Butler-Jones – la prise de décision collective
En tant que société, nous n’avons pas toujours offert des occasions égales à chaque personne. Et c’est là que se produisent certaines choses, bien que certains auraient pu avoir de bonnes intentions, des choses comme les pensionnats où l’on a enlevé les enfants à leur famille, on les a placés dans une école, cela leur a donné l’occasion de recevoir une certaine éducation, mais là, encore une fois, il y avait certaines pratiques abusives, mais aussi, on leur niait leur culture, on leur niait leur expérience. Beaucoup de ces enfants, parce qu’ils n’ont pas été élevés par leurs parents, ont une plus grande difficulté à savoir comment élever leurs propres enfants. Comment briser ce cycle? Il nous faut offrir du soutien, des conseils, etc., pour aller de l’avant. Et au fil de la croissance des enfants, il faut aussi donner leur donner des occasions de voir que les décisions qu’ils prennent exercent une influence, qu’ils ont un pouvoir de décision.
Nous avons constaté que parmi les réserves qui ont un plus grand pouvoir de décision, par rapport à celles qui en ont très peu, les taux de suicide chez les adolescents sont pratiquement nuls, soit beaucoup moins élevés que dans la population générale. Encore une fois, il s’agit de notre capacité de voir que ce que nous faisons fait une différence. Les choix que nous faisons font une différence. Ensuite, nous investissons dans ce pouvoir en tant que communautés et en tant qu’individus, et puis les meneurs locaux soutiennent notre pouvoir de décision. Je veux dire que tout cela est vraiment essentiel, et nous le tenons en quelque sorte pour acquis et nous nous inquiétons des erreurs que nous pouvons commettre, etc. Mais la réalité est, quand nous prenons en considération le développement du Canada, nous voyons le développement des municipalités, nous voyons toutes ces choses, nous voyons que ce n’est pas un parcours égal pour les différentes collectivités, peu importe leurs origines. Mais nous devons avoir le pouvoir de prendre des décisions et nous avons besoin de soutien pour y arriver, de preuves à l’appui et d’une conversation qui nous permet d’apprendre les uns des autres à l’avenir.
Il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles nous publions le rapport annuel sur l’état de la santé publique. Nous voulons susciter des conversations, nous espérons entendre différentes façons de voir les choses et cela est bénéfique. Dans le cadre de notre formation, ou en tant que municipalités, ou en tant que conseils de bande, nous voulons savoir le genre de chose qui sera vraiment utile à notre collectivité. Et c’est incroyable, c’est une vieille citation de Samuel Johnson d’il y a des centaines d’années, mais c’est incroyable ce que nous pouvons accomplir quand personne n’a besoin d’être mentionné. En d’autres termes, lorsque l’accent est placé sur la collectivité, ou le programme, ou l’activité, et qu’il ne s’agit pas seulement d’un choix individuel, et que nous travaillons dans le contexte de cette société et que nous avons du respect pour ce processus et nous le respectons. Il ne s’agit pas d’experts qui se présentent et disent aux gens quoi faire. Il s’agit plutôt de cheminer ensemble en tant que collectivité pour partir de l’endroit où nous sommes pour nous rendre à destination.
Et les collectivités renferment beaucoup de sagesse, et même les collectivités dysfonctionnelles ont une certaine sagesse dans la prise de décisions. Alors comment pouvons-nous les aider à arriver à leur destination choisie sans présumer savoir où elle se situe? Il s’agit d’un grand défi pour la santé publique et pour les services publics en général. Mais nous avons beaucoup appris sur l’importance du pouvoir de décision, et la première étape consiste à être à l’écoute de la collectivité.
Lorsque nous découvrons, en tant que collectivité ou société, ce qui semble fonctionner, nous réussissons très bien. Mais dans notre réussite, nous oublions en quelque sorte le parcours qui nous a menés à cet endroit, et nous tenons les choses pour acquises et nous passons outre de certaines de ces structures ou institutions. Donc, cela devrait vraiment nous mettre en garde à être ouverts à prendre du recul, à ne pas faire de suppositions, à apprendre du passé et à mettre cela en pratique à mesure que nous avançons. Mais cela nécessite d’engager la conversation, il ne s’agit pas de la vision d’une seule personne. Et ce qui est incroyable lorsque nous rassemblons les gens, c’est que dans l’ensemble, la sagesse collective est généralement plutôt bonne si les gens sont motivés à faire mieux ensemble, plutôt que de songer à ce que cela leur rapporte en tant qu’individus.
