Butler-Jones – un exemple de programme

Dans le contexte de l’aide sociale, si vous atteignez un certain revenu, vous perdez vos avantages sociaux. L’une des meilleures choses que nous avons faites en Saskatchewan, pas moi personnellement, mais ce que le gouvernement de la Saskatchewan a fait dans les années 1990 pour le bienfait de la santé, était de fournir des prestations d’assurances dentaires et d’assurances-médicaments aux familles à faible revenu. Ainsi, elles pouvaient se libérer de l’aide sociale et éviter de perdre ces avantages sociaux pour leurs enfants. Ce changement a donné comme résultat que de nombreuses personnes ont commencé à travailler, et si nous étudions ce phénomène, nous constatons que ces personnes sont plus heureuses, elles ont une meilleure santé, elles s’engagent dans la société. Il n’est pas surprenant qu’elles prennent part à la société maintenant.

La plupart des gens préféreraient travailler, mais dans le contexte où il faut prendre une décision rationnelle, est-ce que cela fait du sens en réalité, autant qu’une personne souhaite travailler, si elle se trouve un emploi, mais qu’elle ne fait pas beaucoup plus d’argent, elle perd ses avantages sociaux et elle augmente le risque pour ses enfants. Donc, si nous débarrassons cette décision rationnelle, nous constatons une augmentation du nombre de personnes qui se joignent à la main-d’œuvre. Nous observons ensuite tous les bienfaits pour la santé mentale, la santé physique et les autres bienfaits qui s’ensuivent.

Il est frappant de voir à quel point un tel changement est si simple à un certain niveau, et pourtant à quel point ce changement est complexe parce qu’à l’heure actuelle, aucune autre province ou aucun autre territoire au Canada n’a mis ce changement en œuvre de la même manière, en dépit des preuves à l’appui.

Un autre exemple, provenant aussi de la Saskatchewan, est lié aux relations, soit si vous bénéficiez de l’aide sociale et que vous avez un téléphone, mais qu’une personne fait des appels interurbains et les frais sont si élevés que vous ne pouvez pas payer la facture, il s’agit d’une situation où vous perdriez votre téléphone. Il est possible de mettre une limite aux appels interurbains, mais à l’époque, il fallait payer un acompte de 200 $ pour le faire. Alors, nous avons négocié, pour les bénéficiaires de l’aide sociale, de débarrasser le versement de 200 $ qu’ils n’avaient pas en main, et ainsi ils pouvaient garder le service d’appels locaux gratuits, et ils pouvaient recevoir des appels, mais ils ne couraient pas le risque que quelqu’un fasse un appel à Hong Kong accumulant des frais immenses sur une facture qu’ils ne pouvaient pas payer. 

Donc, ce qui s’est passé après cela, c’est que des milliers de ménages ont pu se procurer des téléphones, des milliers de téléphones pour ceux qui n’en avaient pas auparavant. Imaginez donc l’occasion que cela a créée, pour les individus et leur facilité de pouvoir communiquer avec d’autres, mais aussi pour les soignantes, les travailleuses sociales, les enseignantes et les autres personnes, leur permettant de communiquer avec ces familles. Un changement simple, peu coûteux, mais encore une fois, un changement qui tarde à être adopté de façon universelle.