourrais faire tous les jours avec un enfant aussi énergique sans un endroit comme celui-là, où l’on peut aller, où il peut courir et ou je peux avoir un moment à moi.
[enfants qui jouent]
Emily : Comment ça va, Chelsea?
Chelsea : J’ai quelques problèmes mineurs à me trouver un appartement. J’ai vécu un peu la même chose, mais je viens d’en trouver un que j’ai vu en conduisant sur Broadway…
Chelsea : Je n’ai aucune idée de ce que j’aurais fait si je n’avais pas rencontré Emily.
Emily : J’ai trouvé ce service d’aide à la recherche de logement que j’ai payé en ligne. Et je serais heureuse de partager le lien avec toi parce que…
Chelsea : Quinze appartements avant de trouver celui-ci, j’étais désespérée. J’étais simplement au bout du rouleau. C’était le premier endroit qui ne faisait pas de vérification de crédit, et qui ne vérifiait pas les antécédents. J’aurais accepté n’importe quoi. Je suis vraiment contente que le gouvernement les subventionne. Je suis vraiment contente qu’ils se battent fort pour rester là où ils sont et qu’ils se battent pour développer leur programme et le faire connaître à d’autres, car je pense que qu’il est vraiment nécessaire pour les parents dans leur rôle de parent… il faut une communauté entière pour élever un enfant et c’est tout à fait vrai. Et sans cela, il n’y a pas de communauté. La culture occidentale veut que l’on fasse tout à la maison, tout seul et c’est impossible. C’est impossible pour une personne qu’elle soit monoparentale ou mariée, de tout faire, sans soutien et sans aide.
