Collins – converser avec les enfants

Ma priorité pour le personnel en petite enfance s’applique à tous, et il s’agit de constamment améliorer les conversations avec les enfants. Tout tourne autour des conversations et des relations, c’est le cœur et l’âme de la question. Comment puis-je construire mes conversations avec les enfants de façon à les encourager à progresser, à les aider à approfondir la réflexion, parce que c’est à ce moment qu’ils apprennent, à aller un peu plus loin, à me faire confiance et à risquer de faire un pas de plus pour passer du connu à l’inconnu. Il s’agit de constamment améliorer ma capacité ou notre capacité à avoir de meilleures conversations d’apprentissage avec nos enfants. Je crois que le lien entre les conversations plus efficaces et la pensée commune soutenue est très fort et profond. En Angleterre, nous parlons de plus en plus de la notion de discours dialogique avec les enfants de tous âges. Comment pouvons-nous créer des conversations qui permettent de soutenir et d’encourager au moyen d’une conversation faisant progresser la réflexion, créant de nouvelles façons de penser et construisant de nouvelles idées sur le coup? Ce n’est donc pas une conversation qui confirme, une conversation qui demande une description ou une conversation qui donne une directive pour une prochaine tâche. C’est la conversation en soi qui est l’apprentissage. Je crois que nous pouvons s exploiter cela davantage. Le personnel enseignant doit prendre du recul pour cesser de croire que la tâche consiste à faire en sorte que tout le monde se concentre sur la tâche. La tâche est la gestion de l’espace. Ça en est une grande part, mais en fait c’est lorsque l’occasion se présente au bon moment, de vraiment examiner quelque chose à fond avec un enfant, et d’avoir de véritables conversations authentiques ensemble à ce sujet. Ce n’est pas facile à faire en passant. C’est un défi très difficile. Parler davantage n’est pas la même chose qu’utiliser son langage pour demander aux enfants d’élaborer, d’illustrer leurs propos, de faire avancer leur réflexion ou de créer des liens. Ces conversations sont très difficiles à susciter, autant pour les adultes que pour les enfants. Je crois que nous sous-estimons constamment la capacité de compréhension des enfants. Cela les entraîne à se renfermer et à nous donner les réponses qu’ils pensent que nous voulons. Ils croient que nous voulons trop souvent de courts énoncés sans profondeur et c’est alors ce qu’ils nous donnent. Parce que s’ils osent prendre un risque et aller plus loin dans la conversation, ils risquent de se faire interrompre, de se faire rappeler qu’ils ne parlent pas du bon sujet, qu’il est question de ce sujet très précis. Nous nous privons de conversations authentiques qui enrichissent notre vie à tous. Mais, en tant que membres du personnel enseignant nous ratons l’occasion d’aider à corriger les idées fausses, de faire progresser l’enfant, d’approfondir et d’établir un nouveau lien par la conversation. L’utilisation de la conversation est aussi une méthode d’enseignement très efficace. J’aimerais pouvoir mieux le faire et constamment y travailler, ce que je crois que nous devrions tous faire.