Brownell et Butler-Jones – les déterminants sociaux

Lorsque vous tombez malade, il est normal de vouloir avoir accès au système de soins de santé, n’est-ce pas? Vous désirez avoir la possibilité de voir un médecin, ou vous désirez avoir accès à un hôpital si vous avez une condition qui peut être traitée dans un hôpital. Mais, nous reconnaissons aussi que notre santé n’est pas entièrement attribuable aux soins de santé qui sont à notre disposition. Nous parlons ici de choses comme le statut socioéconomique. Et à même le statut socioéconomique, nous parlons du niveau d’éducation, du fait que leurs parents — si nous parlons des enfants — que leurs parents ont un emploi, du niveau de leur revenu. Ces facteurs sociaux dans la vie d’un enfant auront des répercussions sur sa santé : aujourd’hui et à l’avenir.

Les facteurs qui influencent nos choix passent par l’éducation, le revenu, l’emploi, l’environnement. Nous savons qu’il existe en fait de toute une gamme de facteurs qui influencent les choix. Donc, dans les anciens concepts de promotion de la santé, nous travaillons à faire des choix sains des choix plus faciles, et nous savons que les choix sont souvent limités par notre niveau de participation, de marginalisation, le fait de ne pas être équipé pour le rôle parental, etc. Il existe donc une vaste gamme de facteurs qui peuvent influencer la façon dont un enfant se développe, aux ressources auxquelles il aura accès au fur et à mesure qu’il navigue dans le système scolaire ou au fil de sa croissance, et en fin de compte, son succès en tant qu’adulte est bien souvent attribuable à ces premières années.

Finalement, en regardant l’ensemble des facteurs, l’image est assez frappante. Une fois que nous répondons, si nous regardons à l’échelle internationale, une fois que nous répondons aux besoins fondamentaux : nous avons un toit au-dessus de notre tête, nous avons de la nourriture à manger, nous ne buvons pas de l’eau contaminée, nous avons des vêtements à porter, nous avons un emploi ou nous participons à la collectivité d’une manière ou d’une autre, nous avons un sentiment d’appartenance à notre communauté; une fois que nous avons répondu à ces besoins fondamentaux, ils font tous manifestement une énorme différence dans notre vie.

Et donc, une fois que nous avons répondu à ces besoins fondamentaux, il existe en revanche deux autres choses qui semblent faire une grande différence. La première est notre aptitude à prendre des décisions, le sentiment que nos décisions nous permettent d’exercer une réelle influence sur notre propre avenir, que nos décisions demeurent les nôtres, que ce que nous faisons revêtit une réelle importance; ainsi, nous sommes plus susceptibles de prendre de bonnes décisions.

La deuxième est la présence de gens dans notre vie qui se soucient de nous et dont nous nous soucions.

Quand nous regardons les gens qui s’impliquent, les gens qui entretiennent des relations, nous voyons la différence entre ceux qui sont parmi les plus isolés et ceux qui entretiennent de nombreuses relations. Les personnes isolées sont deux fois plus enclines à mourir, à tout âge, homme ou femme, que celles qui entretiennent de bonnes relations. Et nous savons, en ce qui concerne cette capacité de prendre des décisions, que lorsque nous enlevons le pouvoir de décision aux gens, lorsque nous les institutionnalisons, que ce soit dans le système des réserves, que ce soit dans des établissements pour personnes âgées, peu importe le contexte, si nous leur enlevons leur pouvoir de décision, nous leur dérobons leur raison d’être.